17 octobre 2006
Le silence
L'appareil sanglant de la destruction ne laisse que des moignons de corps en moi, et ils se réunissent pour former un autre corps brisé et recousu qui avance à tâtons dans le noir de l'obscurité du cerveau rétréci d'une tête réduite et enduite de terre glaise.
Statue brisée en deux dont le corps ne tient relié à la tête que par une veine, un fil de fer sanglant qui entre dans le poumon et en aspire tout l'air.
Le tableau ne représente plus rien d'autre que le regard aveugle de celui qui cherche à s'enfuir mais au fur et à mesure qu'il court l'horizon s'élève comme un mur devant lui et l'empêche d'avancer.
Nous sommes les enfants du néant.
Les enfants morts-nés de la mort.
Célèbre le ciel réifié de ta folie.
Ce qui mord dans ta joue est ta propre gueule.
La dent du loup tombée,
le sexe inversé s'enfonce comme une lame et te tue.
Tu n'es rien, rien, rien,
et seul ton silence te soutient.