24 septembre 2006
L'écho (à Camille)
Extremités des deux regards,
ce qui ne tient que du désir
quand ce qui donne d'une main
reprend le vide par ce qui sied.
Ce que cette ombre ne calcule plus
arrache l'oeil au regard,
la vitre où se brise l'image
de ce reflet qui réfracté
redonne les couleurs du silence
à cet oubli que se pavannne
en habits noctambules,
ou à
ton nom qui se déclame
dans une bulle.
16 septembre 2006
La muse (à Camille)
Librement solitaire quand l’ombre devient ombre,
cet esprit qui errant autour de ces décombres
cherche ces sentiers sombres où sombre le décor
cet acte qui renié ne sait rien du hasard.
On me tranche la main mais mon bras la reprend
ce qui cherche en secret retrouve le jour béant;
dans la rue où s’enfonce un homme souterrain
cette épave qui se meurt et va vers le néant
c’est mon corps massacré par ce que lui refuse
l’audace décidée de vouloir une muse
qui conduise ses pas sur un sol gluant.
Ma tête quitte ce corps qu’on a décapité,
et qui reste debout face au trottoir quitté
à moins que le soleil ne meurt en flamboyant.
15 septembre 2006
Birth and Death (to Camille)
The Sacrifice of night and day
to be oneself against the door
a ghost aghast a man of mist
a somber shape thrown on the floor.
My memory is full of holes
i have been hollering in my dreams
what should redeem the vacuity
of being dead and still alive.
I rise again from my own grave
my shadow stapled to my back
and the disgrace of being made
of ashes gray and black.
I should see you in paradise
we should forget that we were here
made up with flesh in the disguise
of being born from our own selves.
02 septembre 2006
Minuit
J'ai traversé la rue en forme d'entonnoir,
les fenêtres ouvertes, les mains dilapidées,
cette silhouette retient le corps de s'écrouler
et dans chaque vitrine se polit un miroir.
Decouvre sans parler le livre des souvenirs,
cette mémoire déformée à l'intérieur de l'eau
où la mort allongée dans un ancien bateau
laisse place au passeur aveugle comme avant.
Il est tard et j'ai mal et mon corps est cassé,
ce qui reste de moi ressemble à un morceau
de métal oxydé par d'incessantes morsures
du temps et dont la nuit a achevé l'usure.
Il est tard et j'ai mal, et je reste aveugle
sur ce lit dont les draps sont cousus à ma peau,
la cendre est dans ma bouche, mes mains
couvertes de sang griffonnent sur les murs
des tableaux indécents.
Il est tard et j'ai mal, qui es tu dans le noir ?
Cette proie qui m'accable se massacre lentement,
le livre resté ouvert où les images s'effacent
laissent dans mon cerveau des blessures qui s'entassent.
Il est tard et j'ai mal, je ne pense plus à toi,
et pourtant dans le noir je ne vois que tes yeux
qui écrasent mon crâne de leur poid de métal.
Il est tard, il est tard...le soleil n'est plus là,
je ne suis qu'une momie bandelée de sa chair,
et où vas tu si tard ? Ne me laisse pas comme ça...
j'ai trop mal, j'ai si mal... alors que tu t'en vas.
01 septembre 2006
Le corps décapité
Sang abominable quand la nuit est de chair
et moi coupé en deux qui ne sait pas aimer
et l'ombre recousue sur moi comme un linceul
le temps peut s'écouler comme un liquide noirâtre.
Ce coeur fait de poussière ne connait que l'oubli
les corps entremêlés deviennent lumineux
la hache qui coupe en deux les morceaux de moi-même
ce cadavre de pluie qui ne sert plus à rien.
La machine qui défait ce que le temps tissa
ce que les deux extrêmes du silence rapprochent
donnent vertigineux un sentiment de chute
au sommet des remparts où j'aperçois mon corps
le vide qui s'y creuse ouvre toute ses blessures
et le feu qui verdoit ne sera plus éteint.