15 octobre 2006
Hardes
Rien, silence de l'âge et de l'os de l'homme pris dans la gueule du chien.
Le cerveau voit par les yeux à l'envers mais aveugles qui savent tout.
Simultanément muet je cherche un dialogue de l'éponge et du sel,
en parcourant le chemin qui ramène le fleuve à sa source,
d'étranges géants qui arpentent des routes sans fin,
ce silence sans parole qui fait écho de sa sueur,
versée aux larmes du sang qui gicle hors de la plaie,
cette blessure elle est sur ton visage une bouche,
ainsi l'ombre projetée sur le sol ne laisse pas de trace
autre que celle du loup errant et qui revient
chaque nuit nous hanter,
ses yeux brillent comme des pépites,
son poil est noir comme la suie,
et il répète sans cesse
je suis mort, je suis mort de faim,
j'engloutis le ciel d'une seule bouchée,
j'enfante les totems de la ville aux maisons sans toits,
j'éventre les astres qui déversent un horizon de brasiers
où flamboient les yeux éteints des foetus,
et les clameurs des enfants morts-nés montent chaque nuit
jusqu'à vos oreilles et vous empêchent de dormir,
chacune de vos oreilles est donnée à une langue,
chacune de vos paupières est donnée à un cerveau
qu'elle recouvre comme pour en cacher les viscères.