<?xml version="1.0" encoding="utf-8"?><rss version="2.0" xmlns:dc="http://purl.org/dc/elements/1.1/" xmlns:wfw="http://wellformedweb.org/CommentAPI/"><channel><title>IvandeMonbrison</title><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/</link><description>Ivan de Monbrison po&#xe8;te et artiste</description><language>fr</language><lastBuildDate>Sat, 14 Nov 2009 15:03:25 GMT</lastBuildDate><generator>CanalBlog - http://www.canalblog.com</generator><item><title>Al Mutanabbi 3</title><dc:creator>ivandemonbrison</dc:creator><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2009/03/09/12889817.html</link><guid isPermaLink="true">http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2009/03/09/12889817.html</guid><description>&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Derni&#xe8;re p&#xe9;riode &lt;br /&gt;[Allant de la fuite hors d’Egypte en 962 &#xe0; la mort du po&#xe8;te en 965]&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [&#xab;&amp;nbsp; le m&#xe9;tier de po&#xe8;te &#xbb;] &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de R&#xe9;gis Blach&#xe8;re: n&#xb0;167&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 718.&lt;br /&gt;39 vers, m&#xe8;tre bas&#xee;t, rime m&#xee;m.&lt;br /&gt;Compos&#xe9;e peu apr&#xe8;s son retour &#xe0; K&#xfb;fa une fois son s&#xe9;jour &#xe0; Baghd&#xe2;d termin&#xe9;, en ao&#xfb;t 963, sans doute &#xe0; partir de plusieurs fragments &#xe9;crits au cours des mois pr&#xe9;c&#xe9;dents .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Evocation du long p&#xe9;riple qui l’a men&#xe9; de Fost&#xe2;t &#xe0; K&#xfb;fa, en passant par Baghd&#xe2;d, vers 1 &#xe0; 16 ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Jusqu’&#xe0; quand voyagerons-nous de concert avec l’&#xe9;toile dans l’obscurit&#xe9;? Tandis qu’elle ne voyage ni &#xe0; chameau ni &#xe0; pieds...&lt;br /&gt;2/ Elle n’a pas de paupi&#xe8;res comme nous pour sentir les t&#xe9;n&#xe8;bres, ainsi le sommeil lui est &#xe9;tranger et elle passe la nuit sans dormir.&lt;br /&gt;3/ Le soleil peut h&#xe2;ler nos blancs visages, mais il ne peut rendre [&#xe0; nouveau] noires nos boucles ni nos m&#xe8;ches de cheveux blancs...&lt;br /&gt;4/ Et si nous pouvions prendre le monde comme juge de cela, ces deux &#xe9;tats ob&#xe9;iraient &#xe0; une seule et m&#xea;me loi.&lt;br /&gt;5/ Nous laissons l’eau qui ne quitte pas les nuages pour voyager, pour celle [tomb&#xe9;e d’eux] qui voyage dans le cuir [de nos outres]. &lt;br /&gt;6/ Je ne hais pas les gris chameaux mais &#xe0; leur contact mon coeur est rempli de chagrin et mon corps est malade.&lt;br /&gt;7/ J’ai pouss&#xe9; leurs pieds ant&#xe9;rieurs hors d’Egypte &#xe0; l’aide de leurs pattes post&#xe9;rieures, tant est si bien qu’elles nous ont tir&#xe9; [comme des fl&#xe8;ches] hors de Jawsh et Al ‘alam&lt;br /&gt;8/ Ces autruches du d&#xe9;sert sell&#xe9;es rivalisaient avec eux [&#xe0; la course], opposant leurs brides aux r&#xea;nes l&#xe2;ches en poils de chameau.&lt;br /&gt;9/ Il avait inform&#xe9; certains jeunes esclaves du danger [de la fuite] et ils l’acceptaient comme des joueurs de maysir acceptent [le sort qu’annoncent] les fl&#xea;ches divinatoires. &lt;br /&gt;10/ Il nous semblait, chaque fois qu’ils rejetaient leurs turbans, qu’ils en portaient d’autres noirs sans voiles.&lt;br /&gt;11/ Encore imberbes, ils donnaient des coups de lances aux cavaliers qu’ils rattrapaient, et dispersaient les troupeaux.&lt;br /&gt;12/ Ils avaient bient&#xf4;t &#xe9;puis&#xe9; ce dont &#xe9;taient capables leurs lances, sans que celles-ci puissent satisfaire leurs desseins.&lt;br /&gt;13/ Avec l’aide de leurs lances ils avaient d&#xe9;j&#xe0; d&#xe9;pass&#xe9; ses d&#xe9;sirs, mais sans pour autant &#xe9;puiser leur ardeur.&lt;br /&gt;14/ Ils saisissaient les lances muettes et ils leurs enseignaient le cri des oiseaux [en les fichant] dans les braves.&lt;br /&gt;15/ Les chameaux nous emportaient d’un pas rapide, les babines &#xe9;cumantes, et les pattes verdies par les plantes sauvages [qu’ils &#xe9;crasaient, sans s’arr&#xea;ter pour brouter]...&lt;br /&gt;16/&amp;nbsp; Ils &#xe9;taient [comme] musel&#xe9;s par nos cravaches, quand nous les frappions pour les d&#xe9;tourner des verts p&#xe2;turages car nous &#xe9;tions avides des champs de l’honneur!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 1: M&#xe9;tonymie de l’&#xe9;toile qui est assimil&#xe9;e &#xe0; un voyageur nocturne par le po&#xe8;te.&lt;br /&gt;vers 3: C’est &#xe0; dire: &#xab; Lorsque nous voyageons de jour (apr&#xe8;s avoir &#xe9;voqu&#xe9; dans les deux vers pr&#xe9;c&#xe9;dents le voyage de nuit) le soleil qui tape fort et qui nous bronze, serait lui-m&#xea;me impuissant &#xe0; nous rendre notre jeunesse &#xbb;.Le po&#xe8;te faisant route vers l’Iraq de son enfance, se laisse aller &#xe0; la nostalgie et d&#xe9;peint &#xe0; l’aide de l’all&#xe9;gorie du soleil rajeunissant son d&#xe9;sir de rattraper le temps perdu.&lt;br /&gt;vers 4: C’est &#xe0; dire: &#xab; Si le monde avait une logique, nos cheveux devraient foncer en m&#xea;me temps que notre peau et nous devrions rajeunir. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 5: C’est &#xe0; dire: &#xab; Nous voyageons dans des r&#xe9;gions s&#xe8;ches o&#xf9; il n’y a pas de pluie, et o&#xf9; nous ne pouvons emporter comme eau que ce que contient nos outres &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 6: Le po&#xe8;te &#xe9;voque les chameaux &#xe0; poils gris [ ‘&#xee;s] de sa caravane: symboles de sa fuite hors d’Egypte [mi&#xe7;r, au vers 7], par opposition aux chevaux symboles de vaillance et de lutte.&lt;br /&gt;vers 7: C’est &#xe0; dire: &#xab; J’ai pouss&#xe9; mes chameaux jusqu’&#xe0; les faire courir, de sorte que leurs pattes en se croisant dans leur course avaient la forme d’un arc tendu, qui nous aurait tir&#xe9; comme des fl&#xe8;ches [maraqna binna] depuis Jawsh et al‘alam &#xbb;.Y&#xe2;zij&#xee; a mis par erreur &#xab; biha &#xbb; apr&#xe8;s &#xab; maraqna &#xbb; au lieu de &#xab; binna &#xbb; dans les autres &#xe9;ditions.&lt;br /&gt;vers 8: Vers excessivement travaill&#xe9; et pr&#xe9;cieux, bas&#xe9; d’apr&#xe8;s le commentaire qu’en fait W&#xe2;hid&#xee; , sur deux m&#xe9;tonymie: la premi&#xe8;re signifiant les chevaux des poursuivants, et l’autre les chameaux du po&#xe8;te.Nous lisons donc: &#xab; Les chevaux de nos adversaires &#xe9;taient rapides comme des autruches du d&#xe9;sert sell&#xe9;es [c’est &#xe0; dire qu’ils avaient de longs cous qui rivalisaient en longueur avec ceux des chameaux, ce qui est signe chez les anciens arabes de v&#xe9;locit&#xe9;] pour la course; comme si leurs brides [lujum] rivalisaient aussi en longueur avec les r&#xea;nes l&#xe2;ches en poil de chameau des chameaux (c’est &#xe0; dire les cous de ceux-ci!). &#xbb;&lt;br /&gt;vers 9: Maysir: r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; un jeu de hasard (&#xe9;galement pratique rituelle ) ant&#xe9;rieur &#xe0; l’Islam, et proscrite par celle-ci , o&#xf9; un signe du destin, la volont&#xe9; d’une idole, &#xe9;tait lue, cherch&#xe9;e sur des fl&#xe8;ches.Kazimirski le d&#xe9;crit ainsi : &#xab; Jeu de hasard, qui consistait chez les arabes pa&#xef;ens &#xe0; tirer au hasard des fl&#xe8;ches &#xab; azl&#xe2;l &#xbb; d’un sac, afin que le sort d&#xe9;cide &#xe0; qui &#xe9;choira telle ou telle partie du chameau &#xe9;gorg&#xe9;... &#xbb;.A la lumi&#xe8;re de cette d&#xe9;finition on peut penser que le vers du po&#xe8;te n’est pas d&#xe9;nu&#xe9; d’humour... &lt;br /&gt;Le rapport aux fl&#xe8;ches se fait ici dans la continuit&#xe9; de la m&#xe9;tonymie du vers 7, et il annonce &#xe9;galement le vers 13 dans lequel le nom de cette p&#xe9;riode ant&#xe9;rieure &#xe0; l’Islam (dite la &#xab; J&#xe2;hiliyya &#xbb;) est nomm&#xe9;ment cit&#xe9; . &lt;br /&gt;vers 10: C’est &#xe0; dire: &#xab; Chaque fois qu’ils se d&#xe9;couvraient, nous avions l’impression tant leurs cheveux &#xe9;taient longs [et non leurs barbes, voir vers suivant] qu’ils &#xe9;taient comme voil&#xe9;s, sans pour autant qu’ils portent de voiles.&#xbb;&lt;br /&gt;vers 12: C’est &#xe0; dire:&amp;nbsp; &#xab;Ils &#xe9;taient infatigables au combat, et une fois tous leurs ennemis tu&#xe9;s, ils en redemandaient davantage. &lt;br /&gt;vers 13: A l’&#xe9;poque de la Jahiliyya: c’est-&#xe0;-dire l’ant&#xe9;-islam (textuellement: l’&#xe2;ge de l’ignorance), quatre diff&#xe9;rents mois de l’ann&#xe9;e&amp;nbsp; &#xe9;taient consid&#xe9;r&#xe9;s comme illicites [hurum], c’est &#xe0; dire que le sang ne devait pas &#xea;tre vers&#xe9; durant l’un de ceux-ci, il s’agissait des mois lunaires de: dhu-al-qi‘da, dhu-al-hijja, almuharram, et rajab . Le po&#xe8;te compare donc ici sa fuite hors d’Egypte aux grandes gestes des h&#xe9;ros-b&#xe9;douins de l’Ant&#xe9;-Islam (voir introduction), et suppose qu’il aurait s’il avait v&#xe9;cu avec ses serviteurs &#xe0; cette &#xe9;poque tellement fait combattre ceux-ci, que ces derniers ne se seraient montr&#xe9;s contents d’&#xea;tre &#xe0; son service que dans les mois sacr&#xe9;s, et donc de tr&#xe8;ve, o&#xf9; ils auraient enfin pu se reposer.&lt;br /&gt;vers 15: Nous avons traduit collectivement par plantes sauvages &#xab; rughl&amp;nbsp; &#xbb;: Arroche (plante utilis&#xe9;e pour l’alimentation) , et &#xab; yanam &#xbb;: Plante d&#xe9;nu&#xe9;e de fleurs mais aux graines nombreuses dont se nourrissent les chameaux. .&lt;br /&gt;vers 16: Vers de transition.Nous avons traduit par: honneur, le terme polys&#xe9;mique &#xab; karam &#xbb;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Evocation d’Ab&#xfb; Shuja‘ F&#xe2;tik , vers 16 &#xe0; 20]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17/ Mais o&#xf9; se trouverais-je mon champ d’honneur, apr&#xe8;s qu’Ab&#xfb; Shuja‘ soit tomb&#xe9; au sien? Lui qui &#xe9;tait le prince des Arabes et des ‘Ajam!&lt;br /&gt;18/ Il n’y a pas d’autre F&#xe2;tik en Egypte vers lequel nous pourrions nous tourner! Nul parmi les hommes n’est digne de lui succ&#xe9;der!&lt;br /&gt;19/ Les morts peuvent maintenant rivaliser parmi les os cari&#xe9;s avec celui que nul homme vivant ne pouvait &#xe9;galer en [noblesse de] caract&#xe8;re.&lt;br /&gt;20/ Il m’a manqu&#xe9;, et comme je partais &#xe0; sa recherche, combien le monde d’ici-bas m’a fait plus sentir [encore] le n&#xe9;ant [laiss&#xe9; par sa disparition]!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 17: Dans ce vers al Mutanabb&#xee; parle de lui-m&#xea;me &#xe0; la troisi&#xe8;me personne.Nous traduisons &#xe0; la lumi&#xe8;re du vers pr&#xe9;c&#xe9;dent &#xab; manbit &#xbb; par: champ d’honneur; et par: prince, le terme &#xab; qar&#xee;‘&#xbb;, textuellement: &#xe9;talon.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&#xab; ‘Ajam &#xbb; d&#xe9;signe les peuples non arabes.La valeur proprement antith&#xe9;tique de ce &lt;br /&gt;terme face &#xe0; celui d’ &#xab; arabe &#xbb; nous a incit&#xe9; &#xe0; choisir de ne pas le traduire .&lt;br /&gt;vers 20: Jeu de mot autour de la notion de &#xab; ‘adam&#xbb;: n&#xe9;ant, qui, sous forme verbale, en parlant de quelqu’un, veut dire: il n’existe pas pour moi, donc: il me manque .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Critique des Baghd&#xe2;diens, vers 20 &#xe0; 22]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21/ Et je n’ai cess&#xe9; de faire rire mes chameaux chaque fois qu’ils regardaient ceux dont le sang avait teint leurs sabots.&lt;br /&gt;22/ Je les ai fait voyager parmi des idoles chez lesquelles je n’ai m&#xea;me pas trouv&#xe9; la chastet&#xe9; des idoles. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 22: C’est &#xe0; dire: &#xab; Je me suis retrouv&#xe9; face &#xe0; des gens qui se prenaient pour des idoles, et qui pourtant n’en avaient rien, m&#xea;me pas la chastet&#xe9; habituelle aux idoles (allusion probable au vizir d&#xe9;prav&#xe9; al Muhallab&#xee;).&lt;br /&gt;vers 23: Le po&#xe8;te, d&#xe9;sabus&#xe9;, signifie ici son d&#xe9;go&#xfb;t de la vie de courtisan.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [R&#xe9;flexions sur le m&#xe9;tier de po&#xe8;te, vers 23 &#xe0; 28]&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23/ Jusqu’&#xe0; ce que je m’en retourne, et que mes plumes me disent que la gloire appartient au sabre pas &#xe0; la plume!&amp;nbsp; &lt;br /&gt;24/ &#xab; Ecris toujours avec nous seulement apr&#xe8;s avoir &#xe9;crit avec lui, car nous ne sommes que des serviteurs pour les sabres! &#xbb;&lt;br /&gt;25/ Les plumes m’ont donn&#xe9; [cela] &#xe0; entendre et m’ont indiqu&#xe9; mon rem&#xe8;de et si j’ai n&#xe9;glig&#xe9; [leur conseil], ma maladie est [le fruit] d’un manque d’entendement [de ma part].&lt;br /&gt;26/&amp;nbsp; Celui qui&amp;nbsp; se passe du sabre de bon acier pour exiger son d&#xfb;, a r&#xe9;pondu &#xe0; chacun de ceux qui lui demandait &#xab; est-ce que [tu l’as obtenu]?&#xbb; par &#xab; non, je ne l’ai pas [obtenu]! &#xbb;. &lt;br /&gt;27/ Certains ont pens&#xe9; que c’est par faiblesse que nous nous sommes rapproch&#xe9;s [d’eux] et une fois que nous nous f&#xfb;mes trouv&#xe9;s proches, ils ont excit&#xe9; au soup&#xe7;on [d’autres contre nous].&lt;br /&gt;28/ Le manque d’&#xe9;quit&#xe9; n’a cess&#xe9; alors de pr&#xe9;valoir, d&#xe8;s lors qu’il s’agissait de fr&#xe8;res ut&#xe9;rins.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 24: Prosopop&#xe9;e des plumes, que le po&#xe8;te prend &#xe0; t&#xe9;moins. Blach&#xe8;re traduit: &#xab; Sers-toi de nous toujours, mais apr&#xe8;s t’&#xea;tre servi du sabre: nous sommes seulement comme les esclaves des &#xe9;p&#xe9;es &#xbb; .&lt;br /&gt;vers 25: Blach&#xe8;re nous semble extrapoler lorsqu’il traduit: &#xab; [Plumes], vous vous &#xea;tes fait entendre; le rem&#xe8;de est ce que vous indiquez et, si je l’oublie, mon mal viendra de mon peu d’entendement&amp;nbsp; &#xbb; .&lt;br /&gt;vers 26 Le po&#xe8;te emploie une p&#xe9;riphrase pour dire &#xab; On ne peut obtenir en ce monde ce que l’on d&#xe9;sire que par la force des armes! &#xbb;&lt;br /&gt;vers 27: Nouvelle allusion aux courtisans Baghd&#xe2;diens.&lt;br /&gt;vers 28: L’expression &#xab; fr&#xe8;res ut&#xe9;rins &#xbb; [dhu ar-rahim], signifie dans ce contexte: lien de sang.Une telle situation de pr&#xe9;f&#xe9;rence familiale ou clanique est, aux yeux du po&#xe8;te, &#xe0; l’oppos&#xe9;e de celle qu’il avait pu conna&#xee;tre &#xe0; la cour de Sayf-ud-Dawla, o&#xf9; la primaut&#xe9; lui &#xe9;tait donn&#xe9;e sur des po&#xe8;tes tel Ab&#xfb; Fir&#xe2;s, et ceci malgr&#xe9; les liens de parent&#xe9; qui pouvaient l’unir au seigneur d’Alep.Un tel vers pourrait &#xea;tre lu &#xe9;galement comme significatif de ce besoin de reconnaissance sociale, qui depuis son plus jeune &#xe2;ge a d&#xe9;vor&#xe9; le po&#xe8;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[r&#xe9;volte contre l’injustice, vers 29 &#xe0; 31]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29/ Que ne leur rendent visite dor&#xe9;navant que des mains pouss&#xe9;es avec les lames tranchantes et polies!&lt;br /&gt;30/ La lame de chacun juge qui, de celui qui se venge ou de celui qui cherche vengeance, doit mourir.&lt;br /&gt;31/ Nous garderons les poign&#xe9;es de nos sabres [rang&#xe9;es dans leurs fourreaux] afin qu’elles ne frappent nul ladre aux doigts courts.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 29: M&#xe9;tonymie remarquable, o&#xf9; le lecteur a virtuellement la sensation que le personnage &#xe9;voqu&#xe9; a des lames de sabres mises &#xe0; la place des mains! Blach&#xe8;re traduit: &#xab; [Cessons d’agir de la sorte].N’allons &#xe0; eux que brandissant des lames brillantes et ac&#xe9;r&#xe9;es &#xbb; .&lt;br /&gt;vers 31: Nous traduisons par: doigts trop courts, le terme mis en cheville par le po&#xe8;te: &#xab; kazam &#xbb;.La ladrerie [l&#xfb;’m] est, comme l’avarice [bukhl], tr&#xe8;s souvent &#xe0; l’&#xe9;poque classique identifi&#xe9;e &#xe0; l’impuissance, &#xe0; la l&#xe2;chet&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Sentences sapientielles, vers 32 &#xe0; 39]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32/ Epargne &#xe0; ton regard ce qui lui serait p&#xe9;nible de voir! Car les [moments de] veilles de l’oeil sont pareilles aux r&#xea;ves...&lt;br /&gt;33/ Ne te plains &#xe0; quelque cr&#xe9;ature [qui soit] car elle s’en r&#xe9;jouirait! et se serait comme pour un bless&#xe9; d’aller se plaindre aux corbeaux et aux vautours!&lt;br /&gt;34/ Prends-garde aux hommes, mais cache-le! Et ne te laisse pas tromper par des dents qui sourient! &lt;br /&gt;35/ La fid&#xe9;lit&#xe9; s’&#xe9;vanouit, et tu ne la trouveras [tenue] en aucune promesse, on informe et jure sans &#xea;tre sinc&#xe8;re.&lt;br /&gt;36/ Gloire au cr&#xe9;ateur de mon &#xe2;me! Comment celle-ci peut elle &#xea;tre se complaire en ce que les autres &#xe2;mes consid&#xe8;rent comme l’ultime souffrance?!&lt;br /&gt;37/ Le sort s’&#xe9;tonne que je supporte ses vicissitudes, et de l’endurance de mon corps sous ses coups de boutoirs!&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;38/ Ce n’est qu’un moment perdu! Un &#xe2;ge! Dont j’eus souhait&#xe9; qu’il f&#xfb;t d’un autre peuple que le mien, parmi ceux des peuples pass&#xe9;s...&lt;br /&gt;39/ Quand leurs fils sont venus au monde, le temps &#xe9;tait encore jeune, et il les a rendu heureux! Et lorsque nous sommes [&#xe0; notre tour] venus &#xe0; lui, il &#xe9;tait s&#xe9;nile...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 32: Al W&#xe2;hid&#xee; commente superbement ce vers &#xab; Epargne &#xe0; ton oeil ce que le regard pourrait lui offrir de p&#xe9;nible des horreurs [de ce monde], et imagine que tu les vois en r&#xea;ve! Car ce que tu vois &#xe9;veill&#xe9; est semblable &#xe0; ce que tu peux voir endormi, car aucun des deux ne dure gu&#xe8;re avant de dispara&#xee;tre...&#xbb; .&lt;br /&gt;vers 33: Le po&#xe8;te veut dire&amp;nbsp; &#xab; Cache ta blessure, car si tu la d&#xe9;voilais &#xe0; quiconque, alors les hommes comme des charognards s’empresseraient d’accourir pour t’achever! &#xbb;. &lt;br /&gt;vers 37: Nous traduisons par &#xab; coups de boutoirs &#xbb;, l’expression &#xab; ahdathihi alhutumi &#xbb;, textuellement: ses &#xe9;v&#xe9;nements qui broient. Dans l’&#xe9;dition de Y&#xe2;zij&#xee;, on trouve &#xab; &#xe2;me &#xbb; [nafs] &#xe0; la place de corps [jism].&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Satire contre Dabba &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de R&#xe9;gis Blach&#xe8;re n&#xb0;168&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici page 723.&lt;br /&gt;39 vers , m&#xe8;tre mujtathth, rime b&#xe2;.&lt;br /&gt;Ayant quitt&#xe9; Baghd&#xe2;d, le po&#xe8;te parvient &#xe0; K&#xfb;fa en ao&#xfb;t 963, il y demeure un an.En juin 964&amp;nbsp; l’agitation qarmate reprend, al Mutanabb&#xee; &#xe9;changent des invectives avec l’un d’eux, un b&#xe9;douin nomm&#xe9; Dabba ibn Yaz&#xee;d al ‘Otb&#xee; ; c’est l’oncle de ce m&#xea;me homme, F&#xe2;tik bin Ab&#xee; Jahl, qui fera mourir le po&#xe8;te lors de son retour d’Iran, un an plus tard, et ceci sans doute pour venger l’affront de la sanglante insulte contre son neveu et son clan, que nous reproduisons ici .&lt;br /&gt;Blach&#xe8;re&amp;nbsp; a souvent, et admirablement, fait le lien entre le style employ&#xe9; ici par al Mutanabb&#xee;, et le c&#xe9;l&#xe8;bre sukhf , style volontairement d&#xe9;cadent et souvent scabreux, du satiriste Ibn l-Hajj&#xe2;j , que notre po&#xe8;te avait rencontr&#xe9; &#xe0; Baghd&#xe2;d, et qui lui avait, parait-il, adress&#xe9;, &#xe0; la demande du vizir al Muhallab&#xee;, une satire mordante auquel notre po&#xe8;te n’aurait pas r&#xe9;pondu.&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[L’imaginaire b&#xe2;tardise de Dabba , vers 1 &#xe0; 11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Des gens coup&#xe8;rent en deux Dabba et sa m&#xe8;re avait encore les&amp;nbsp; mamelles pendantes,&lt;br /&gt;2/ ils jet&#xe8;rent la t&#xea;te de son p&#xe8;re, et viol&#xe8;rent, victorieux, sa m&#xe8;re.&lt;br /&gt;3/ pourtant nul ne tira gloire de la mort de son p&#xe8;re, ni ne montra d’empressement &#xe0; violer sa m&#xe8;re.&lt;br /&gt;4/ Certes je rapporte ce que je dis par piti&#xe9; et non pas par amiti&#xe9;,&lt;br /&gt;5/ et pour te fournir un pr&#xe9;texte [pour que tu ne te sentes pas offens&#xe9;] jusqu’&#xe0; ce que tu sois excus&#xe9; [de ne t’&#xea;tre pas veng&#xe9; plut&#xf4;t de l’offense que je viens de te r&#xe9;v&#xe9;ler], si tu t’en souciais. &lt;br /&gt;6/ ainsi, tu n’es pas coupable de ce meurtre [en tant que b&#xe2;tard], bien qu’il y ait eu quelqu’un pour frapper [le mari de ta m&#xe8;re],&lt;br /&gt;7/ tu n’as pas trahi [ta m&#xe8;re], bien qu’il y ait eu offense [de la part de ton vrai p&#xe8;re],&lt;br /&gt;8/ et tu n’es pas couvert d’opprobre, bien que ta m&#xe8;re soit une putain!&lt;br /&gt;9/ Car il n’est pas difficile au chien d’&#xea;tre &#xab; un fils de chienne &#xbb;!&lt;br /&gt;10/ Et il ne lui a pas nui celui qui est venu &#xe0; elle,&amp;nbsp; bien qu’il se soit fait lui-m&#xea;me mal aux reins!&lt;br /&gt;11/ Ce n’est pas lui qui a copul&#xe9; avec elle mais son entrejambe &#xe0; elle qui s’est accoupl&#xe9; avec son p&#xe9;nis.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 1-2: Al ‘Akbar&#xee; rapporte pour expliquer l’allusion du po&#xe8;te que des gens [qawm] auraient tu&#xe9; le p&#xe8;re de Dabba .Au courant de cette information le po&#xe8;te insinue que son p&#xe8;re aurait &#xe9;t&#xe9; tu&#xe9; avant que sa m&#xe8;re ne soit enceinte de Dabba, et que ce dernier aurait &#xe9;t&#xe9; le fruit du viol de celle-ci par les assassins de son p&#xe8;re .Nous traduisons par: violer, le verbe &#xab; n&#xe2;ka &#xbb;.Toujours dans un souci de censure, al ‘Akbar&#xee; le transforme en &#xab; b&#xe2;k&#xe2; &#xbb;, censure quelque peu absurde puisqu’il rend ce verbe tel quel dans le vers suivant .&lt;br /&gt;vers 4: Le po&#xe8;te veut dire par l&#xe0; qu’il est objectif.&lt;br /&gt;vers 5: C’est &#xe0; dire &#xab; Puisque tu n’es pas le fils de ton vrai p&#xe8;re, tu n’as pas &#xe0; te sentir offens&#xe9; que celui-ci ait &#xe9;t&#xe9; tu&#xe9;, et je te fournis en te disant que tu es un b&#xe2;tard le moyen, pour lequel tu peux donc m’&#xea;tre reconnaissant, qui te dispenses de te venger du violeur, puisque celui-ci est ton vrai p&#xe8;re. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 6-7: Vers difficile &#xe0; rendre, car le sujet r&#xe9;el en est &#xab; h&#xee;la &#xbb;, le moyen, sugg&#xe9;r&#xe9; par al Mutanabb&#xee;, et qui d&#xe9;signe tout le fantasme d&#xe9;crit dans les trois premiers vers, ce qui sous-entend: &#xab; Comme je t’accuse d’&#xea;tre le b&#xe2;tard de l’assassin du mari de ta m&#xe8;re, tu n’es pas pour autant responsable du meurtre de ce dernier, ni du viole de celle-ci, puisque tu ne savais pas que l’agresseur &#xe9;tait ton v&#xe9;ritable p&#xe8;re, et je viens juste de te l’apprendre. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 9: Jeu de mot sur l’insulte courante en arabe &#xab; Ibn kalb! &#xbb;: Fils de chien!&lt;br /&gt;vers 11: Nous traduisons par: entrejambe, le terme &#xab; ’ij&#xe2;n&amp;nbsp; &#xbb;, et par: p&#xe9;nis, le terme &#xab; zubb &#xbb;.Al ‘Akbar&#xee;, suivant W&#xe2;hid&#xee;, commente:&amp;nbsp; &#xab; Il veut dire qu’elle avait de grosses fesses maigres, qu’elle blessait avec son entrejambe celui qui venait &#xe0; elle, et qu’elle faisait mal ainsi au sexe de l’homme&amp;nbsp; &amp;nbsp;&#xbb;.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Caricature de Dabba et insultes envers sa m&#xe8;re, vers 12 &#xe0; 20]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12/ On a bl&#xe2;m&#xe9; Dabba, mais on n’a pas bl&#xe2;m&#xe9; son coeur,&lt;br /&gt;13/ car son coeur est avide,&amp;nbsp; et pousse le corps au vice.&lt;br /&gt;14/ Et s’il apercevait un p&#xe9;nis chez de jeunes gens, il les aimerait en &#xe9;rection. &lt;br /&gt;15/ &#xd4; toi! dont le temp&#xe9;rament est le plus agr&#xe9;able de tous, et dont le genou est le plus souple!&lt;br /&gt;16/ et qui &#xe0; les racines les plus viles de tous les hommes [qui plongent] dans la fange la plus ignoble qui soit!&lt;br /&gt;17/ et dont la m&#xe8;re est la plus facile &#xe0; accepter la semence du premier venu!&lt;br /&gt;18/ tous les p&#xe9;nis sont des fl&#xe8;ches pour Myriam et elle est un carquois.&lt;br /&gt;19/ Et celui qui est malade ne peut &#xea;tre bl&#xe2;m&#xe9; d’aller trouver les m&#xe9;decins.&lt;br /&gt;20/ Et il n’y a pas entre la fille perdue et la fille convenable de diff&#xe9;rence autre que celle des fian&#xe7;ailles.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 14: Notre traduction suit le commentaire que fait W&#xe2;hid&#xee; du vers : &#xab; Fa‘l est une m&#xe9;tonymie de p&#xe9;nis [ayr], [...], et la m&#xe9;tonymie indique que ce qu’il aime en cela c’est qu’ils soient durs [ma&#xe7;l&#xfb;b] chez ces jeunes gens &#xbb;. &lt;br /&gt;Ce qu’Albert Arazi propose comme analyse des po&#xe8;tes satiristes du VIIIeme si&#xe8;cle est toujours vrai chez al Mutanabb&#xee;: &#xab; Les satiris&#xe9;s forment avec leurs d&#xe9;fauts un seul bloc; on nous les montre occup&#xe9;s &#xe0; chaque instant d’un seul projet, pouss&#xe9;s par une seule impulsion irresistible.L’homme dans la pr&#xe9;hension du satirique est soumis &#xe0; la tyrannie de ses vices.&amp;nbsp; &#xbb;&lt;br /&gt;vers 17: Traduction libre de &#xab; Arkha&#xe7;a-n&#xe2;si umman tab&#xee;‘u ulfan bihabbahi &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 18: Cette Myriam est tr&#xe8;s certainement la m&#xe8;re de Dabba, puisque Bad&#xee;‘&#xee; substitue &#xab; umm &#xbb;: m&#xe8;re, &#xe0; &#xab; Myriam &#xbb; dans l’extrait qu’il cite de l’ode; quand &#xe0; l’interpr&#xe9;tation de &#xab; fu’&#xfb;l &#xbb; par: p&#xe9;nis, elle nous es &#xe9;galement sugg&#xe9;r&#xe9;e par Bad&#xee;‘&#xee;, qui l’a carr&#xe9;ment substitu&#xe9; par &#xab; uy&#xfb;r &#xbb; .&lt;br /&gt;vers 19-20: Vers de transition qui marquent, malgr&#xe9; l’injure sous-entendue, un retour progressif aux sentences habituelles &#xe0; al Mutanabb&#xee;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [ Parabole, et vers gnomiques: vers 21 &#xe0; 24]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21/ &#xd4; toi! Assassin de l’invit&#xe9; dont la [seule] richesse est un lait coup&#xe9; d’eau et une outre &#xe0; lait,&lt;br /&gt;22/ et, &#xd4; crainte de tout compagnon qui ferait passer &#xe0; son outre &#xe0; lait la nuit chez toi...&lt;br /&gt;23/ Ainsi as-tu &#xe9;t&#xe9; cr&#xe9;&#xe9; et qui est-celui qui peut lutter avec son cr&#xe9;ateur?&lt;br /&gt;24/&amp;nbsp; Et qui est celui qui se soucie du bl&#xe2;me quand il en tire profit?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 21: D’apr&#xe8;s le commentaire d’Ab&#xfb;-l-Fath, rapport&#xe9; par ‘Akbar&#xee;, al Mutanabb&#xee;, peut-&#xea;tre &#xe0; partir d’un dire qui ne nous est pas parvenue, accuse Dabba d’avoir assassin&#xe9; un pauvre homme qui lui aurait demand&#xe9; l’hospitalit&#xe9;, afin de lui voler son lait coup&#xe9; d’eau .Apr&#xe8;s avoir censur&#xe9; pr&#xe8;s de quinze vers des pr&#xe9;c&#xe9;dents dans son &#xe9;dition Y&#xe2;zij&#xee; se revient au texte &#xe0; ce vers . &lt;br /&gt;vers 22: Le po&#xe8;te use habilement d’une double m&#xe9;tonymie, o&#xf9; l’outre figure le voyageur lui-m&#xea;me et la peur ressentie par ce dernier Dabba, afin de donner &#xe0; la fois une tournure comique et d&#xe9;risoire &#xe0; son vers, pour dire: &#xab; Tout homme qui ayant une malheureuse outre &#xe0; lait voudrait passer la nuit chez toi, devrait avoir peur pour sa vie! &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 23: C’est &#xe0; dire &#xab; Qui est celui qui peut lutter avec sa nature profonde, son caract&#xe8;re naturel? &#xbb;, cette expression renvoyant &#xe0; un impromptu d&#xe9;di&#xe9; &#xe0; Ab&#xfb;-l-‘Ash&#xe2;’ir,&amp;nbsp; dont il forme l’antith&#xe8;se: &#xab; Certes, on dit pourquoi a-t-il &#xe9;t&#xe9; cr&#xe9;&#xe9; ainsi, et celui qui cr&#xe9;e la cr&#xe9;ature est aussi le cr&#xe9;ateur de son caract&#xe8;re naturel &#xbb; .Il est int&#xe9;ressant de remarquer qu’&#xe0; vingt ans d’&#xe9;cart le po&#xe8;te retrouve le chemin d’une expression utilis&#xe9;e dans des circonstances toutes diff&#xe9;rentes avec un sens contraire, comme les deux faces oppos&#xe9;es d’une m&#xea;me pi&#xe8;ce . Ainsi, al Mutanabb&#xee; semble ici, et cette tendance est confirm&#xe9;e par le vers suivant, &#xea;tre revenu &#xe0; son propre style, comme si au fur et &#xe0; mesure qu’il se d&#xe9;chargeait de sa col&#xe8;re une sorte de routine refaisait peu &#xe0; peu surface, ainsi ce vers pourrait &#xea;tre un apophtegme gliss&#xe9; dans n’importe qu’elle autre ode du po&#xe8;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Insulte li&#xe9;e &#xe0; la zoophilie, vers 25 &#xe0; 27]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25/ N’as tu pas vu les chevaux dans les palmeraies, troupeau apr&#xe8;s troupeau,&lt;br /&gt;26/ rester longtemps en &#xe9;rection &#xe0; cause de tes femmes,&lt;br /&gt;27/ et elles autour de toi [les] regardant, leurs petites parties g&#xe9;nitales humides.&lt;br /&gt;28/ et elles regardaient le gros p&#xe9;nis de chaque mulet en le jalousant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 26: Textuellement &#xab; Montrant leurs p&#xe9;nis &#xe0; tes femmes pendant longtemps &#xbb;, l’allusion est particuli&#xe8;rement insultante, car l’expression &#xab; jal&#xe2; ‘ala &#xbb;: &#xab; se dit d’une femme [&#xf4;tant son voile], et surtout de la nouvelle mari&#xe9;e par rapport &#xe0; son mari &#xbb; .Ainsi, ce groupe de vers, derri&#xe8;re les insultes cache ce que Albert Arazi nomme &#xab; la fonction tautologique &#xbb; de la satire, o&#xf9;&amp;nbsp; &#xab; le po&#xe8;te, pour exorciser ses d&#xe9;mons et pour se tailler un masque, entreprend de d&#xe9;crire un univers sp&#xe9;cial qui n’a de r&#xe9;alit&#xe9; que dans le langage &#xbb; .&lt;br /&gt;vers 27: Nous avons traduit par: leurs petites parties g&#xe9;nitales humides, l’expression: &#xab; uhayr&#xe2;hu ratba&amp;nbsp; &#xbb;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [La l&#xe2;chet&#xe9; de Dabba, vers 29 &#xe0; 37]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29/ Alors demande &#xe0; ton coeur, &#xd4; Dabba! o&#xf9; il a laiss&#xe9; son amour propre?!&lt;br /&gt;30/ Et s’il te trahit, par ma vie! C’est qu’il y a longtemps qu’il a d&#xe9;j&#xe0; trahi son ma&#xee;tre!&lt;br /&gt;31/ Et comment peux-tu encore le d&#xe9;sirer alors que t’est apparu sa couardise?&lt;br /&gt;32/ Tu n’es plus qu’une mouche, qu’&#xe9;loigne loin d’elle son chasse-mouches...&lt;br /&gt;33/ Et tu ronflais d’orgueil et te voil&#xe0; p&#xe9;tant de peur!&lt;br /&gt;34/ Et si nous nous &#xe9;loignons quelque peu, tu prendras [&#xe0; nouveau] une lance et la guerre.&lt;br /&gt;35/ Tu d&#xe9;clares: &#xab; Si seulement je tenais dans les mains les r&#xea;nes d’un coursier &#xe9;lanc&#xe9; &#xe0; poils ras! &#xbb; &lt;br /&gt;36/ Et si les hauts-faits te sont &#xe9;trangers, c’est qu’ils sont partis loin [de toi, pour te fuir]!&lt;br /&gt;37/&amp;nbsp; Et si les humiliations te sont famili&#xe8;res, c’est parce qu’elles sont li&#xe9;es &#xe0; toi!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 30: C’est &#xe0; dire, suivant al W&#xe2;hid&#xee;: &#xab; Et si ton amour propre te trahit en ne te faisant pas r&#xe9;agir &#xe0; de telles insultes, c’est que tu n’as plus du tout d’amour propre! &#xbb;&lt;br /&gt;vers 31: M&#xe9;tonymie de l’amour propre qui est pr&#xe9;sent&#xe9; comme un alli&#xe9; l&#xe2;che, nous traduisons, suivant le contexte, par: couardise, le terme &#xab; ru‘b &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 32: C’est &#xe0; dire: &#xab; Tu es pour ton amour-propre comme une mouche qui l’importune, alors elle te chasse comme une mouche &#xe0; l’aide d’un chasse-mouches!&amp;nbsp; &#xbb;&lt;br /&gt;vers 33: Censur&#xe9;, comme tout le passage sur la zoophilie, par Y&#xe2;zij&#xee;. &lt;br /&gt;vers 36: Vers &#xe0; tendance gnomique.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Jactance et conclusion, vers 38 et 39]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38/ Et si tu as pu saisir mon propos, il t’a r&#xe9;v&#xe9;l&#xe9; ton angoisse!&lt;br /&gt;39/ Et si tu n’y as rien compris, c’est que je t’ai d&#xe9;crit justement!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 38-39: C’est &#xe0; dire: &#xab; Si tu as &#xe9;t&#xe9;, malgr&#xe9; ta b&#xea;tise, capable de comprendre ce que j’ai dit, alors la vigueur de ma satire a r&#xe9;veill&#xe9; en toi une angoisse [kurba] qui te poursuivra; et si tu n’as rien compris, c’est que j’ai fait ressortir ta b&#xea;tise telle que je la soup&#xe7;onnais et l’avais bien devin&#xe9;e &#xbb;.&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Chasse en Perse ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de R&#xe9;gis Blach&#xe8;re: n&#xb0;180&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici: page 781&lt;br /&gt;59 vers avec rime &#xe0; chaque h&#xe9;mistiche (compt&#xe9; donc chacun comme un vers ind&#xe9;pendant par Blach&#xe8;re), m&#xe8;tre sari‘, rime l&#xe2;m.&lt;br /&gt;Ode d&#xe9;di&#xe9;e &#xe0; ‘Ad&#xfb;d-ud-Dawla &lt;br /&gt;Cette ode est l’avant-derni&#xe8;re de celles que le po&#xe8;te &#xe0; d&#xe9;dier &#xe0; ‘Ad&#xfb;d-ud-Dawla (voir note 45), et Taha Husayn&amp;nbsp; remarque &#xe0; juste titre qu’en seulement trois mois pass&#xe9;s aupr&#xe8;s du prince Iranien al Mutanabb&#xee; lui a consacr&#xe9; huit odes majeures, ce qui est consid&#xe9;rable au regard de sa production ant&#xe9;rieure.Il est fort probable qu’il s’est trouv&#xe9; inspir&#xe9; par un roi de grande envergure.Toujours selon Taha Husayn, le po&#xe8;te semble retrouver une nouvelle vigueur po&#xe9;tique, et son art de la description touche alors &#xe0; des sommets qu’il n’avait pas atteint jusque l&#xe0; .&lt;br /&gt;La sc&#xe8;ne de chasse d&#xe9;crite est ainsi pr&#xe9;sent&#xe9;e par al ‘Akbar&#xee; : &#xab; Ab&#xfb; Shuja‘ sortit pour chasser avec tout son train de chasse, qui encadrait et pr&#xe9;c&#xe9;dait son arm&#xe9;e tant sur la droite que la gauche, il n’y avait pas un chasseur qui ne fut pr&#xe9;sent; jusqu’&#xe0; ce qu’il parvint &#xe0; la plaine d&#xe9;sertique [dasht] de Arz&#xe2;n, qui est un beau site situ&#xe9; &#xe0; dix parasanges&amp;nbsp; de Sh&#xee;r&#xe2;z entour&#xe9; de montagnes, et dans lequel se trouve des for&#xea;ts, points d’eau, et des prairies.On se mit &#xe0; y chasser les animaux: et quand ceux-ci s’enfuyaient vers les montagnes, les hommes les coin&#xe7;aient dans les d&#xe9;fil&#xe9;s et les criblaient de fl&#xe8;ches, elles refluaient alors vers la plaine et tombaient entre ses mains. &#xbb;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Jactance, vers 1 &#xe0; 5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Combien il serait plus convenable aux jours et nuits de dire &#xab; Qu’en est-il de lui et qu’en est-il de moi? &#xbb;&lt;br /&gt;2/ Sans que cela soit mon discours car je suis un h&#xe9;ros r&#xe9;chauff&#xe9; par les feux des guerres.&lt;br /&gt;3/ Je m’abreuve &#xe0; eux, et gr&#xe2;ce &#xe0; eux je me purifie, et qu’ainsi le vice ne me vienne pas un seul instant &#xe0; l’esprit.&lt;br /&gt;4/ Si le fabriquant de cottes mailles tirait sur les queues de mes habits [pour attirer mon attention et] pour me faire choisir entre deux sortes de v&#xea;tements,&lt;br /&gt;5/ je ne demanderais pas d’autre armure que mon pantalon, et sinon qu’il me conduise&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 1: Le po&#xe8;te fait parler le destin sous la forme des jours et des nuits &#xe9;coul&#xe9;es.&lt;br /&gt;Les commentateurs rel&#xe8;vent que le po&#xe8;te aurait-d&#xfb; dire pour &#xea;tre exacte &#xab; qu’en est-il d’al Mutanabb&#xee; qu’en est-il de nous? &#xbb; .&lt;br /&gt;vers 3: Nous traduisons par: vice, le terme: &#xab; fahsha’ &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 4-5: Jeu de mot entre deux termes de m&#xea;me forme, chacun emprunt&#xe9; sans doute au pahlavi : Sirb&#xe2;l, &#xab; d&#xe9;signe soit une chemise, soit une cuirasse [dir‘], soit tout autre v&#xea;tement &#xbb; , et le Sirw&#xe2;l&amp;nbsp; est un pantalon, une culotte.Les deux vers sont tr&#xe8;s travaill&#xe9;s, puisqu’ils sont &#xe0; cheval sur un double enjambement qui conduit &#xe0; l’&#xe9;loge, vers 6, de l’&#xe9;mir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Eloge de ‘Ad&#xfb;d ud-Dawla vainqueur des kurdes, vers 6 &#xe0; 15]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ &#xe0; celui qui chevauche &#xab; Majr&#xfb;h &#xbb; et de &#xab; Sham&#xe2;l &#xbb;, Ab&#xfb; Shuj&#xe2;‘, le pourfendeur de braves!&lt;br /&gt;7/ Il est celui qui remplit les coupes de la mort d’un liquide couleur du vin quand il a fait des valeureux kurdes un pass&#xe9; r&#xe9;volu.&lt;br /&gt;8/ Il n’eut cesse de tuer des kurdes au combat jusqu’&#xe0; ce que ceux-ci trouvent leur salut dans la fuite.&lt;br /&gt;9/ Certains p&#xe9;rissaient, d’autres se soumettaient, acceptant l’exil de la captivit&#xe9;, et lui chassait les cavaliers avec ses lances,&lt;br /&gt;10/ et avec ses anciens sabres &#xe0; nouveaux aff&#xfb;t&#xe9;s, il partit chasser les b&#xea;tes sauvages dans les montagnes,&lt;br /&gt;11/ et sur les terrains limoneux de la terre et des sables et dans le sang des hommes et leurs articulations,&lt;br /&gt;12/ [il allait] seul poulain parmi les chevaux et ceci pouss&#xe9; par l’immensit&#xe9; de son dessein et non par ennui,&lt;br /&gt;13/ et ceci parcequ’il &#xe9;tait tr&#xe8;s tenace non par besoin de changement, et eux n’avaient pas boug&#xe9; sinon pour s’esquiver,&lt;br /&gt;14/ les chevaux hennissaient d’impatience et [chaque cavaliers] &#xe9;tait malades [de peur] sur eux et lui s’enorgueillissait,&lt;br /&gt;15/ [chacun] se tenait la bouche ferm&#xe9;e par peur de tousser, du lever du soleil jusqu’&#xe0; son coucher.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 6:&amp;nbsp; C’est ‘Ad&#xfb;d-ud-Dawla qui est d&#xe9;sign&#xe9; ici sous son autre surnom d’Ab&#xfb;-Shuja‘. &#xab; Majr&#xfb;h &#xbb;: Bless&#xe9;, et &#xab; Sham&#xe2;l &#xbb;:Nord, Gauche, sont les noms des deux montures de l’&#xe9;mir.Le po&#xe8;te veut donc dire ici &#xab; Si mon tailleur, qui fait aussi des armures, tirant sur mes habits pour m’indiquer ce qu’il me propose comme v&#xea;tement me donnait &#xe0; choisir entre armure et habit de tissu, je ne lui demanderais qu’un simple pantalon, car je n’ai besoin de rien d’autre que de mon courage pour me prot&#xe9;ger; dans le cas contraire, je lui demanderais seulement o&#xf9; se trouve ‘Ad&#xfb;d-ud-Dawla, car lui saurait me d&#xe9;fendre! &#xbb;.Le vers 6 est un vers de transition qui am&#xe8;ne &#xe0; l’&#xe9;loge du m&#xe9;c&#xe8;ne.&lt;br /&gt;vers 7:&amp;nbsp; Le terme &#xab;Jiry&#xe2;l &#xbb; qui d&#xe9;signe la couleur du vin, ici est une m&#xe9;taphore pour le sang de ennemis.Le terme que nous traduisons par kurdes est &#xab; quf&#xe7; &#xbb;: &#xab; Habitants des montagnes du Kirm&#xe2;n , r&#xe9;put&#xe9;s &#xe0; la guerre &#xbb; . &lt;br /&gt;vers 9-10: Sur la d&#xe9;portation [j&#xe2;liyya] &#xe9;voqu&#xe9;e dans le vers 9 &#xe0; l’&#xe9;gard des &#xab; Quf&#xe7; &#xbb; voir note.Les r&#xe9;f&#xe9;rences aux termes li&#xe9;s &#xe0; la chasse [iqtana&#xe7;a, &#xe7;ayd] annoncent le th&#xe8;me central de l’ode, la chasse royale.&lt;br /&gt;vers 11: Nous avons traduit par &#xab; terrains limoneux &#xbb;, le terme &#xab; raq&#xe2;q &#xbb;: Terrain large, plat et doux sur une couche plus dure, et qui absorbe l’eau.&lt;br /&gt;vers 12: L’usage m&#xe9;tonymique des chevaux [khayl] pour parler des cavaliers qui les montent, et surtout ici du prince comme poulain [muhr], est un topos de la po&#xe9;sie Mutanabienne et ceci particuli&#xe8;rement lorsque ce dernier d&#xe9;crit guerres, et razzias (voir ode intitul&#xe9;e &#xab; La victoire &#xbb; dans les Sayfiyy&#xe2;t).&lt;br /&gt;vers 13: C’est &#xe0; dire &#xab; Si le prince continuait &#xe0; s’&#xe9;lancer au combat sans cesse ce n’&#xe9;tait pas qu’il f&#xfb;t las de ses compagnons mais parce que son imp&#xe9;tuosit&#xe9; [shidda ad-dinn] l’y poussait sans rel&#xe2;che, tandis qu’eux n’avaient pas os&#xe9; le suivre, ni esquisser un mouvement sinon pour prendre la fuite &#xbb;.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;vers 14: Notre lecture de &#xab; mukht&#xe2;l &#xbb;: s’enorgueillir, comme cheville renvoyant &#xe0; ‘Ad&#xfb;d-ud-Dawla suit le commentaire d’al W&#xe2;hid&#xee; .&lt;br /&gt;vers 15: Vers de transition.A ce propos, Y&#xe2;zij&#xee;&amp;nbsp; signale que pour certains commentateurs, le po&#xe8;te pourrait d&#xe9;j&#xe0; d&#xe9;signer ici non plus les soldats p&#xe9;trifi&#xe9;s de peur par leur chef, mais plut&#xf4;t les animaux &#xe9;touffant leurs bruits pour &#xe9;chapper &#xe0; ‘Ad&#xfb;d-ud-Dawla chasseur.Comme souvent chez al Mutanabb&#xee;, l’impr&#xe9;cision volontaire du sujet grammatical renforce l’aspect polyphonique du po&#xe8;me, permettant au po&#xe8;te de varier les effets et de faciliter le passage d’une partie &#xe0; l’autre de son ode.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Description de la vall&#xe9;e et de ses animaux, vers 16 &#xe0; 22]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16/ Et nul parmi les oiseaux qui ne s’envolaient pas ne parvenait &#xe0; s’&#xe9;chapper, ni aucun [des animaux] qui ne couraient pas se r&#xe9;fugier dans les taillis.&lt;br /&gt;17/ ou ceux qui cherchaient refuge dans l’eau et les cuvettes parmi ceux dont la chair &#xe9;tait licite ou illicite.&lt;br /&gt;18/ Certes les &#xe2;mes sont compt&#xe9;es pour leurs fins.Que soit arros&#xe9; l’immense plateau encaiss&#xe9; de points d’eau!&lt;br /&gt;19/ Entre les immenses prairies et les bois touffus, le cochon avoisine le lion,&lt;br /&gt;20/ et les gorets sont proches des lionceaux, et l’ours qui se dresse au-dessus des gazelles.&lt;br /&gt;21/ s’y retrouvent les contraires et les semblables, comme si Fann&#xe2; Khusr&#xe2; le tr&#xe8;s-g&#xe9;n&#xe9;reux&lt;br /&gt;22/ avait peur qu’ils ne fussent pas au complet, alors il leur apporta&amp;nbsp; l’&#xe9;l&#xe9;phant et son cornac.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 16: Blach&#xe8;re traduit : &#xab; N’&#xe9;chappait que ce qui volait, rapide, courait se terrer dans les fourr&#xe9;s. &#xbb; Le choix du verbe&amp;nbsp; &#xab; inghalla &#xbb;: entrer dans quelque chose, par le po&#xe8;te, appara&#xee;t plus logique quand on regarde le participe actif de la huiti&#xe8;me forme: &#xab; mutaghallil &#xbb;: qui circule entre les arbres .&lt;br /&gt;vers 17: Blach&#xe8;re traduit par: mares, le terme &#xab; dih&#xe2;l &#xbb; que nous traduisons par: cuvettes . &lt;br /&gt;vers 19: Jeu de mot sur le terme &#xab; Arzan &#xbb;, nom de la plaine d&#xe9;sertique [dasht ] o&#xf9; se d&#xe9;roule la chasse, contrairement aux commentateurs, nous y un lisons l’&#xe9;latif du terme &#xab; razn &#xbb;: &#xab; plateau dont la surface offre des terrains encaiss&#xe9;s o&#xf9; l’eau s’amasse et devient stagnante &#xbb; , qu’al Mutanabb&#xee; aurait lu comme un superlatif ce qui expliquerait la pr&#xe9;sence du terme &#xab; tuw&#xe2;l &#xbb; &#xe0; la rime.&lt;br /&gt;vers 21: Fann&#xe2; Khusr&#xe2; (ou Khosrow] est, comme le signale al ‘Akbar&#xee;, le titre persan correspondant &#xe0; l’arabe de ‘Ad&#xfb;d-ud-Dawla; ce nom nous renvoie bien &#xe9;videmment au pass&#xe9; Sassanide, et r&#xe9;v&#xe8;le le renouveau spectaculaire &#xe0; l’&#xe9;poque de la puissance et de la civilisation persane .&lt;br /&gt;vers 22: L’&#xe9;l&#xe9;phant mentionn&#xe9; est utilis&#xe9; pour la chasse.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [ Description des cerfs captur&#xe9;s, vers 23 &#xe0; 28]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;23/ Les cerfs &#xe9;taient men&#xe9;s dans des rets, ob&#xe9;issants [ainsi] aux lassos de la cavalerie et des hommes [&#xe0; pieds],&lt;br /&gt;24/&amp;nbsp; ils allaient comme des bestiaux et troupeaux enturbann&#xe9;s de branches s&#xe8;ches,&lt;br /&gt;25/ ils &#xe9;taient n&#xe9;s sous un tr&#xe8;s lourd fardeau qui les emp&#xea;chait de s’&#xe9;pouiller,&lt;br /&gt;26/ quand ils se tournaient vers les ombres [de leurs bois] ceux-ci leurs paraissaient sans finesse,&lt;br /&gt;27/ et elles t&#xe9;moignaient de leur laideur, comme si [leurs bois] avaient &#xe9;t&#xe9; cr&#xe9;&#xe9;s pour [les] avilir.&lt;br /&gt;28/ et s’additionner &#xe0; leur vice d’&#xea;tre des ignorants, membre qui ne leur &#xe9;tait jamais d’aucun profit,&lt;br /&gt;29/ (1) pour le reste du corps c’&#xe9;tait une difformit&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 25 &#xe0; 28: Description des bois des cerfs, que le po&#xe8;te d&#xe9;crit comme laids, encombrants et inutiles...&lt;br /&gt;vers 29: Suivant en cela al ‘Akbar&#xee;, nous avons coup&#xe9; en deux le vers 29, dont le premier h&#xe9;mistiche seulement concerne les cerfs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [ Description des bouquetins, vers 29 &#xe0; 37]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;29/ (2) Certains bouquetins serraient de pr&#xe8;s les boucs,&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;30/ [comme si leurs cornes qu’] ils enfilaient &#xe9;taient des arcs [faits avec les branches] de l’arbre &#xab; d&#xe2;l &#xbb;,&amp;nbsp; piquants de leurs pointes les croupes [des autres boucs],&amp;nbsp; &lt;br /&gt;31/ ils se mettaient &#xe0; transpercer les flancs, et portaient de barbes noires sans moustaches.&lt;br /&gt;32/ et qui, leur donnant un air plus cocasse que distingu&#xe9;, plant&#xe9;es abondamment et empestaient,&lt;br /&gt;33/ ils n’avaient pas &#xe9;t&#xe9; nourris de musc ou d’onguents, mais s’&#xe9;taient content&#xe9;s de graisses et d’urines.&lt;br /&gt;34/ Celui qui se parfume avec du fumier et laisse ses cheveux pendouiller par ruse [pour cacher sa vraie condition]&lt;br /&gt;35/ compte sur eux comme sur autant de filets &#xe0; richesse [jet&#xe9;s] entre les mauvais cadis et les enfants.&lt;br /&gt;36/ Ces barbes sont pareilles qu’ils soient de dos ou de face, de sorte que tu ne saurais choisir o&#xf9; est la face et o&#xf9; est l’occiput.&lt;br /&gt;37/ Ainsi ils se suivaient les uns les autres [en fuyant] sous une pluie de fl&#xe8;ches du bas de la montagne jusqu’&#xe0; son sommet.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 29: Le po&#xe8;te d&#xe9;signe ici deux esp&#xe8;ces diff&#xe9;rentes de boucs des montagnes, nous avons traduit par bouquetin le terme: &#xab; fudr &#xbb;, et par bouc le terme plus g&#xe9;n&#xe9;raliste: &#xab; aw‘&#xe2;l &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 30: Le &#xab; d&#xe2;l &#xbb; qui ici d&#xe9;signe les cornes arqu&#xe9;es des bouquetins, est un arbrisseau qui pousse dans les r&#xe9;gions d&#xe9;sertiques, le fait de comparer ses branches soit &#xe0; des arcs, soit &#xe0; des fl&#xe8;ches est un topos de la po&#xe9;sie classique arabe .Il est probable, si l’on s’en r&#xe9;f&#xe8;re &#xe0; ce que nous en dit un si&#xe8;cle plus t&#xf4;t J&#xe2;hiz , que dans sa comparaison des cornes avec des arcs tirant des fl&#xe8;ches, que le po&#xe8;te ait pens&#xe9; &#xe0; la mue des cornes chez les boucs, qu’il aurait tent&#xe9; de comparer &#xe0; des arcs-fl&#xe8;ches d&#xe9;coch&#xe9;s.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;vers 33: Nous avons traduit par &#xab; onguents &#xbb;, le terme: &#xab; ghaw&#xe2;l&#xee;&#xbb;, pluriel de &#xab; gh&#xe2;liya &#xbb;: parfum de couleur noire compos&#xe9; de musc, d’ambre et autres aromates, et employ&#xe9; comme cosm&#xe9;tique pour les cheveux .&lt;br /&gt;vers 34-35: Le po&#xe8;te compare les bouquetins &#xe0; de &#xab; de mauvais cadis &#xbb; qui pour apitoyer les gens et les pousser &#xe0; leur confier les orphelins, se couvriraient volontairement les cheveux d’ordures afin de se faire passer pour d’humbles et pauvres d&#xe9;vots.&lt;br /&gt;vers 36: C’est &#xe0; dire &#xab; Ces barbes sont si longues et drues qu’elles entourent leurs t&#xea;tes, et que l’on ne saurait faire la diff&#xe9;rence quant &#xe0; savoir si ces bouquetins sont de face ou de dos. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 37: Si l’on se r&#xe9;f&#xe8;re au vers 30, le vers 37 renvoie &#xe0; la double d’image des boucs se battant avec leurs cornes comme avec des arcs, ainsi que de leur fuite pour &#xe9;chapper aux fl&#xe8;ches des archers, c’est donc un vers de transition qui introduit un retour &#xe0; la description de la chasse proprement dite.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[La chasse des boucs des montagnes, vers 38 &#xe0; 42]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;38/ D&#xe9;j&#xe0; les arcs persans des hommes avaient d&#xe9;pos&#xe9; dans chaque entrailles les deux parties des pointes [des fl&#xe8;ches].&lt;br /&gt;39/ Ils tombaient des cimes, les sabots renvers&#xe9;s se d&#xe9;p&#xea;chant.&lt;br /&gt;40/ Franchissant l’espace sur les vert&#xe8;bres [allant] sur des chemins qui les menaient rapidement.&lt;br /&gt;41/ Press&#xe9;s, ils se d&#xe9;p&#xea;chaient de s’endormir, en laissant basculer leurs nuques [d’un coup] &#xe0; la fa&#xe7;on des paresseux.&lt;br /&gt;42/ Ils ne se plaignaient pas de leur fatigue ni n’&#xe9;prouvaient d’apr&#xe9;hension quant &#xe0; leur perte.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 38: Jeu de mot autour du terme &#xab; kabd &#xbb;, qui signifie &#xe0; la fois entrailles d’un corps, et milieu, partie principale d’une chose.&lt;br /&gt;vers 40-42: Comme souvent, al Mutanabb&#xee; semble perdre de vue l’objet qu’il d&#xe9;crit pour laisser libre cours &#xe0; sa fertile imagination; l’utilisation de termes extraits de lexiques tr&#xe8;s diff&#xe9;rents, tel &#xab; dal&#xe2;l &#xbb;: &#xe9;garement, que nous traduisons pas perte: terme &#xe0; forte connotation morale et religieuse, lui permet d’user de cette polyphonie de voix dont nous parlions tant&#xf4;t, et qui am&#xe8;ne le po&#xe8;te &#xe0; superposer deux discours et &#xe0; sugg&#xe9;rer par-del&#xe0; le contenu de son premier message, un deuxi&#xe8;me message po&#xe9;tique issu de l’inconscient, lequel sugg&#xe8;re dans ce cas-ci au lecteur arabisant presque l’inverse de ce que le po&#xe8;te est en train de lui d&#xe9;crire.Si on lie l’image des bouquetins-q&#xe2;dis des vers 29 &#xe0; 31 &#xe0; celle des bouquetins-paresseux des vers 39-41 pour parvenir &#xe0; celle de l’&#xe9;garement-perte du vers 42, on remarque une progression dans le discours moral qui tend &#xe0; vouloir donner une &#xab; le&#xe7;on &#xbb; au lecteur; pourtant, m&#xea;l&#xe9;e &#xe0; la bataille des arcs des bouquetins entre eux et des bouquetins assaillis par les archers de l’&#xe9;mir, vers 30 et 37-38, une sorte de glossolalie presque incompr&#xe9;hensible nous am&#xe8;ne &#xe0; mieux cerner la technique &#xab; mutanabbienne &#xbb;, car cette surimpression des discours fait que le lecteur, loin d’avoir une perception claire de ce qui se d&#xe9;roule sous ses yeux, ne peut que capter des images diffuses et sans suites, qui ne lui laissent jamais l’opportunit&#xe9; d’asseoir son point de vue, mais l’am&#xe8;ne toujours par un syst&#xe8;me de points de fuite vers un lieu o&#xf9; il ne s’attendait pas &#xe0; se trouver.C’est cette technique &#xe9;prouv&#xe9;e depuis l’&#xe9;poque de Sayf-ud-Dawla qui caract&#xe9;rise le genre descriptif &#xab; wa&#xe7;f &#xbb; du po&#xe8;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [L’Emir triomphe des animaux, vers 43 &#xe0; 49]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43/ Ils avaient &#xe9;t&#xe9; la raison de son voyage, car il pr&#xe9;f&#xe8;re un grand nombre [de b&#xea;tes tu&#xe9;es] &#xe0; un petit.&lt;br /&gt;44/ Il est la cause du trouble des animaux du Nejd, ils [le] craignent dans les montagnes de Salm&#xe2; et dans Qiy&#xe2;l, &lt;br /&gt;45/ les l&#xe9;zards, et les iguanes fuient, ainsi que les m&#xe2;les des autruches grises &#xe0; cuisses rouges et les jeunes autruches, &lt;br /&gt;46/ et les gazelles, les vaches sauvages, et les taureaux sauvages &#xe0; longue queue, quand ils entendent &#xe0; son propos de fabuleux r&#xe9;cits&lt;br /&gt;47/ qui arrachent des questions aux muets. Et les femelles enceintes, celles qui mettent bas, et celles que suivent d&#xe9;j&#xe0; leurs petits&lt;br /&gt;48/ aimeraient qu’ils leur fasse don d’un seigneur qui les monte avec bride et &#xe9;perons.&lt;br /&gt;49/ Il les prot&#xe9;gera de toutes ces choses terrifiantes, et leur laissera le cinqui&#xe8;me des p&#xe2;turages et elles n’auront plus d’inqui&#xe9;tudes,&lt;br /&gt;50/ (1) elles auront l’eau qui tombe des nuages abondants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 43-44: Jeu de mot autour du terme &#xab; Nejd &#xbb; qui est un vaste d&#xe9;sert du centre de l’arabie mais &#xe9;galement un nom commun pour dire: plateau , &#xab; salm&#xe2; &#xbb; est un nom de montagne situ&#xe9; dans le territoire de la tribu y&#xe9;m&#xe9;nite des Tayy’, &#xab; qiy&#xe2;l &#xbb; est une montagne situ&#xe9; sur les terres des Ban&#xfb; ‘&#xe2;mir .&lt;br /&gt;vers 45 &#xe0; 47: Enum&#xe9;ration d’animaux dans un style tr&#xe8;s &#xab; ant&#xe9;islamique &#xbb; qui pertube quelque peu la lecture et le bon d&#xe9;roulement de la phrase.&lt;br /&gt;vers 49: C’est &#xe0; dire &#xab; Si elles acceptent d’&#xea;tre mont&#xe9;es par l’Emir, il les prot&#xe9;gera de ce qu’il a lui-m&#xea;me inflig&#xe9; comme choses terrifiantes aux autres animaux, et il leur laissera en tant que suzerain le cinqui&#xe8;me du butin pris &#xe0; l’ennemi. &#xbb;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Eloge finale du prince, vers 50 &#xe0; 59]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;50/ (2) &#xd4;&amp;nbsp; plus puissant de ceux qui s’en vont et de ceux qui reviennent!&lt;br /&gt;51/ Si tu le voulais tu chasserais le lion &#xe0; l’aide de renards, et si tu le voulais tu noierais tes ennemis dans de la vapeur.&lt;br /&gt;52/ Et si tu pla&#xe7;ais au lieu des courtes lances &#xe0; large fer des bienfaits tu tuerais avec ces bienfaits!&lt;br /&gt;53/ Il ne [lui] restait plus qu’&#xe0; chasser les d&#xe9;mones [qui hantent] les trois derni&#xe8;res nuits o&#xf9; le croissant de lune est cach&#xe9;,&lt;br /&gt;54/ sur les bosses des dromadaires qui peuvent se passer d’eau, tu as d&#xe9;j&#xe0; atteint les confins de [tes] esp&#xe9;rances.&lt;br /&gt;55/ Alors tu n’as laiss&#xe9; de celles-ci que ce qui, absurde, n’existe nul part et ne peut &#xea;tre atteint.&lt;br /&gt;56/ &#xd4; ‘Ad&#xfb;d-ad-Dawla! les hauts-faits sont de par ton lignage les ornements qui t’embellissent,&lt;br /&gt;57&amp;nbsp; par ton p&#xe8;re, et non gr&#xe2;ce &#xe0; des anneaux port&#xe9;s aux oreilles et aux chevilles, qui est un ornement &#xe0; son tour embelli par toi!&lt;br /&gt;58/ Et souvent il est plus beau de ne point porter du tout d’ornement plut&#xf4;t que d’en porter un laid ou trop pesant!&lt;br /&gt;59/ L’orgueil que tire un homme de ses propres actions passe avant celle qu’il tire de ses anc&#xea;tres.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 53: Nous avons traduit par: sorci&#xe8;res le terme &#xab; sa‘&#xe2;lin &#xbb;: femelle du ghoul qui hante les lieux d&#xe9;sertiques.Le terme &#xab; zulam &#xbb; d&#xe9;signe trois nuits sans clair de lune du mois lunaire&lt;br /&gt;vers 56: Le rapport des hauts-faits d’armes [ma‘&#xe2;lin] et du lignage [nasab] est un topos de la po&#xe9;sie mutanabienne, voir entre autres dans les Sh&#xe2;miyy&#xe2;t l’impromptu intitul&#xe9; &#xab; la g&#xe9;n&#xe9;alogie du po&#xe8;te &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 57: C’est &#xe0; dire &#xab; Tu tires ta gloire de ton p&#xe8;re qui &#xe9;tait lui-m&#xea;me un grand roi et non d’une quelconque alliance matrimoniale: les anneaux que l’on porte &#xe0; l’oreille [shanf], et que l’on porte aux chevilles [khalkh&#xe2;l] symbolisent ici la femme; et ton p&#xe8;re &#xe0; son tour s’enorgueillit de ta gloire, comme un bijou serait embelli par celui qui le porte.&amp;nbsp; &#xbb;&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 09 Mar 2009 14:03:17 GMT</pubDate></item><item><title>Al Mutanabbi 2</title><dc:creator>ivandemonbrison</dc:creator><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2009/03/09/12889763.html</link><guid isPermaLink="true">http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2009/03/09/12889763.html</guid><description> &lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Les K&#xe2;f&#xfb;riyy&#xe2;t&lt;br /&gt;[Po&#xe8;mes d&#xe9;di&#xe9;s &#xe0; K&#xe2;f&#xfb;r, r&#xe9;gent de la dynastie &#xe9;gyptienne Ikhshidite .]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Eloge &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de Blach&#xe8;re n&#xb0;136&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 631.&lt;br /&gt;24 vers, rime hamza, m&#xe8;tre khaf&#xee;f.&lt;br /&gt;Ode d&#xe9;di&#xe9;e &#xe0; K&#xe2;f&#xfb;r, compos&#xe9;e &#xe0; l’occasion de l’inauguration du nouveau palais du r&#xe9;gent, en septembre 957 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Louange li&#xe9;e &#xe0; la construction du palais, vers 1 &#xe0; 6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Certes nous f&#xe9;licitons nos semblables et ceux qui &#xe9;loign&#xe9;s se sont rapproch&#xe9;s.&lt;br /&gt;2/ Je suis part de toi, ainsi il n’est pas n&#xe9;cessaire &#xe0; un membre de f&#xe9;liciter les autres membres [d’un m&#xea;me corps] pour leurs r&#xe9;ussites.&lt;br /&gt;3/ Les demeures [me] semblent trop insignifiantes pour toi quand bien m&#xea;me les briques de cette b&#xe2;tisse seraient des &#xe9;toiles,&lt;br /&gt;4/ et quand bien m&#xea;me elle serait faite de l’argent &#xe9;tincelant que l’on trouve dans l’eau qui murmure.&lt;br /&gt;5/ Tu es en un lieu trop &#xe9;lev&#xe9; pour &#xea;tre congratul&#xe9; pour quelque [autre] lieu qui soit sur terre ou dans les cieux.&lt;br /&gt;6/ A toi sont les hommes et les pays et tout ce qui circule entre ciel verd&#xe2;tre et terre poussi&#xe9;reuse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;br /&gt;vers 1: Il veut dire par l&#xe0;: &#xab; Je suis venu &#xe0; toi expr&#xe8;s de loin pour te louer, car je t’ai reconnu comme digne de mes louanges et en cela mon semblable. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 2: Nous traduisons par r&#xe9;ussites, le terme &#xab; masarr&#xe2;t &#xbb;: joies, bonheurs; le po&#xe8;te fait allusion ici &#xe0; la construction du palais inaugur&#xe9;. &lt;br /&gt;vers 3: C’est &#xe0; dire &#xab; Quand bien m&#xea;me&lt;br /&gt;vers 6: Pour ciel et terre, le po&#xe8;te utilise les &#xe9;latifs de couleurs f&#xe9;minins: &#xab; alkhadra’ &#xbb;: ce qui est le plus vert; et&amp;nbsp; &#xab; alghabra’ &#xbb;: ce qui est le plus gris (la poussi&#xe8;re) et par extension cet &#xe9;latif d&#xe9;signe &#xe9;galement le tombeau, le s&#xe9;pulcre.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Eloge du prince, vers 7 &#xe0; 11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Tes jardins sont les coursiers qui portent de solides lances brunes.&lt;br /&gt;8/ Et le noble Ab&#xfb; -l-Misk s’enorgueillit uniquement de ce qu’il &#xe9;difie d’immense,&lt;br /&gt;9/ et du temps, r&#xe9;volu pour lui, o&#xf9; il n’avait d’autre demeure que le champ de bataille,&lt;br /&gt;10/ et des marques qu’ont laiss&#xe9;es ses lames &#xe9;tincelantes dans les cr&#xe2;nes des ennemis,&lt;br /&gt;11/ et le parfum de musc dont il porte le surnom [et qui l’embaume] ne provient pas du musc mais du parfum de la louange,&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 7: Vers de transition entre les deux parties, les lances font allusion aux tiges de roseaux dont elles &#xe9;taient faites.&lt;br /&gt;vers 8: Ab&#xfb;-l-Misk, autre surnom de K&#xe2;f&#xfb;r, textuellement &#xab; le p&#xe8;re du musc &#xbb;, en r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; la couleur de la peau du r&#xe9;gent.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Eloge de la demeure, vers 12 &#xe0; 14]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12/ et non pas de ce que b&#xe2;tissent [comme demeure pour toi] les habitants de la vall&#xe9;e du Nil, et de ce qui pla&#xee;t aux coeurs des femmes.&lt;br /&gt;13/ Elles font halte [en celle-ci] puisque tu as fait halte en leurs coeurs, et c’est une demeure qui est la plus belle par l’&#xe9;clat et la splendeur [&#xe0; cause de ta pr&#xe9;sence].&lt;br /&gt;14/ Elle se trouve dans un lieu plant&#xe9; de fleurs odorantes et parmi lesquelles poussent les hauts faits et les faveurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;br /&gt;vers 12: Nous avons choisi, dans ce contexte, de traduire par: vall&#xe9;e du Nil le terme g&#xe9;n&#xe9;rique par ailleurs&#xab; r&#xee;f &#xbb;: pays cultiv&#xe9; et fertile situ&#xe9; sur le bord d’un fleuve .Le terme &#xab; haw&#xe2;d&#xee;r &#xbb;: s&#xe9;dentaires, est &#xe0; comprendre en opposition avec les nomades, dans la terminologie habituelle d’un po&#xe8;te d’al Mutanabb&#xee; les premiers auraient tendance &#xe0; &#xea;tre consid&#xe9;r&#xe9;s comme inf&#xe9;rieurs aux seconds.&lt;br /&gt;vers 14: Premi&#xe8;re invitation sugg&#xe9;r&#xe9;e au chantre &#xe0; son m&#xe9;c&#xe8;ne pour que ce dernier le r&#xe9;compense pour ses efforts.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Allusions au physique de K&#xe2;f&#xfb;r, vers 15 &#xe0; 19]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;15/ Tu &#xe9;clipses d’un soleil brillant et noir le soleil chaque fois qu’il se l&#xe8;ve;&lt;br /&gt;16/ ainsi, la majest&#xe9; [du corps] qui se trouve dans ton v&#xea;tement jette un &#xe9;clat qui rend tout autre lumi&#xe8;re insignifiante.&lt;br /&gt;17/ Car la peau n’est qu’un v&#xea;tement, et la blancheur de l’&#xe2;me est pr&#xe9;f&#xe9;rable &#xe0; celle de la robe.&lt;br /&gt;18/ Tu es g&#xe9;n&#xe9;reux dans la vaillance, intense par l’&#xe9;clat, puissant dans la fid&#xe9;lit&#xe9; [&#xe0; tes engagements].&lt;br /&gt;19/ Qui permettra aux rois blancs de changer leur couleur pour la couleur et le teint de l’ust&#xe2;dh?&lt;br /&gt;20/ Alors [ayant pris ta couleur noire] les guerriers verront ces rois&amp;nbsp; comme ils te voient au matin de la bataille.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 15: Blach&#xe8;re remarque que &#xab; sachant combien sont p&#xe9;nibles &#xe0; K&#xe2;fo&#xfb;r les allusions &#xe0; sa couleur, il prend un malin plaisir &#xe0; les multiplier.&amp;nbsp; &#xbb;&lt;br /&gt;vers 16: La remarque de Blach&#xe8;re (voir vers pr&#xe9;c&#xe9;dent) prend tout son sens, quand, effectivement, en regard de l’allusion que fait dans ce vers le po&#xe8;te au physique du personnage on juxtapose la description qu’en fait Bad&#xee;‘&#xee;: &#xab; K&#xe2;f&#xfb;r &#xe9;tait un esclave eunuque, &#xe0; la l&#xe8;vre inf&#xe9;rieure perc&#xe9;e, ventru, aux jambes laides et au corps pesant, en tout point semblable &#xe0; une femme esclave [ama]. &#xbb; .Cette lecture nous permet de comprendre pourquoi c’est avec K&#xe2;f&#xfb;r que al Mutanabb&#xee; s’initiera &#xe0; la satire, il est clair qu’&#xe0; ses yeux louer un tel personnage ne pouvait &#xea;tre que d&#xe9;gradant.&lt;br /&gt;vers 17: L’expression sous-entendue ici par l’emploi du terme &#xab; ib&#xee;d&#xe2;d &#xbb; que nous traduisons par blancheur, est: &#xab; Abyadda wajhuhu &#xbb;: il recueillit de la consid&#xe9;ration, de la gloire, de l’honneur.&amp;nbsp; &#xbb; Al Mutanabb&#xee; se montre bien maladroit pour un pan&#xe9;gyriste fraichement arriv&#xe9; &#xe0; la cour de son nouveau m&#xe9;c&#xe8;ne, en rappelant ainsi la couleur de sa peau &#xe0; l’eunuque, signe aux yeux des arabes de l’&#xe9;poque de ses origines serviles.&lt;br /&gt;vers 18: L’&#xe9;num&#xe9;ration des qualit&#xe9; du r&#xe9;gent se fait par l’utilisation de noms verbaux qui renforcent le caract&#xe8;re sentencieux de la phrase. Ici encore, al Mutanabb&#xee; semble emprunt&#xe9; et mal &#xe0; l’aise pour louer ce ma&#xee;tre qui lui r&#xe9;pugne. L’allusion &#xe0; la fid&#xe9;lit&#xe9; &#xab; Waf&#xe2;’ &#xbb; de l’eunuque renvoie &#xe0; sa qualit&#xe9; de r&#xe9;gent, et de tuteur des deux jeunes enfants de l’Ikhsh&#xee;d, ainsi que potentiellement &#xe0; son r&#xf4;le de m&#xe9;c&#xe8;ne.&lt;br /&gt;vers 19: &#xab; al Ust&#xe2;dh &#xbb;: le ma&#xee;tre, titre de K&#xe2;f&#xfb;r, correspondant &#xe0; celui de r&#xe9;gent (cf note 1).C’est l&#xe0; le vers de transition vers l’&#xe9;loge finale.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; [Le po&#xe8;te interpelle le prince et lui rappelle ses efforts, vers 21 &#xe0; 24]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;21/ &#xd4; espoir des yeux sur toute la terre, j’&#xe9;tais sans espoir avant de t’avoir vu.&lt;br /&gt;22/ Les d&#xe9;serts ont d&#xe9;truit mes chevaux, provision, eau, avant que nous ne nous rencontrions. &lt;br /&gt;23/ Alors envoie-moi o&#xf9; tu veux! Car j’ai un coeur de lion et une forme humaine.&lt;br /&gt;24/ Mon coeur est de ceux des rois, bien que ma langue soit celle d’un po&#xe8;te.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 23-24: Allusion finale &#xe0; la promesse d’un poste que lui aurait fait le r&#xe9;gent pour l’amadouer, comme nous le rapporte Bad&#xee;‘&#xee;: &#xab; Ab&#xfb; Tayyeb [al Mutanabb&#xee;] demanda &#xe0; K&#xe2;f&#xfb;r qu’il le nomme gouverneur de Sa&#xef;da dans le Sh&#xe2;m [appellation englobant l’ensemble des pays du Levant] ou de quelque autre lieu en Haute-Egypte, K&#xe2;f&#xfb;r lui r&#xe9;pondit: &#xab; Te voil&#xe0; d&#xe9;muni, dans une mauvaise passe, sans secours, et tu te dis proph&#xe8;te, pr&#xe9;tends gouverner, rassembler des partisans,&lt;br /&gt;et ceci de quel droit? &#xbb; .Le dialogue final est probablement plus du cr&#xfb; de Bad&#xee;‘&#xee; que le reflet d’une v&#xe9;ritable r&#xe9;alit&#xe9; historique, mais il refl&#xe8;te sans doute bien l’&#xe9;tat d’esprit avec lequel K&#xe2;f&#xfb;r a recevoir accueillir les pr&#xe9;tentions du po&#xe8;te.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Appendice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En regard de toute cette partie du D&#xee;w&#xe2;n nous avons choisi de placer des po&#xe8;mes tir&#xe9;s uniquement du d&#xee;w&#xe2;n d’Ibn R&#xfb;m&#xee; , afin de tenter de mettre en parall&#xe8;le le rapport al Mutanabb&#xee;/K&#xe2;f&#xfb;r avec celui d’Ibn R&#xfb;m&#xee;/ al-Q&#xe2;sim&amp;nbsp; et ceci afin de mieux saisir les contrastes de ces deux personnalit&#xe9;s.Le po&#xe8;me qui suit est une &#xe9;loge &#xe0; Q&#xe2;sim&amp;nbsp; teint&#xe9;s d’une certaine auto-d&#xe9;rision non d&#xe9;nu&#xe9;e d’humour , o&#xf9;, &#xe0; l’inverse d’al Mutanabb&#xee; qui d&#xe9;crit le physique (r&#xe9;put&#xe9; pour sa laideur ) de son m&#xe9;c&#xe8;ne, Ibn R&#xfb;m&#xee; se sert de la laideur de son propre visage&amp;nbsp; pour b&#xe2;tir l’&#xe9;loge de Q&#xe2;sim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Allah a compens&#xe9; la laideur de mon visage en me rendant heureux, comme il m’avait d’abord afflig&#xe9; de celui-ci, et Dieu est certes puissant!&lt;br /&gt;2/ J’effraye les gens gr&#xe2;ce &#xe0; lui alors ils me payent tribut comme si j’&#xe9;tais pour eux une sorte de prince en cela.&lt;br /&gt;3/ Un seigneur et vizir, fils de seigneur et vizir, lui-m&#xea;me se sacrifie &#xe0; cause de la laideur de mon visage.&lt;br /&gt;4/ Alors, que Q&#xe2;sim ne cesse pas de m’octroyer mes revenus car il n’est pas pour lui d’autre gardien que moi...&lt;br /&gt;5/ Je sais ce qui lui faut ex&#xe9;cuter et lui en est l’artisan, je refuse qu’il s’&#xe9;loigne et lui y r&#xe9;pugne.&lt;br /&gt;6/ Et dans quelle mesure pourrait-il le faire tandis que je me languis de ne pas voir son visage la nuit durant, m&#xea;me si elle est courte!&lt;br /&gt;7/ Il est une limite au temps qu’il m’accorde, et ce sont les obligations du pouvoir qui l’impose, alors il me laisse.&lt;br /&gt;8/ Ne prend&amp;nbsp; pas l’&#xe9;loignement pour coutume! Celui-ci a un terme, et il n’est pas convenable que tu me d&#xe9;laisses!&lt;br /&gt; 9/ Sinon je n’ai nul besoin de sa g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; pourtant sans laquelle certes je suis pauvre!&lt;br /&gt;10/ Est ce que la f&#xe9;licit&#xe9; peut devenir amour? Et est-ce qu’un jardin peut devenir une mare?&lt;br /&gt;11/ Toute abondance est insuffisante &#xe0; ses yeux, et tout ce qui est grand en dehors de lui est petit.&lt;br /&gt;12/&amp;nbsp; Je le cherche mais lui est inattentif, et moi, inexp&#xe9;riment&#xe9;, je ne parviens ni &#xe0; le rencontrer ni &#xe0; assister &#xe0; son conseil!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Ode d’apparat&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nouveau classement de Blach&#xe8;re: n&#xb0;142&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici page 660.&lt;br /&gt;47 vers, rime b&#xe2;, m&#xe8;tre taw&#xee;l.&lt;br /&gt;Ode d&#xe9;di&#xe9;e &#xe0; K&#xe2;f&#xfb;r, &#xe0; l’occasion de la f&#xea;te de la rupture du jeune, le 16 d&#xe9;cembre 958 .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [ Prologue courtois, vers 1 &#xe0; 7]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Je lutte avec ma passion pour toi [afin de ne plus t’aimer] mais celle-ci est la plus forte! Je m’&#xe9;tonne de cette s&#xe9;paration mais l’union me surprend encore plus!&lt;br /&gt;2/ Le destin ne se trompe-t-il pas [cette fois] en m’&#xe9;loignant de celui que je d&#xe9;teste et en me rapprochant de celui que j’aime?&lt;br /&gt;3/ Par Allah! Que la halte nocturne pendant mon voyage fut courte tandis que je laissais du c&#xf4;t&#xe9; de l’Orient Had&#xe2;l&#xe2; et Ghurrab!&lt;br /&gt;4/ Ce soir l&#xe0; celui qui m’avait fait bon accueil me traita durement, je trouvais donc plus juste de [le] fuir.&lt;br /&gt;5/ Et combien les t&#xe9;n&#xe8;bres de la nuit te furent favorables, et te firent comprendre que le Manich&#xe9;isme se trompait...&lt;br /&gt;6/ Elles t’ont gard&#xe9; d’&#xea;tre perdu par tes ennemis comme tu cheminais au milieu d’eux, et en elles ton aim&#xe9;e voil&#xe9;e et coquette a pu te rendre visite.&lt;br /&gt;7/ Je me prot&#xe8;ge du jour, amant las, guettant le moment o&#xf9; se l&#xe8;vera le Soleil.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 2 et suivants: Le po&#xe8;te m&#xe9;lange habilement le topos habituel du voyage nocturne vers la belle: &#xab; rah&#xee;l &#xbb;, avec l’&#xe9;vocation de son voyage de Syrie en Egypte, il est amusant de constater que l’hideux eunuque K&#xe2;f&#xfb;r est compar&#xe9; ici &#xe0; la belle d&#xe9;daigneuse qui hante habituellement les prologues des odes arabes!&lt;br /&gt;vers 3: Ghurrab est une montagne et Had&#xe2;l&#xe2; une ville de Syrie.Il nous d&#xe9;crit donc ici sa fuite vers l’Egypte.&lt;br /&gt;vers 4: Le po&#xe8;te fait ici mention de son ancien protecteur Sayf-ud-Dawla.C’est cet opportunisme qui valut au po&#xe8;te d’&#xea;tre souvent d&#xe9;cri&#xe9; par les critiques.&lt;br /&gt;vers 5: C’est &#xe0; dire &#xab; Te firent comprendre que le Manich&#xe9;isme se trompait en identifiant les t&#xe9;n&#xe8;bres au mal. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 6-7: Le po&#xe8;te s’amuse &#xe0; inverser dans ces deux vers l’habituel d&#xe9;roulement du prologue courtois, ici le jour, plut&#xf4;t que d’amener la d&#xe9;livrance, est d&#xe9;crit comme une menace pour le po&#xe8;te.Ces vers semblent presque &#xea;tre l’&#xe9;cho des difficult&#xe9;s qui n’ont cess&#xe9; d’&#xe9;mailler les relations entre le po&#xe8;te et K&#xe2;f&#xfb;r, puisque dans la logique du prologue, le jour nouveau pourrait &#xea;tre identifi&#xe9; &#xe0; ce dernier.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Description de la monture, vers 8 &#xe0; 11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8/ Et tournant mon regard vers les oreilles de mon cheval au front tach&#xe9; de blanc, j’y voyais comme un astre laiss&#xe9; entre ses deux yeux par la nuit.&lt;br /&gt;9/ Le cuir de son corps [muscl&#xe9;] allait s’&#xe9;tirant sur son ample poitrail [comme il s’avan&#xe7;ait].&lt;br /&gt;10/ Je fendais avec lui la nuit tr&#xe8;s sombre tirant [pour le diriger] sur ses r&#xea;nes alors il ruait, et je lui laissais parfois la bride l&#xe2;che pour qu’il puisse fol&#xe2;trer [&#xe0; sa guise],&lt;br /&gt;11/ je pouvais pister sur lui quelque b&#xea;te sauvage que je terrassais, et il restait toujours constant apr&#xe8;s comme avant la course.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 9: Textuellement: &#xab; Il avait un surplus de son corps dans son cuir... &#xbb;. Mani&#xe8;re pr&#xe9;cieuse de dire que son cheval &#xe9;tait puissant et cheminait rapidement.&lt;br /&gt;vers 10: C’est &#xe0; dire que le cheval ne montrait aucun signe de fatigue m&#xea;me apr&#xe8;s une longue chasse.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Apophtegmes et jactance, vers 12 &#xe0; 16 ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12/ Les [bons] destriers sont aussi rares qu’un ami [sinc&#xe8;re], qui n’est fr&#xe9;quent qu’ aux yeux de celui qui n’ en a pas l’exp&#xe9;rience [r&#xe9;elle];&lt;br /&gt;13/ si tu n’en as rien vu d’autre que la beaut&#xe9; de leurs robes et de leurs jarrets, alors leur [v&#xe9;ritable] beaut&#xe9; t’est inconnue.&lt;br /&gt;14/ Qu’Allah maudisse ce monde qui est une halte pour le cavalier, puisque tout homme aux vastes ambitions y souffre.&lt;br /&gt;15/ Si seulement j’avais su cela! Aurais-je r&#xe9;cit&#xe9; une seule ode sans me plaindre ni &#xe9;clater de reproches [contre le monde]?&lt;br /&gt;16/ un rien [de l’injustice] du monde d’ici-bas chasse mon inspiration , mais mon coeur, &#xf4; monde! est plein de ressources!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 12 et 13: D’apr&#xe8;s al W&#xe2;hid&#xee;, le po&#xe8;te fait allusion &#xe0; la beaut&#xe9; de leur course qui surpasserait encore celle de leurs robes et de leurs membres. Le po&#xe8;te veut dire par l&#xe0; qu’il ne faut pas se fier aux apparences,&amp;nbsp; et qu’on ne mesure l’amiti&#xe9; r&#xe9;lle qu’&#xe0; travers les &#xe9;preuves de la vie, de la m&#xea;me mani&#xe8;re qu’on ne mesure la valeur r&#xe9;elle d’un cheval qu’une fois qu’on l’a fait courir.&lt;br /&gt;vers 14-15: Vers r&#xe9;v&#xe9;lateurs de ce qui encore de nos jours est appr&#xe9;ci&#xe9; dans la po&#xe9;sie mutanabienne.&lt;br /&gt;vers 16: Vers de transition vers l’&#xe9;loge proprement dite.Nous avons traduit par: plein de ressources, le terme &#xab; qullabun &#xbb;: qui sait se retourner, habile en affaires.Nous avons traduit par: monde, l’expression &#xab; bint al qawm &#xbb;: fille du peuple; ainsi, selon al W&#xe2;hid&#xee; et al ‘Akbar&#xee;, il aurait &#xe9;t&#xe9; de coutume chez les anciens arabes d’apostropher en ces termes&amp;nbsp; une audience .&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Eloge de K&#xe2;f&#xfb;r, vers 17 &#xe0; 21]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;17/ Tels sont les vertues de K&#xe2;f&#xfb;r quand je me propose de le louer et si je ne m’y r&#xe9;sous pas dicte [les] moi afin que j’&#xe9;crive.&lt;br /&gt;18/ Quand l’homme laisse derri&#xe8;re lui son peuple et se rend chez K&#xe2;f&#xfb;r alors il ne se sent pas &#xe0; l’&#xe9;tranger.&lt;br /&gt;19/ C’est un h&#xe9;ros dont les actes sont pleins de jugement, de sagesse, de prodiges dans ses moments de satisfaction comme de col&#xe8;re.&lt;br /&gt;20/ Quand sa main frappe du sabre &#xe0; la guerre,&amp;nbsp; tu r&#xe9;alises que c’est le sabre qui se sert [du tranchant] de sa main pour frapper.&lt;br /&gt;21/ Ses dons se poursuivent par-del&#xe0; toute attente, comme persistent les eaux du nuage avant de s’&#xe9;couler.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 17: Nous avons traduit par respectivement: se proposer de, se r&#xe9;soudre &#xe0;; le terme &#xab; sh&#xe2;’a &#xbb;: vouloir.Le po&#xe8;te inverse ici les r&#xf4;les, pr&#xea;tant implicitement au monarque des qualit&#xe9;s de po&#xe8;te et se mettant lui m&#xea;me dans la position du scribe de ce dernier, ce type de flatterie se retrouve au vers 40 du thr&#xe8;ne d&#xe9;di&#xe9; &#xe0; la soeur d&#xe9;c&#xe9;d&#xe9;e de Sayf-ud-Dawla.Dans l’avant-dernier vers du thr&#xe8;ne d&#xe9;di&#xe9; &#xe0; &#xab; Ab&#xfb;-l-Hayja’ &#xbb; le po&#xe8;te garde sa place et fait du destin son transmetteur , se contentant d’inverser les deux notions pour obtenir la rime d&#xe9;sir&#xe9;e .&lt;br /&gt;vers 18: Le po&#xe8;te fait r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; lui-m&#xea;me.&lt;br /&gt;vers 21: Cette allusion &#xe0; la g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; du m&#xe9;c&#xe8;ne annonce le v&#xe9;ritable objet du po&#xe8;me qui n’est autre que la manifestation de l’impatience d’al Mutanabb&#xee; de voir ses services enfin r&#xe9;compens&#xe9;s &#xe0; hauteur de ses ambitions, par K&#xe2;f&#xfb;r.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Le po&#xe8;te r&#xe9;clame son d&#xfb;, vers 22 &#xe0; 28]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22/&amp;nbsp; Ab&#xfb;-l-Misk! Reste-t-il dans la coupe un reste [de vin] que je puisse obtenir? Car je chante depuis que vous buvez.&lt;br /&gt;23/ Tu r&#xe9;tribues &#xe0; la mesure [limit&#xe9;e] des mains de notre &#xe9;poque, mais moi je r&#xe9;clame d’&#xea;tre r&#xe9;compens&#xe9; &#xe0; la mesure de tes [seules] mains.&lt;br /&gt;24/ Tant que tu ne m’a pas confi&#xe9; de fief ou de gouvernement,&amp;nbsp; ta g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; m’habille et te divertir m’arrache[ de ce que tu me donnes].&lt;br /&gt;25/ Chacun face &#xe0; moi rit avec son ami en ce jour de f&#xea;te, tandis que je pleure et regrette qui j’aime. &lt;br /&gt;26/ Je soupire apr&#xe8;s les miens, et d&#xe9;sire les revoir, et o&#xf9; [le trouvera-t-il] celui qui d&#xe9;sire [retrouver] le fabuleux hippogriffe?&lt;br /&gt;27/ Et il me faut choisir entre Ab&#xfb;-l-Misk ou eux, tu es celui qui est le plus doux et le plus cher &#xe0; mon coeur.&lt;br /&gt;28/ Car tout homme qui fait le bien est aimable et tout lieu o&#xf9; pousse la gloire est bon.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 22: Le deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche [inni ughann&#xee; mundhu hinin tashrabu] peut &#xea;tre compris de deux mani&#xe8;res l&#xe9;g&#xe8;rement diff&#xe9;rentes, soit: &#xab; Je chante et vous &#xea;tes occup&#xe9; &#xe0; boire mes chansons sans rien me donner en retour &#xbb;, soit &#xab; Depuis que je chante vous vous &#xea;tes mis &#xe0; boire et moi je n’ai rien eu &#xe0; boire, et j’ai soif! &#xbb;&lt;br /&gt;vers 23: Vers qui annonce le suivant qui se trouve au centre de la supplique.Il veut dire exactement: &#xab; Tu surpasses tous tes contemporains (les autres rois), alors pourquoi me r&#xe9;compenser &#xe0; la fa&#xe7;on et dans les proportions dont sont r&#xe9;compens&#xe9;s en g&#xe9;n&#xe9;ral les po&#xe8;tes de cour, j’attends plus de ta grandeur! &#xbb;.Ce vers, et le suivant, sont cit&#xe9;s par Ibn Rash&#xee;q comme repr&#xe9;sentatifs du type d’admonestation que l’on peut trouver en po&#xe9;sie .&lt;br /&gt;vers 24: Jeu de mot sur les verbes: &#xab; n&#xe2;ta &#xbb; suspendre, accrocher, que nous traduisons par: confier, et &#xab; salaba &#xbb; arracher.C’est &#xe0; dire: &#xab; Je perds mon temps &#xe0; chanter tes louanges, et &#xe0; attendre ce poste que tu m’as promis, et tout ce que tu me donnes en retour de mes &#xe9;loges je le consomme sur le champ en demeurant &#xe0; ta cour... &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 2&#xac;6: Les deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche doit &#xea;tre compris dans le sens: &#xab;...et comment retrouver ceux que l’on aime et qui se trouvent en des lieux inaccessibles? &#xbb;. Nous traduisons par hippogriffe le terme &#xab; ‘anqa’&amp;nbsp; &amp;nbsp;&#xbb; &#xe9;latif f&#xe9;minin de &#xab; ’a‘niqa &#xbb;: qui a le cou long; terme qui d&#xe9;signe un oiseau fabuleux au corps de cheval et au cou de serpent... D’apr&#xe8;s un proverbe arabe quand une personne &#xe9;tait absente, on avait l’habitude de dire &#xab; Le ‘anqa’ fabuleux s’est envol&#xe9; avec lui. &#xbb; Il y a sans doute un trait d’esprit cach&#xe9; derri&#xe8;re cet h&#xe9;mistiche du po&#xe8;te car un autre proverbe arabe dit: &#xab; Le ‘anqa’ fabuleux a emport&#xe9; la g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; [il n’y en a plus sur terre].&amp;nbsp; &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 27-28: Pirouette, le po&#xe8;te ne veut pas trop indisposer par ses remarques son m&#xe9;c&#xe8;ne, et conclut donc en indiquant qu’il ne regrette rien, que son choix de retrouver K&#xe2;f&#xfb;r a &#xe9;t&#xe9; le bon etc...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Attaque contre courtisans et autres rivaux, vers 29 &#xe0; 33]&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;29/ Les envieux veulent de toi ce que Dieu, les pointes des lances brunes, et l’acier tranchant [des sabres], les emp&#xea;chent [d’obtenir],&lt;br /&gt;30/ ainsi s’ils essayaient [de causer ta perte] ils ne feraient pas de vieux os, et toi tu serais encore en vie quand leurs enfants auraient d&#xe9;j&#xe0; des cheveux blancs.&lt;br /&gt;31/ Quand ils sollicitent tes faveurs, ils sont combl&#xe9;s et bien guid&#xe9;s, et quand ils cherchent [&#xe0; imiter] la gr&#xe2;ce qui est tienne, ils se trouvent frustr&#xe9;s;&lt;br /&gt;32/ et s’il &#xe9;tait permis qu’ils embrassent ta grandeur tu la leur offrirais, mais elle est de ces choses qui ne peuvent &#xea;tre offertes. &lt;br /&gt;33/ Il est le plus tyrannique d’entre tous celui qui se met &#xe0; jalouser l’homme qui n’a cesse de jouir de sa f&#xe9;licit&#xe9;. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 30: L’&#xe9;dition de Y&#xe2;zij&#xee; a &#xab; mawt &#xbb; dans le deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche &#xe0; la place de &#xab; shayb &#xbb; .Notre traduction de ce vers difficile est bas&#xe9;e sur le commentaire qu’en fait W&#xe2;hid&#xee; et que reprend Y&#xe2;zij&#xee;. &lt;br /&gt;vers 33: Le po&#xe8;te se d&#xe9;fend d’&#xea;tre un ingrat ou du parti des envieux qu’il a d&#xe9;nonc&#xe9; auparavant.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Louange de la position de r&#xe9;gent de K&#xe2;f&#xfb;r, vers 34 &#xe0; 42]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;34/&amp;nbsp; Tu es celui qui a pris soin de ce pouvoir en l’allaitant, il n’avait ni p&#xe8;re ni m&#xe8;re en dehors de toi.&lt;br /&gt;35/ Tu &#xe9;tais pour elle &#xe0; l’instar du lion dans sa tani&#xe8;re pour son lionceau, et tu n’avais pour griffes que ton sabre de bon acier.&lt;br /&gt;36/ Tu en as repouss&#xe9; les lances avec courage, et tu as fui la honte dans la m&#xea;l&#xe9;e en allant &#xe0; la rencontre de la mort.&lt;br /&gt;37/ Elle d&#xe9;laisse souvent l’&#xe2;me qui ne la craint pas, et elle an&#xe9;antit celle qui a peur [d’elle].&lt;br /&gt;38/ Et tes adversaires n’&#xe9;taient pas sans force ni puissance mais celui qu’ils ont affront&#xe9; &#xe9;tait plus puissant et plus noble qu’eux.&lt;br /&gt;39/ Il les a repouss&#xe9; et l’&#xe9;clair des sabres &#xe9;tait comme attir&#xe9; par leurs casques [qu’il fracassait], et l’&#xe9;clair des casques n’&#xe9;tait annonciateur d’aucune pluie.&lt;br /&gt;40/ Tu d&#xe9;gaines des sabres qui enseignent &#xe0; tous les pr&#xe9;dicateurs comment appeler [&#xe0; la pri&#xe8;re], et pr&#xea;cher en chaire.&lt;br /&gt;41/ Le pr&#xe9;dicateur te fait libre des ascendances dont se r&#xe9;clament les gens, et les actes nobles aboutissent &#xe0; toi et tu descends d’eux.&lt;br /&gt;42/ Quelle tribu serait assez puissante pour te m&#xe9;riter? Ma‘add bin ‘Adn&#xe2;n est ta ran&#xe7;on, lui qui est purement arabe.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;br /&gt;vers 34: Evocation de la position de r&#xe9;gent du royaume de K&#xe2;f&#xfb;r, qui fut aussi le pr&#xe9;cepteur des enfants de l’Ikhsh&#xee;de, fondateur de cette &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re dynastie. (voir note 1)&lt;br /&gt;vers 35: Nous traduisons par: sabre de bon acier, le terme &#xab; hinduw&#xe2;n&#xee; &#xbb;: qui vient de l’Inde; pays r&#xe9;put&#xe9; pour la qualit&#xe9; de l’acier de ses lames.Cette &#xe9;vocation du lion n’est pas sans nous rappeler la description du Lion dans l’ode cyn&#xe9;g&#xe9;tique d&#xe9;di&#xe9;e &#xe0; Badr al-Kharsh&#xe2;n&#xee;.&lt;br /&gt;vers 39: Lieu commun de la po&#xe9;sie h&#xe9;ro&#xef;que de l’&#xe9;poque o&#xf9; la pluie &#xe9;tait un symbole &#xe0; la fois de bravoure et de g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; (voir Sayfiyy&#xe2;t, passim).&lt;br /&gt;vers 40: Nous traduisons par: chaire, le terme g&#xe9;n&#xe9;rique &#xab; ’&#xfb;d &#xbb;, suivant en cela le commentaire, entre autres, de Y&#xe2;zij&#xee; .Ce vers annonce le suivant et fait r&#xe9;f&#xe9;rence au sermon du vendredi &#xe0; la mosqu&#xe9;e, &#xe0; l’ouverture duquel le nom du Khalife devait &#xea;tre prononc&#xe9;; ce type de r&#xe9;f&#xe9;rence ce trouve &#xe9;galement au vers 14 de l’ode intitul&#xe9; &#xab; La d&#xe9;faite &#xbb; des Sayfiyy&#xe2;t..&lt;br /&gt;vers 41: Allusion &#xe0; la situation d’ancien esclave noir affranchi de K&#xe2;f&#xfb;r, qui ne pouvait justifier sa position par aucune filiation.&lt;br /&gt;vers 42: Ma‘add bin ‘Adn&#xe2;n est un anc&#xea;tre mythologique des arabes, on le surnomme &#xab; Ab&#xfb; l-’Arab &#xbb;: le p&#xe8;re des arabes .L’expression employ&#xe9;e ici renvoie donc &#xe0; l’id&#xe9;e que &#xab; les arabes t’ont pr&#xea;t&#xe9; all&#xe9;geance et te sont soumis! &#xbb;.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Conclusion, il se f&#xe9;licite de leur heureuse rencontre, vers 43 &#xe0; 47]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;43/ Et mon &#xe9;moi ne fut pas une surprise quand je t’ai vu [pour la premi&#xe8;re fois], car j’aspirais &#xe0; te voir et je n’en fus que plus &#xe9;mu!&lt;br /&gt;44/ Les rimes et mon ambition [de louer le meilleur d’entre tous] m’ont bl&#xe2;m&#xe9; &#xe0; cause de toi, comme si j’avais &#xe9;t&#xe9; criminel d’avoir fait toute autre &#xe9;loge avant la tienne.&lt;br /&gt;45/ Mais le chemin [venir pour te louer] a &#xe9;t&#xe9; long et je n’ai cess&#xe9; de chercher les mots justes que l’on me ravit.&lt;br /&gt;46/ Mon &#xe9;loge a &#xe9;t&#xe9; vers l’Orient jusqu’aux confins de l’Orient, puis elle a &#xe9;t&#xe9; vers l’Occident jusqu’aux confins de l’Occident.&lt;br /&gt;47/ Quand je parle nulle muraille &#xe9;lev&#xe9;e ni tente dress&#xe9;e ne lui sont inaccessible [&#xe0; mon &#xe9;loge].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 45: Le po&#xe8;te cherche &#xe0; s’excuser d’avoir tard&#xe9; de puis son arriv&#xe9;e &#xe0; Fost&#xe2;t &#xe0; louer K&#xe2;f&#xfb;r.L’habile cheville finale que nous traduisons par: &#xab; que l’on me ravit &#xbb; [yunhabu] renvoie &#xe0; la partie pr&#xe9;c&#xe9;dente concernant les envieux.&lt;br /&gt;vers 46: Vers bas&#xe9; en arabe sur la nuance entre le nom de lieu &#xab; maf‘il &#xbb;: l’endroit o&#xf9; se trouve la chose d&#xe9;sign&#xe9;e (les lieux o&#xf9; se trouvent Orient et Occident), et le substantif proprement dit de la chose d&#xe9;sign&#xe9;e.M&#xe9;tonymie du po&#xe8;te par l’&#xe9;loge qui se transforme elle-m&#xea;me en voyageur infatigable&lt;br /&gt;vers 47: Jactance finale du po&#xe8;te, la personnification de l’&#xe9;loge prend la forme d’un assaillant conqu&#xe9;rant.Ibn Rash&#xee;q critique ce vers, qu’il trouve d’un orgueil d&#xe9;mesur&#xe9;, en remarquant que le po&#xe8;te fait r&#xe9;f&#xe9;rence par les termes muraille [jid&#xe2;r] et tente: aux b&#xe9;douins et aux citadins (pour clamer l’universalit&#xe9; de sa gloire et de ses po&#xe8;mes) .&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [ De la &#xab; condition humaine &#xbb;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement Blach&#xe8;re: n&#xb0;146&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 671.&lt;br /&gt;10 vers, rime n&#xfb;n, m&#xe8;tre khaf&#xee;f.&lt;br /&gt;Po&#xe8;me compos&#xe9; aux alentours de 958 &#xe0; Fost&#xe2;t, ce po&#xe8;me traduit la frustration d’al Mutanabb&#xee;, impatient de recevoir l’&#xe9;ventuel poste de gouverneur que K&#xe2;f&#xfb;r lui aurait promis pour l’app&#xe2;ter &#xe0; sa cour . &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Les hommes avant nous ont connu le m&#xea;me destin, celui-ci leur a fait partager les m&#xea;mes pr&#xe9;occupations que les n&#xf4;tres;&lt;br /&gt;2/&amp;nbsp; Ils se sont d&#xe9;tourn&#xe9;s de lui tous suffoquants [d’angoisse] et seuls quelques uns d’entre eux ont connu la joie.&lt;br /&gt;3/ Souvent ses nuits font une bonne oeuvre mais [ensuite] elles assombrissent&amp;nbsp; ce bienfait.&lt;br /&gt;4/ Quant &#xe0; nous, le destin ne se satisfaisait pas de notre sort incertain, de tel fa&#xe7;on que l’a aid&#xe9; celui qu’il a aid&#xe9;.&lt;br /&gt;5/&amp;nbsp; Chaque fois que le temps fait pousser la tige d’une roseau, l’homme&lt;br /&gt;le coiffe d’un fer de lance.&lt;br /&gt;6/ Ce que recherchent les &#xe2;mes est plus insignifiant que le fait qu’elles s’entre-d&#xe9;chirent et s’an&#xe9;antissent mutuellement pour l’obtenir;&lt;br /&gt;7/&amp;nbsp; si ce n’est que le h&#xe9;ros choisit d’affronter la mort s&#xe9;v&#xe8;re, plut&#xf4;t que de subir l’avilissement [du couard].&lt;br /&gt;8/&amp;nbsp; Et si la vie devait demeurer [pour toujours] en chaque &#xea;tre vivant, alors nous consid&#xe9;rerions le brave comme le plus &#xe9;gar&#xe9; d’entre nous. &lt;br /&gt;9/ Et &#xe9;tant donn&#xe9; que la mort est in&#xe9;luctable, c’est une faiblesse que tu sois l&#xe2;che. &lt;br /&gt;10/ Tout ce qui reste &#xe0; faire nous para&#xee;t ardu, mais nous semble facile une fois accompli.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 3: L’image des nuits [lay&#xe2;lin] symbolisant le destin est &#xe9;galement utilis&#xe9; par le po&#xe8;te dans le prologue courtois de l’ode intitul&#xe9;e &#xab; la victoire &#xbb;. &lt;br /&gt;vers 4: Vers quelque peu obscur, de l’aveux m&#xea;me des diff&#xe9;rents commentateurs, quant au sujet effectif de l’action. ‘Akbar&#xee; va m&#xea;me jusqu’&#xe0; proposer une &#xe9;ventuelle faute dans la transmission du vers, proposant &#xab; tard&#xee; &#xbb; au lieu de &#xab; yard&#xee; &#xbb;, ce qui permettrait d’avoir comme sujet les &#xab; nuits &#xbb; du vers pr&#xe9;c&#xe9;dent.&lt;br /&gt;Le po&#xe8;te fait-il allusion ici &#xe0; ses errements de jeunesse comme nous sommes tent&#xe9;s de le lire, auquel cas le sujet de la phrase est bel et bien le destin du premier vers, ou bien Sayf-ud-Dawla, qu’il regrette, est-il le v&#xe9;ritable sujet du deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche?&lt;br /&gt;vers 5: &#xab; qan&#xe2; &#xbb;: roseau, dont les anciens arabes faisaient les f&#xfb;ts de leurs lances.&lt;br /&gt;vers 6: Blach&#xe8;re traduit ce vers (sans que nous comprenions pourquoi il rend le verbe &#xe0; la sixi&#xe8;me forme &#xab; tan&#xe2;f&#xe2; &#xbb; par: s’entraider) : &#xab; [Oui], ce que d&#xe9;sirent les hommes est trop mis&#xe9;rable pour qu’ils se battent et s’entraident [pour conqu&#xe9;rir]&amp;nbsp; &#xbb;. Dans le vers et le suivant al Mutanabb&#xee; reprend son th&#xe8;me de pr&#xe9;dilection o&#xf9; le sacrifice du h&#xe9;ros est montr&#xe9; par l’auteur comme &#xe9;tant en soi une vertue positive.&lt;br /&gt;vers 7: Blach&#xe8;re traduit ce vers par: &#xab; Mais l’homme accepte d’affronter la grima&#xe7;ante Mort, non de subir sa tyrannie&amp;nbsp; &#xbb;.La traduction d&#xe9;pend de la lecture que l’on fait du terme &#xab; haw&#xe2;n &#xbb;: avilissement, abaissement.Nous comprenons quand &#xe0; nous, en regard du vers pr&#xe9;c&#xe9;dent, et puisque le po&#xe8;te vient de nous dire que la cause de la guerre ne valait pas la peine que l’on se batte pour elle, qu’il poursuit l&#xe0; sa d&#xe9;monstration en disant:&#xab; et donc il ne faut ni que le h&#xe9;ros [fatan] ne meurt au combat, ni qu’il ne connaisse l’avilissement d’&#xea;tre l&#xe2;che (ou d’avoir accept&#xe9; d’&#xea;tre asservi) &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 7-8: Le po&#xe8;te veut dire par l&#xe0; que: &#xab; Comme la mort est le lot de tous et reste in&#xe9;luctable, le choix de celui qui meurt les armes &#xe0; la mains ne saurait &#xea;tre critiqu&#xe9;. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 10: Traduction bas&#xe9;e sur le commentaire de Y&#xe2;zij&#xee; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Appendice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons pens&#xe9; mettre en regard de cette ode, un impromptu d’Ibn R&#xfb;m&#xee; o&#xf9; il se d&#xe9;peint lui-m&#xea;me comme une terre, car elle cache ce qu’elle rec&#xe8;le, et qui contiendrait de l’eau soit bonne, soit empoisonn&#xe9;e, selon que ceux qui viennent le voir sont ses amis ou ses ennemis.Il est int&#xe9;ressant de remarquer qu’al Mutanabb&#xee; ne s’est que rarement trouv&#xe9; &#xe0; l’aise dans la satire, pour preuve et qu’il ne commence &#xe0; l’utiliser que dans les derni&#xe8;res ann&#xe9;es de sa vie, celle-ci est en effet quasiment absente des Sayfiyy&#xe2;t, ce qui est remarquable si l’on consid&#xe8;re le nombre d’ennemis qu’al Mutanabb&#xee; avait &#xe0; la cour du monarque hamad&#xe2;nide.Au contraire, comme ce court morceau le montre, une sorte de folie haineuse habite Ibn R&#xfb;m&#xee; (folie qui lui vaudra sa perte), ce qui explique pourquoi son nom reste attach&#xe9; aux &#xe9;pigrammes les plus mordants de l’histoire de la litt&#xe9;rature arabe.Mais, par del&#xe0; l’anecdote, une m&#xea;me inqui&#xe9;tude ressort chez Ibn R&#xfb;m&#xee;, un m&#xea;me pessimisme, qui nous semble &#xea;tre une des caract&#xe9;ristiques de cette p&#xe9;riode dite &#xab; n&#xe9;oclassique &#xbb;.&lt;br /&gt;Ce po&#xe8;me est en rajaz, m&#xe8;tre consid&#xe9;r&#xe9; comme inf&#xe9;rieur par les classicistes .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Mon reconnaissance est [toujours] pr&#xea;te ainsi que ma rancune, le bien et le mal demeurent [toujours] en moi.&lt;br /&gt;2/ Alors, prend garde! Quand tu me r&#xe9;compense, car je te rendrai la monnaie de ta pi&#xe8;ce, et plus encore! &lt;br /&gt;3/ [Je suis] comme la terre, car quoiqu’on lui confie elle restitue, et de notre gl&#xe8;be nous infectons [&#xe0; notre tour d’autres hommes].&lt;br /&gt;4/ Et ma nature n’est pas avare et si rien n’y pousse elle s&#xe9;cr&#xe8;te [son venin] .&lt;br /&gt;5/ Je conserve pour mes amis et mes ennemis ce qu’ils me confient comme haine et comme amour. &lt;br /&gt;6/ Qu’ils viennent &#xe0; moi [par hasard] en s’&#xe9;tant &#xe9;gar&#xe9;, ou d&#xe9;lib&#xe9;r&#xe9;ment, le meilleur puits de tous est celui du plateau d&#xe9;sertique. &lt;br /&gt;7/ J’y conserve, pour les jours o&#xf9; ils viendraient s’y abreuver, une eau saine [pour mes amis] et une eau souill&#xe9;e et visqueuse [pour mes ennemis]. &lt;br /&gt;8/ Alors que diront-ils apr&#xe8;s moi [une fois que je les aurais ridiculis&#xe9; par mes satires]?&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Contre K&#xe2;f&#xfb;r, &#xab; le corbeau&amp;nbsp; &#xbb;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de R&#xe9;gis Blach&#xe8;re: n&#xb0;153&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 689.&lt;br /&gt;10 vers, m&#xe8;tre w&#xe2;fir,rime m&#xee;m.&lt;br /&gt;Epigramme dirig&#xe9; contre le r&#xe9;gent K&#xe2;f&#xfb;r, compos&#xe9; &#xe0; Fost&#xe2;t au d&#xe9;but de l’ann&#xe9;e 960, deux ans avant sa fuite hors d’Egypte .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Plainte, vers 1 &#xe0; 4]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Y-a-t-il en ce monde un &#xea;tre noble apr&#xe8;s de qui les soucis quitteraient mon coeur?&lt;br /&gt;2/ Y-a-t-il en ce monde un lieu o&#xf9; un homme puisse &#xea;tre heureux parmi d’autres.&lt;br /&gt;3/ Les b&#xea;tes et les esclaves se ressemblent &#xe0; nos yeux, ainsi que les hommes de race noble ou les affranchis.&lt;br /&gt;4/ Je ne sais si cette maladie qui affecte les hommes est nouvelle ou ancienne?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 1: Al Mutanabb&#xee; pense d&#xe9;j&#xe0; sans doute au prince F&#xe2;tik qu’il pr&#xe9;f&#xe9;rait &#xe0; l’eunuque. &lt;br /&gt;vers 2: Al Mutanabb&#xee; &#xe9;tait d&#xe9;j&#xe0; plac&#xe9; sous surveillance &#xe0; Fost&#xe2;t .&lt;br /&gt;vers 3: Le terme que nous traduisons par: homme de race noble, est &#xab; &#xe7;am&#xee;m &#xbb;: de race pure, non m&#xe9;lang&#xe9;e .&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [L’&#xe9;pigramme, vers 5 &#xe0; 10]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;5/ J’ai trouv&#xe9; un esclave en terre d’Egypte, comme si le noble parmi eux &#xe9;tait un orphelin.&lt;br /&gt;6/&amp;nbsp; Et le noir du pays de L&#xe2;b &#xe9;tait parmi eux un corbeau entour&#xe9; de vautours et d’hiboux.&lt;br /&gt;7/ J’ai chant&#xe9; ses louanges et je me suis vu par jeu dire &#xe0; ce petit sot &#xab; &#xf4; mis&#xe9;ricordieux! &#xbb;&lt;br /&gt;8/ Et quand je l’ai raill&#xe9;, je me suis vu incapable de dire &#xe0; un chacal &#xab; &#xf4; vil! &#xbb;&lt;br /&gt;9/ M’excusera-t-on de l’avoir lou&#xe9; puis raill&#xe9;? Car c’&#xe9;tait pour moi comme pour un malade se d&#xe9;fendre contre la maladie.&lt;br /&gt;10/ Quand un &#xea;tre ignoble offense, et que je ne le bl&#xe2;me pas l’offenseur alors qui le bl&#xe2;mera [pour moi]? &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 5: Le verbe que nous traduisons par trouver &#xab; ha&#xe7;ala ‘al&#xe2; &#xbb;: peut aussi bien vouloir dire atteindre quelque chose, qu’en prendre possession.L’&#xe9;tat d’orphelin du noble est une allusion &#xe0; la situation de r&#xe9;gent de K&#xe2;f&#xfb;r, qui r&#xe9;gnait en lieu et nom des deux fils d’al Ikhsh&#xee;d, mort en 946; ce n’est qu’en 966 qu’il se d&#xe9;clarera publiquement seul ma&#xee;tre de l’Egypte .&lt;br /&gt;vers 6: L&#xe2;b, r&#xe9;gion de Nubie.&lt;br /&gt;vers 8: Aux yeux du po&#xe8;te, le chacal [Ibn &#xe2;wa] est un animal si vil que le railler semble chose ridicule tant il est, de par sa nature m&#xea;me, d&#xe9;j&#xe0; ignoble.&lt;br /&gt;vers 9: C’est &#xe0; dire:&#xab; C’&#xe9;tait une question de vie ou de mort &#xbb;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Contre K&#xe2;f&#xfb;r &#xab; le chien &#xbb;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de Blach&#xe8;re: n&#xb0;152&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici page 688.&lt;br /&gt;Rime m&#xee;m, 8 vers, m&#xe8;tre bas&#xee;t.&lt;br /&gt;Epigramme particuli&#xe8;rement violent dirig&#xe9; contre K&#xe2;f&#xfb;r probablement vers la m&#xea;me p&#xe9;riode que le pr&#xe9;c&#xe9;dent .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Par quels chemins le noble parviendra-t-il &#xe0; quelqu’un comme toi? o&#xf9; posera-t-il les ventouses? &#xd4; K&#xe2;f&#xfb;r! et o&#xf9; placera-t-il les ciseaux?&lt;br /&gt;2/ Les premiers ont permis que tes mains dirigent leur destin&#xe9;e, alors [seulement] ont-ils appris que c’&#xe9;tait un chien qui &#xe9;tait sur eux.&lt;br /&gt;3/ Rien n’est plus horrible pour un m&#xe2;le viril que d’&#xea;tre dirig&#xe9; par une esclave st&#xe9;rile.&lt;br /&gt;4/ Les hommes se trouvent des gouvernants issus de leurs rangs, alors comment se fait-il que les musulmans [soient dirig&#xe9;s] par le plus servile et vil [d’entre eux]?&lt;br /&gt;5/ Le but de la religion est-il que soient taill&#xe9;es vos moustaches? &#xd4; communaut&#xe9; dont les [autres] peuples rient de l’ignorance!&lt;br /&gt;6/&amp;nbsp; N’y aura-t-il pas un brave pour porter &#xe0; son cr&#xe2;ne [un coup] de sabre de bon acier? De sorte que cessent les doutes et les soup&#xe7;ons des gens [&#xe0; son sujet]... &lt;br /&gt;7/ Car il est un argument dont se sert pour blesser les coeurs celui dont la religion est [la croyance] en le destin, la n&#xe9;gation des attributs divins, et en l’&#xe9;ternit&#xe9; [du monde]&lt;br /&gt;8/ Allah n’a pu humilier sa cr&#xe9;ature [&#xe0; ce point] ni ajouter foi &#xe0; un peuple qui pr&#xe9;tendait [&#xea;tre dirig&#xe9; par un esclave].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 3: Ce vers censur&#xe9;, car scabreux, manque &#xe0; l’&#xe9;dition de Y&#xe2;zij&#xee;.Il y a un jeu de mot sur le terme &#xab; fahl&amp;nbsp; &#xbb;, textuellement: un &#xe9;talon, un m&#xe2;le, mais aussi un po&#xe8;te hors pair, et surtout un po&#xe8;te satirique .Nous traduisons par: st&#xe9;rile, la locution: &#xab; laysat laha rahim &#xbb;: qui n’a pas d’ut&#xe9;rus, et par: viril, le terme &#xab; dhakar &#xbb;, textuellement: m&#xe2;le, mais aussi sabre d’acier tr&#xe8;s dur.En fait le vers peut, et doit, dans l’intention du po&#xe8;te, &#xea;tre lu &#xe9;galement de deux autres mani&#xe8;res soit: &#xab; Rien n’est plus horrible &#xe0; un m&#xe2;le dot&#xe9; d’un p&#xe9;nis, que d’&#xea;tre dirig&#xe9; par une esclave sans vagin [donc qui ne peut lui servir d’objet sexuel] &#xbb;; soit: &#xab; Rien n’est plus horrible &#xe0; un excellent po&#xe8;te dot&#xe9; d’un p&#xe9;nis, que d’avoir &#xe0; faire l’&#xe9;loge d’une esclave sans vagin [donc dont il ne tire nulle jouissance] &#xbb;.&lt;br /&gt;Bad&#xee;‘&#xee; s’est sans doute servi de ce vers pour la description qu’il fait de l’eunuque dans son ouvrage, quand il le compare lui-aussi &#xe0; une esclave[ama] .&lt;br /&gt;vers 4: Notre traduction de ce vers quelque peu elliptique en arabe est bas&#xe9;e sur le commentaire qu’en fait al ‘Akbar&#xee; .&lt;br /&gt;vers 6: Comme l’ont remarqu&#xe9; al W&#xe2;hid&#xee;&amp;nbsp; et Blach&#xe8;re , et vue le succ&#xe8;s que pouvaient avoir ce genre de satire dans le monde m&#xe9;di&#xe9;val musulman , il s’agit ni plus ni moins l&#xe0; qu’un appel au meurtre!&lt;br /&gt;vers 6-7: Le po&#xe8;te fait r&#xe9;f&#xe9;rence aux ath&#xe9;es, car selon lui l’existence m&#xea;me de K&#xe2;f&#xfb;r seraient un argument en leur faveur.Le &#xab; dahriyyun &#xbb; nie ainsi la possibilit&#xe9; du jugement dernier, et donc que le monde d’ici-bas le &#xab; dahr &#xbb;, d’o&#xf9; d&#xe9;rive le nom de cette croyance &#xab; dahriyya &#xbb;, est &#xe9;ternel .&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Appendice&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Satire de Q&#xe2;sim par Ibn R&#xfb;m&#xee;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous reproduisons en appendice des deux &#xe9;pigrammes d’al Mutanabb&#xee; une satire que Ibn R&#xfb;m&#xee; a dirig&#xe9; apr&#xe8;s avoir &#xe9;t&#xe9; son chantre contre son ancien protecteur l’&#xe9;mir Q&#xe2;sim, cette pi&#xe8;ce et d’autres auraient selon certains historiens provoqu&#xe9;s l’empoisonnement du po&#xe8;te par ce dernier , plusieurs th&#xe8;mes d&#xe9;velopp&#xe9;s par le al Mutanabb&#xee; se retrouvent chez son pr&#xe9;d&#xe9;cesseur.&lt;br /&gt;Rime l&#xe2;m, 28 vers, m&#xe8;tre (proche du) bas&#xee;t. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ &#xd4; ma&#xee;tre! d’apr&#xe8;s qui chaque cause entra&#xee;ne irr&#xe9;m&#xe9;diablement une cons&#xe9;quence.&lt;br /&gt;2/ Un homme tel que ‘Amr a-t-il pu humilier un homme tel que moi impun&#xe9;ment?&lt;br /&gt;3/ Un homme tel que ‘Amr a-t-il pu m&#xe9;priser d&#xe9;lib&#xe9;r&#xe9;ment un homme comme moi sans que les sabres soient d&#xe9;gain&#xe9;s?&lt;br /&gt;4/ Cela ne se voit-il pas qu’il m’exasp&#xe8;re comme le sabre qui voltige cause la destruction?&lt;br /&gt;5/ &#xd4; ‘Amr! Endeuill&#xe9;e ta m&#xe8;re &#xe9;plor&#xe9;e a vers&#xe9; pour toi des torrents de larmes.&lt;br /&gt;6/ Il y a, &#xf4; ‘Amr, quelque chose d’allong&#xe9; dans ton visage, un peu comme sont allong&#xe9;s les museaux des chiens.&lt;br /&gt;7/ Et dis moi! &#xd4; chien! O&#xf9; est ton repentir? le chien ne parle pas...&lt;br /&gt;8/ Le chien &#xe0; pour habitude d’&#xea;tre tyrannique, il a aussi pour habitude de trahir.&lt;br /&gt;9/ En toi tous les d&#xe9;fauts du chien se trouvent r&#xe9;unis, et eux les perdent et pas toi!&lt;br /&gt;10/ Le chien a des qualit&#xe9;s qu’Allah et les proph&#xe8;tes t’ont refus&#xe9;.&lt;br /&gt;11/&amp;nbsp; Le chien est repoussant,&amp;nbsp; aboie, a pour lot d’&#xea;tre soumis [&#xe0; l’homme] et inactif.&lt;br /&gt;12/ Le chien est fid&#xe8;le et tu portes en toi la perfidie et [en plus] tu es aussi ignoble que lui.&lt;br /&gt;13/ Il prot&#xe8;ge des b&#xea;tes [sauvages], et toi tu ne prot&#xe8;ges ni n’attaques [car tu es l&#xe2;che].&lt;br /&gt;13/ Tu fais parti des gens mauvais, et leur histoire est une longue histoire.&lt;br /&gt;15/ Leurs visages d&#xe9;rangent les &#xea;tres humains [war&#xe2;] et leurs nuques sont comme des tambours.&lt;br /&gt;16/ Qu’Allah nous garde d’agir comme agit le sot ignorant.&lt;br /&gt;17/ Et te questionner est comme questionner un campement en ruines...&lt;br /&gt;18/ Comme lui tu es sourd et muet, tu n’harangues, ni n’&#xe9;cris, ni n’envoie de message!&lt;br /&gt;19/&amp;nbsp; Si tu avais le droit d’&#xea;tre invit&#xe9; parmi les repentants, alors se trouverait un goule au milieu des invit&#xe9;s des rois.&lt;br /&gt;20/ Un long visage dont la bouche coule est mieux qu’un sexe de femme pour uriner.&lt;br /&gt;21/ Au contraire tu tiens du tube et du long museau comme cela arrive toujours aux b&#xe2;tards.&lt;br /&gt;22-23/ Si les repentants avaient tous une bouche comme la tienne, alors ils s&#xe8;meraient l’effroi chez les hommes cens&#xe9;s rien qu’en ouvrant, comme des gueules, leurs longs museaux; &lt;br /&gt;24/ et ainsi ces messieurs les repentants ne seraient que des caniveaux et des &#xe9;l&#xe9;phants!&lt;br /&gt;25/&amp;nbsp; Certes qu’un souverain te voit un beau jour, alors &#xf4; combien il lui faudra &#xea;tre constant pour te supporter!&lt;br /&gt;26/ Je n’&#xe9;prouve nul ennui &#xe0; te supporter car mon lot est de supporter les rois!&lt;br /&gt;27/ mustaf‘&#xee;l f&#xe2;‘ilun fa’&#xfb;l mustaf‘&#xee;l f&#xe2;‘ilun fa‘&#xfb;l&lt;br /&gt;28/ Voil&#xe0; un vers d&#xe9;nu&#xe9; de sens comme tu es d&#xe9;pourvu de qualit&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 1: Le po&#xe8;te s’adresse, en &#xe9;voquant la loi des causes et des cons&#xe9;quences [al U&#xe7;&#xfb;l wa al Fur&#xfb;‘] th&#xe9;orie adopt&#xe9;e par les Mu‘tazilites , &#xe0; un interlocuteur qui nous est inconnu, et qu’il appelle ma&#xee;tre, il s’agit donc probablement d’un des ma&#xee;tres du Mu‘tazilisme dont le po&#xe8;te fut un adepte (cf notice biographique).&lt;br /&gt;vers 2: ‘Amr, pr&#xe9;nom de Q&#xe2;sim bin ‘Ubayd-Allah.Le po&#xe8;te se sert de ce vers et du suivant comme pr&#xe9;textes pour illustrer la th&#xe9;orie tout juste &#xe9;nonc&#xe9;e dans le vers 1.&lt;br /&gt;vers 4-5: Le po&#xe8;te se compare m&#xe9;taphoriquement lui-m&#xea;me &#xe0; un sabre exasp&#xe9;r&#xe9; pr&#xea;t &#xe0; frapper, et dans le vers suivant expose d&#xe9;j&#xe0; l’image de la&amp;nbsp; m&#xe8;re endeuill&#xe9;e de sa future victime.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;vers&amp;nbsp; 6: M&#xe9;taphore c&#xe9;l&#xe8;bre d’Ibn R&#xfb;m&#xee;: &#xab; wahjuka y&#xe2; ‘amr&#xfb; fihi t&#xfb;l... &#xbb;.La ressemblance physique, r&#xe9;elle ou imaginaire avec un animal est mise &#xe0; contribution, ainsi lui-aussi au sixi&#xe8;me vers de sa premi&#xe8;re satire al Mutanabb&#xee; compare de la m&#xea;me mani&#xe8;re K&#xe2;f&#xfb;r &#xe0; un corbeau.&lt;br /&gt;vers 7: Nous avons traduit par: repentir, le terme polys&#xe9;mique &#xab; Hay&#xe2;’ &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 8: Ce vers contredit en apparence le vers 11, cependant il semble que le po&#xe8;te utilise en r&#xe9;alit&#xe9; dans ce vers-ci le terme de chien [kalb] pour interpeller Q&#xe2;sim, plus que pour faire ressortir une caract&#xe9;ristique reconnue &#xe0; l’esp&#xe8;ce animale d&#xe9;sign&#xe9;e.C’est &#xe0; la lumi&#xe8;re de ce que pouvaient &#xea;tre de tels griefs envers ce dernier que nous avons choisi de traduire &#xab; ta‘addin &#xbb; (textuellement: qui outrepasse, qui empi&#xe8;te, donc, qui opprime),&amp;nbsp; par tyrannique.&lt;br /&gt;vers 10-12: C’est &#xe0; dire &#xab;.... Car tu n’es m&#xea;me pas un vrai chien, et donc tu n’en as ni les avantages ni les qualit&#xe9;s. &#xbb; &lt;br /&gt;vers 13: L’affiliation du personnage vis&#xe9; &#xe0; une confr&#xe9;rie mal&#xe9;fique et iconoclaste se retrouve aux vers 7 de l’&#xe9;pigramme d’al Mutanabb&#xee;.&lt;br /&gt;vers 14: S’ensuit comme chez al Mutanabb&#xee; d’une prise de Dieu &#xe0; t&#xe9;moin.&lt;br /&gt;vers 17-18: R&#xe9;f&#xe9;rence comique au lieu commun du campement en ruines des prologues courtois, au milieu duquel le po&#xe8;te fou d’amour est cens&#xe9; chercher des traces de sa bien-aim&#xe9;e!&lt;br /&gt;vers 17: Nous n’avons pas suivi pour ce vers le texte de la version que nous avons consult&#xe9; du D&#xee;w&#xe2;n, qui propose en d&#xe9;but de vers &#xab; &#xe7;amtun wa ‘&#xee;bun &#xbb; mais l’extrait publi&#xe9; dans &#xab; Udaba’ al‘arab &#xbb; d’al Boustany, qui concorde avec ce que reproduit &#xe9;galement Eliyy&#xe2; alH&#xe2;w&#xee; dans son &#xab; Ibn R&#xfb;m&#xee; &#xbb; qui proposent: &#xab; &#xe7;ammat wa ‘ayyat &#xbb; .&lt;br /&gt;vers 19: Jeu de mot sur le terme &#xab; nad&#xe2;m&#xe2; &#xbb;, pluriel &#xe0; la fois de &#xab; n&#xe2;dim &#xbb;: repentant, et de &#xab; nadm&#xe2;n &#xbb;: invit&#xe9;, commensal.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;vers 22-24: Nous avons regroup&#xe9; les vers 22 et 23 dans la traduction tant ils &#xe9;taient imbriqu&#xe9;s l’un dans l’autre, et ne pouvaient se rendre clairement en Fran&#xe7;ais une fois s&#xe9;par&#xe9;s.Il s’agit ici d’une sorte de d&#xe9;lire fantasmatique du po&#xe8;te (vers probablement du genre de ceux qui ont fait planer des doutes sur l’&#xe9;tat de sa sant&#xe9; mentale), o&#xf9; le po&#xe8;te oublie presque son propos initiale pour d&#xe9;peindre le tableau effrayant, quasi-satanique, qu’il nous propose.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 09 Mar 2009 14:00:27 GMT</pubDate></item><item><title>Al MutanabbI 1</title><dc:creator>ivandemonbrison</dc:creator><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2009/03/09/12889709.html</link><guid isPermaLink="true">http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2009/03/09/12889709.html</guid><description>&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Avant-propos&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Notre traduction suivant un ordre chronologique nous avons opt&#xe9; de nous r&#xe9;f&#xe9;rer au reclassement du d&#xee;w&#xe2;n que proposait R&#xe9;gis Blach&#xe8;re, en marge de sa th&#xe8;se, dans l’appendice &#xe0; son article La vie et l’oeuvre d’Ab&#xfb;-T-Tayyib al-Mutanabb&#xee;, publi&#xe9; &#xe0; l’occasion du mill&#xe9;naire du po&#xe8;te .&lt;br /&gt;Quand &#xe0; la subdivision du d&#xee;w&#xe2;ns en diff&#xe9;rentes parties, nous suivrons peu ou prou celle adopt&#xe9;e par les savants m&#xe9;di&#xe9;vaux arabes, et particuli&#xe8;rement Al W&#xe2;hid&#xee;, dans sa c&#xe9;l&#xe8;bre recension, qui sera notre r&#xe9;f&#xe9;rence principale, du d&#xee;w&#xe2;n d’al Mutanabb&#xee;.Al W&#xe2;hid&#xee;&amp;nbsp; divise classe le corpus cinq&amp;nbsp; parties de longueurs et qualit&#xe9;s fortes in&#xe9;gales.Tout d’abord le corpus des &#xab; Sh&#xe2;miyy&#xe2;t &#xbb;, englobe &#xe0; la fois les po&#xe8;mes &#xe9;crits en Iraq au d&#xe9;but de la carri&#xe8;re du po&#xe8;te, et les po&#xe8;mes &#xe9;crits en Syrie et en Palestine avant sa rencontre avec Sayf-ud-Dawla, elle est la plus &#xe9;tendue du D&#xee;w&#xe2;n puisqu’elle occupe environ un tiers de celui-ci [cette partie est subdivis&#xe9;e en deux sous-parties dans la recension attribu&#xe9;e &#xe0; al Ma‘arr&#xee;]; les &#xab; Sayfiyy&#xe2;t &#xbb;, po&#xe8;mes &#xe9;crits en l’honneur de Sayf-ud-Dawla et nomm&#xe9;s d’apr&#xe8;s lui, corpus qui correspond &#xe0; la maturit&#xe9; po&#xe9;tique de l’artiste; les &#xab;Mi&#xe7;riyy&#xe2;t et Kaf&#xfb;riyy&#xe2;t &#xbb;, &#xe9;crits durant son s&#xe9;jour aupr&#xe8;s de Kaf&#xfb;r en Egypte (mi&#xe7;r en arabe); les ‘Am&#xee;diyy&#xe2;t, du nom d’un &#xe9;mir Iranien, et qui est la partie la plus courte du d&#xee;w&#xe2;n(elle n’y occupe que vingt pages sur pr&#xe8;s de neuf cent).Et enfin les &#xab;‘Adud&#xee;yy&#xe2;t &#xbb;, po&#xe8;mes d&#xe9;di&#xe9;s &#xe0; ‘Adud-ud-Dawla, autre &#xe9;mir b&#xfb;yyide Iranien qui fut son dernier m&#xe9;c&#xe8;ne.&lt;br /&gt;Ce classement, qui a partir des &#xab; Sayfiyy&#xe2;t &#xbb; se r&#xe9;f&#xe8;re &#xe0; diff&#xe9;rents m&#xe9;c&#xe8;nes offre l’avantage de rendre une vue synth&#xe9;tique de l’oeuvre, mais n&#xe9;glige tout caract&#xe9;risation th&#xe9;matique ou psychologique de ce dernier.Ainsi, par exemple, une des pi&#xe8;ces les plus originale du D&#xee;w&#xe2;n, la satire contre le b&#xe9;douin &#xab; Dabba &#xbb;&amp;nbsp; est class&#xe9;e &#xe0; la fin des &#xab; K&#xe2;f&#xfb;riyy&#xe2;t &#xbb; avec laquelle elle n’a pourtant aucun rapport puisqu’elle fut compos&#xe9;e lors du dernier s&#xe9;jour du po&#xe8;te &#xe0; K&#xfb;fa .Pourtant chacune de ces parties refl&#xe8;te malgr&#xe9; tout un certain &#xab; genre &#xbb;, auquel s’attache plus particuli&#xe8;rement &#xe0; un moment donn&#xe9; l’artiste.Il en est ainsi du courant d’inspiration lyrico-gnomique qui traverse sa po&#xe9;sie, et que l’on trouve particuli&#xe8;rement repr&#xe9;sent&#xe9; dans les morceaux repr&#xe9;sentatifs de cette fausse proph&#xe9;tie, mais vraie r&#xe9;volte, d’o&#xf9; le po&#xe8;te tire le sobriquet dont on l’a par la suite affubl&#xe9;; par contre il appara&#xee;t clairement que les diff&#xe9;rentes exp&#xe9;ditions militaires auxquelles le po&#xe8;te a particip&#xe9; aupr&#xe8;s du prince Sayf-ud-Dawla, ont pouss&#xe9; al Mutanabb&#xee; &#xe0; d&#xe9;velopper un genre &#xe9;pique qui se traduit par les descriptions de campagnes dont son &#xe9;maill&#xe9;es les &#xab; Sayfiyy&#xe2;t &#xbb;; enfin, un genre peu repr&#xe9;sent&#xe9; auparavant appara&#xee;t &#xe0; l’occasion des &#xab; K&#xe2;f&#xfb;riyy&#xe2;t &#xbb;, il s’agit de la satire [hija’], et&lt;br /&gt;Les po&#xe8;mes d’autres po&#xe8;tes mis en regard de ceux d’al Mutanabb&#xee; ne visent pas &#xe0; rendre une vue exhaustive des influences qu’a subi celui-ci, puisque nous avons choisi de ne pas y faire figurer par exemple de po&#xe8;me d’Ab&#xfb; Tamm&#xe2;m, dont l’influence sur le po&#xe8;te nous parait superficielle.Le propos de ces mises en regard visant avant tout &#xe0; donner au lecteur, un aper&#xe7;u de la production d’autres po&#xe8;tes, eux-m&#xea;mes le plus souvent po&#xe8;tes de cour &#xe0; une &#xe9;poque proche de la sienne;&amp;nbsp; &amp;nbsp;et lui permettre ainsi de se faire ainsi une id&#xe9;e plus globale de la po&#xe9;sie arabe dite &#xab; n&#xe9;oclassique &#xbb;, et de se faire une id&#xe9;e de ce qui chez ces po&#xe8;tes pourrait les rapprocher ou les &#xe9;loigner d’al Mutanabb&#xee;, et de se rendre compte ainsi de ce qui chez lui appartient proprement au &#xab; milieu &#xbb;, et de ce qui dans sa po&#xe9;sie rel&#xe8;ve de son caract&#xe8;re propre.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Po&#xe8;mes du Levant, ou Sh&#xe2;miyy&#xe2;t&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Eloge&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de R&#xe9;gis Blach&#xe8;re: n&#xb0;11&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 38.&lt;br /&gt;25 vers, rime q&#xe2;f, m&#xe8;tre k&#xe2;mil.&lt;br /&gt;Po&#xe8;me d&#xe9;di&#xe9; &#xe0; Ab&#xfb; l-Munta&#xe7;ir Shuja‘ Muhammad bin Aws bin rud&#xe2; l-Azd&#xee;. Compos&#xe9; aux alentours de 930, alors que le po&#xe8;te, &#xe2;g&#xe9; de quinze ans, s’appr&#xea;te &#xe0; quitter l’Iraq pour rejoindre la Syrie .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Prologue courtois , vers 1 &#xe0; 6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Insomnie sur insomnie et comme moi il veille et la passion augmente et les larmes brillent.&lt;br /&gt;2/ Un oeil qui ne dort pas et un coeur palpitant t&#xe9;moignent de la force de l’amour [sur moi]. &lt;br /&gt;3/ Et nul &#xe9;clair ne scintille et nul oiseau ne chante sans que je ne me d&#xe9;tourne et mes entrailles sont enflamm&#xe9;es de d&#xe9;sir.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;4/ J’&#xe9;prouve le feu de l’amour qui ne s’&#xe9;teint pas, feu du tamaris qui s’affaiblit autant qu’il br&#xfb;le.&lt;br /&gt;5/ j’ai bl&#xe2;m&#xe9; les fous d’amour jusqu’&#xe0; go&#xfb;ter moi-m&#xea;me celui-ci, et je me suis &#xe9;tonn&#xe9; de voir comment on pouvait mourir autrement que d’amour.&lt;br /&gt;6/ Je les ai excus&#xe9; et j’ai reconnu mon erreur je les ai calomni&#xe9; et j’ai rencontr&#xe9; &#xe0; mon tour ce qu’ils avaient rencontr&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Vers gnomiques, &#xe9;vocation de la fragilit&#xe9; de la vie, vers 7 &#xe0; 15]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ &#xd4; mes fr&#xe8;res nous sommes &#xe0; jamais condamn&#xe9;s &#xe0; l’errance en des lieux o&#xf9; croasse le corbeau de la s&#xe9;paration.&lt;br /&gt;8/ Nous pleurons le monde d’ici-bas car il n’est pas de famille qu’il n’ait r&#xe9;uni sans l’avoir [ensuite] d&#xe9;sunie.&lt;br /&gt;9/ O&#xf9; sont les premiers et puissants Chosro&#xe8;s? Eux qui avaient cach&#xe9;s des tr&#xe9;sors dont il ne reste rien non plus.&lt;br /&gt;10/ O&#xf9; sont tous ceux dont l’espace ne suffisait pas &#xe0; contenir les arm&#xe9;es jusqu’&#xe0; ce qu’ils s’arr&#xea;tent et que la tombe &#xe9;troite suffise &#xe0; les contenir?&lt;br /&gt;11/ Muets quand appel&#xe9;s comme s’ils ne savaient pas que parler leur est enti&#xe8;rement permis.&lt;br /&gt;12/ Car la mort vient et les &#xe2;mes sont pr&#xe9;cieuses [pour elle] et celui qui s’enorgueillit de ce qu’il poss&#xe8;de est un sot.&lt;br /&gt;13/ Et l’homme esp&#xe8;re et aspire &#xe0; la vie, la vieillesse est digne et la jeunesse dissip&#xe9;e.&lt;br /&gt;14/ J’ai d&#xe9;j&#xe0; pleur&#xe9; la jeunesse quand mes boucles de cheveux &#xe9;taient encore noires et mon visage brillant comme de l’eau, &lt;br /&gt;15/ l’&#xe9;vitant avant le jour de son d&#xe9;part et jusqu’&#xe0; ce que j’ai les paupi&#xe8;res gonfl&#xe9;es par les larmes...&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 7: Selon Ab&#xfb; -Fath le corbeau symbolise la mort , Al W&#xe2;hid&#xee; rapprochera &#xe0; juste titre ce vers de ceux des thr&#xe8;nes du po&#xe8;te.L’&#xe9;vocation du corbeau qui symbolise la mort se retrouve dans le thr&#xe8;ne d&#xe9;di&#xe9; &#xe0; la grand-m&#xe8;re du po&#xe8;te (vers 11).&lt;br /&gt;vers 9: Chosro&#xe8;s, &#xab; kisr&#xe2; &#xbb; en arabe: titre des anciens rois de l’empire Sassanide.&lt;br /&gt;vers 10: Autre vers qui annonce les thr&#xe8;nes futures, l’emploi de la racine &#xe0; connotations fun&#xe9;raires&amp;nbsp; &#xab; thaw&#xe2; &#xbb; se retrouvera d’ailleurs sous la forme de son nom de lieu dans le thr&#xe8;ne d&#xe9;di&#xe9; &#xe0; la grand-m&#xe8;re du po&#xe8;te (voir vers 4).&lt;br /&gt;vers 11: Selon W&#xe2;hid&#xee;, le po&#xe8;te s’adresse toujours aux anciens rois disparus en les appelant &#xe0; t&#xe9;moigner de leur grandeur perdue&amp;nbsp; (et donc de l’aspect passager et &#xe9;ph&#xe9;m&#xe8;re de la vie).&lt;br /&gt;vers 12: Ce type vers gnomique a fait la c&#xe9;l&#xe9;brit&#xe9; du po&#xe8;te, il est de ces sentences sapientielles que l’on retrouve &#xe9;parpill&#xe9;es dans les anthologies populaires et autres compilations de morceaux choisis.L’artiste t&#xe9;moigne donc ici de sa pr&#xe9;cocit&#xe9; &#xe0; exprimer dans toute sa vigueur sa philosophie pessimiste de l’existence.Cette r&#xe9;flexion sur la futilit&#xe9; de la puissance mat&#xe9;rielle sonne d’une certaine mani&#xe8;re plus comme un regret de l’absence de celle-ci, et nous rappelle &#xe9;galement que le po&#xe8;te se trouvait fort pauvre et d&#xe9;muni &#xe0; ce moment de sa vie, et que par la suite, apr&#xe8;s l’&#xe9;chec de sa r&#xe9;volte, il ne cessera lui-m&#xea;me d’&#xea;tre en qu&#xea;te de puissance et de gloire.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Eloge vers 16 &#xe0; 25]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;16/ Et quant aux banu Aws bin Ma‘n bin rud&#xe2;, ils sont plus puissants que celui &#xe0; qui &#xe9;taient men&#xe9;es les chamelles.&lt;br /&gt;17/ Je me suis &#xe9;cri&#xe9; &#xab;&amp;nbsp; Allah est grand! &#xbb; face &#xe0; leurs demeures quand des soleils en sont sortis alors que ne s’y trouvait nul Orient.&lt;br /&gt;18/ Je me suis &#xe9;tonn&#xe9; que des feuilles ne poussent pas des rochers d’une terre au dessus de laquelle se trouvait le nuage de leurs mains.&lt;br /&gt;19/ Ils exhalent le parfum de la louange en chaque lieu hum&#xe9;.&lt;br /&gt;20/ Ses ar&#xf4;mes sont musqu&#xe9;s pour eux et refusent d’impr&#xe9;gner personne d’autre.&lt;br /&gt;21/&amp;nbsp; Toi qui veut &#xea;tre comme Muhammad &#xe0; notre &#xe9;poque ne nous &#xe9;prouve pas &#xe0; r&#xe9;clamer ce qui ne peut &#xea;tre atteint!&lt;br /&gt;22/ Le Mis&#xe9;ricordieux n’a pas cr&#xe9;&#xe9; d’&#xe9;gal &#xe0; Muhammad et je pense qu’il n’en cr&#xe9;era pas. &lt;br /&gt;23/ Il est celui qui est tr&#xe8;s g&#xe9;n&#xe9;reux, et qui [comme je croyais en lui] m’a accept&#xe9; en son sein.[Agissant ainsi] n’as-tu pas fait oeuvre pie?&lt;br /&gt;24/ Fais pleuvoir sur moi en abondance le nuage de ta g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9;!&amp;nbsp; Et prend garde, dans ta cl&#xe9;mence, que je ne sois pas noy&#xe9;!&lt;br /&gt;25/ Le fornicateur a menti quand il a dit, dans son ignorance, que les nobles &#xe9;taient morts, car toi tu es combl&#xe9; parmi les vivants.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 16: Le po&#xe8;te s’adresse &#xe0; toute la tribu du personnage qu’il loue en r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; ce dernier.D’apr&#xe8;s Ab&#xfb; Bakr rapport&#xe9; par W&#xe2;hid&#xee; : l’image du deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche fait r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; une idole du m&#xea;me nom de l’ant&#xe9;-islam [j&#xe2;hiliyya]: rud&#xe2;, &#xe0; laquelle devaient sans doute &#xea;tre sacrifi&#xe9;es des chamelles .&lt;br /&gt;vers 17: Le po&#xe8;te compare ceux dont il fait l’&#xe9;loge &#xe0; des soleils, et loue Dieu d’avoir pu produire un tel miracle que celui de faire se lever des soleils de l’int&#xe9;rieur de leurs maisons.&lt;br /&gt;vers 23: Nous traduisons pas oeuvre pie le terme coranique &#xab; ta&#xe7;adaqqa &#xbb;: faire l’aum&#xf4;ne.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;vers 24: Le po&#xe8;te demande enfin &#xe0; ce que ses services soient r&#xe9;tribu&#xe9;s.&lt;br /&gt;vers 25: Nous traduisons par fornicateur l’expression &#xab; Ibn f&#xe2;‘ila &#xbb;. &#xab; Enta hayyun yurzaq &#xbb;, c’est &#xe0; dire: (non seulement tu n’es pas mort) mais, vivant, tu l’es par la subsistance qu’octroie Dieu, et donc [par extension] se tu te trouves combl&#xe9; par lui.Al W&#xe2;hid&#xee;&amp;nbsp; voit l&#xe0;, fort logiquement, une possible erreur de copiste et propose donc aussi &#xab; enta hayyun tarzuq &#xbb;: (non seulement tu n’es pas mort) mais, vivant, tu pourvois [aux besoins des autres que toi].&amp;nbsp; &lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; La pseudo-proph&#xe9;tie&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[premi&#xe8;re affirmation de sa volont&#xe9; d’&#xe9;mancipation]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement Blach&#xe8;re : n&#xb0;18.&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 48.&lt;br /&gt;9 vers, rime en n&#xfb;n, m&#xe8;tre mutaq&#xe2;rib.&lt;br /&gt;Blach&#xe8;re suppose que ce po&#xe8;me fut &#xe9;crit &#xe0; Lattaqui&#xe9; [L&#xe2;dhiqiyya] vers 930&amp;nbsp; (&#xe0; propos du s&#xe9;jour du po&#xe8;te dans cette ville, voir dans l’introduction l’anecdote rapport&#xe9;e par al Ma‘arr&#xee;).&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Qud&#xe2;‘a, sachez que je suis le brave que vous gardez contre les vicissitudes du sort.&lt;br /&gt;2/ Ma noblesse vous montre, ban&#xee; khindif, que tout homme noble est y&#xe9;m&#xe9;nite.&lt;br /&gt;3/ Je suis le fils de la m&#xea;l&#xe9;e, de la g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9;, du combat aux sabres et aux lances.&lt;br /&gt;4/ Je suis le fils du d&#xe9;sert, des rimes, des selles,&amp;nbsp; des cols escarp&#xe9;es.&lt;br /&gt;5/ Je suis celui de grande taille, aux vastes tentes, qui donne de grands coups de lances aux pointes ac&#xe9;r&#xe9;es.&lt;br /&gt;6/ Comme mon sabre et mon bouclier, mon coup d’oeil et mon z&#xe8;le sont en acier tremp&#xe9;.&lt;br /&gt;7/ Mon sabre pr&#xe9;c&#xe8;de la mort parmi les hommes comme si tous deux avaient conclu un pacte.&lt;br /&gt;8/ Sa pointe voit [pour moi] les coeurs sombres si me trouvant dans la poussi&#xe8;re de la m&#xea;l&#xe9;e je ne me vois pas moi-m&#xea;me. &lt;br /&gt;9/ Je ferais de mon sabre un juge pour leurs &#xe2;mes, sinon ma langue me suffirait pour &#xea;tre juge &#xe0; sa place.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1 : Les Qud&#xe2;‘a est un nom de clan pour la tribu des Tan&#xfb;kh dont al Mutanabb&#xee; fut le prot&#xe9;g&#xe9; en Syrie.Le po&#xe8;me d&#xe9;bute sans matla‘, c’est &#xe0; dire sans rime au premier h&#xe9;mistiche qui d&#xe9;signe celle qui suivra pour tout le po&#xe8;me, il s’agit donc sans doute l&#xe0; d’un extrait d’une pi&#xe8;ce initialement plus longue.&lt;br /&gt;Vers 2 : Ban&#xee; khindif, autre nom pour d&#xe9;signer la m&#xea;me tribu.Le po&#xe8;te se d&#xe9;signe lui m&#xea;me dans cette jactance, puisque son p&#xe8;re se r&#xe9;clamait d’origine y&#xe9;m&#xe9;nite.&lt;br /&gt;Vers 3-4 : Il s’agit l&#xe0; d’une Kunya, c’est &#xe0; dire de l’usage d’un surnom comme qualificatif d’une qualit&#xe9; propre &#xe0; un individu, le po&#xe8;te en multiplie l’usage ici pour justifier sa jactance, la scansion de ces deux vers est tr&#xe8;s marqu&#xe9;e en arabe.&lt;br /&gt;On peut rapprocher ces deux vers d’un autre plus tardif, ce qui montre la continuit&#xe9; dans l’imagerie du po&#xe8;te; on retrouve en effet dans ce vers d&#xe9;di&#xe9; &#xe0; Sayf-ud-Dawla les m&#xea;mes images que dans ce morceau de ses d&#xe9;but: &#xab; Le cheval, la nuit, le d&#xe9;sert me connaissent, ainsi que la guerre et le choc des armes, le papier et le crayon... &#xbb; .&lt;br /&gt;Vers 5-6 : Vers constitu&#xe9;s de phrases nominales en arabe, notre interpr&#xe9;tation de ceux-ci est bas&#xe9;e sur le commentaire de ‘Akbar&#xee; .&lt;br /&gt;Vers 7 : La notion d’alliance entre le guerrier et la mort, sera elle-aussi r&#xe9;employ&#xe9;e plus tard, mais pour d&#xe9;signer Sayf-ud-Dawla lui-m&#xea;me. &lt;br /&gt;Vers 8 : Il y probablement dans ce vers d&#xe9;j&#xe0; sous-entendue, l’id&#xe9;e de jugement que l’on retrouvera dans le vers suivant, auquel cas la poussi&#xe8;re pourrait bien &#xea;tre une m&#xe9;taphore de l’ignorance, le vers pourrait alors &#xea;tre lui ainsi : &#xab; Ce que j’ignore moi-m&#xea;me par mon ignorance de la laideur de leurs coeurs ma lame le conna&#xee;t... &#xbb;. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Appendice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;On trouve dans la &#xab; Plainte &#xbb; [shakw&#xe2;] de ‘Ayn al Qud&#xe2;t al Hamadh&#xe2;n&#xee; [1098-1131] , un po&#xe8;me probablement de ‘Ayan al Qud&#xe2;t lui-m&#xea;me, dont l’envoi, est de toute &#xe9;vidence inspir&#xe9; de celui de ce texte d’al Mutanabb&#xee;, et dont le ton g&#xe9;n&#xe9;ral rejoint celui de notre po&#xe8;te.Ce po&#xe8;me est r&#xe9;v&#xe9;lateur de l’influence parfois d&#xe9;sastreuse d’un style dont il fut le principal inspirateur, et qui chez d’autre que lui tournera presque immanquablement &#xe0; l’exercice de style :&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Demande aux Qud&#xe2;‘a si je tiens mes engagements! ou si je laisse la charge qu’on me confie!&lt;br /&gt;2/ Souvent j’ai laiss&#xe9; ma lance &#xea;tre entrain&#xe9; par quelque chef d’escadron, souvent je me suis expos&#xe9; au feu des combats!&lt;br /&gt;3/ Combien de h&#xe9;ros n’ai-je affront&#xe9;! et combien de fois leur ai-je vers&#xe9; le vin de la coupe de la d&#xe9;faite, et me le suis vers&#xe9; &#xe0; moi-m&#xea;me!&lt;br /&gt;4/ Souvent j’ai perdu des fr&#xe8;res qui accueillaient toujours l’invit&#xe9; quand on le leur demandait, et des compagnons qui tr&#xe9;buchaient dans la poussi&#xe8;re&lt;br /&gt;5/&amp;nbsp; Je suis recherche la gloire sans borne et si je dois mourir que je meure! et si je dois vivre que je vive! &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Exhortation &#xe0; ses compagnons ]&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Classement de Blach&#xe8;re : n&#xb0;32.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici page 21.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;5 vers, en rime en l&#xe2;m, m&#xe8;tre taw&#xee;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Vous qui &#xea;tes partisans de ma r&#xe9;volte! Pourquoi vos lames n’infligent-elles pas de blessures ni ne tuent-elles [mes ennemis]?&lt;br /&gt;2/ Je vois dans l’&#xe9;clat de ma lame un morceau de son &#xe9;clat, et la valeur d’un coup port&#xe9; par l’esprit&amp;nbsp; se trouve dans la valeur du tranchant de la lame!&lt;br /&gt;3/ Et le vert chemin de la vie se trouve dans ce m&#xea;me vert qui te montre la rougeur de la mort dans un chemin de fourmis.&lt;br /&gt;4/ Evite toute comparaison avec moi comme avec ma lame! Car personne n’est au-dessus de moi et nul ne m’&#xe9;gale!&lt;br /&gt;5/ Laisse nous! Car avec ma monture et ma lance, nous voulons &#xea;tre seuls &#xe0; affronter l’humanit&#xe9;, alors observe ce que j’accomplis!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 1/ Blach&#xe8;re propose une traduction diff&#xe9;rente, plus litt&#xe9;rale, du vers: &#xab; O vous qui d&#xe9;sirez ma qui&#xe9;tude! pourquoi cette lame resterait-elle vierge de sang, innocente de meurtre! &#xbb; .En effet le terme qiy&#xe2;m, que nous traduisons par: r&#xe9;volte, &#xe9;tant polys&#xe9;mique en arabe, et voulant dire textuellement: &#xab; station debout &#xbb;, plusieurs interpr&#xe9;tations sont ici possibles suivant la lecture.Les commentateurs classiques se contentent quant &#xe0; eux de donner l’&#xe9;quivalent plus courant, de ce terme &#xe0; la m&#xea;me racine: iq&#xe2;ma. &lt;br /&gt;vers 2: Le mot firind traduit ici par &#xab; &#xe9;clat de la lame &#xbb;, est un emprunt au persan parand : soie peinte, de la m&#xea;me racine que le verbe paridan: voler.Le pronom affix&#xe9; &#xe0; l’emploi dans le deuxi&#xe8;me cas de ce terme peut renvoyer aussi bien &#xe0; na&#xe7;l (la lame) qu’&#xe0; qiy&#xe2;m dans le vers pr&#xe9;c&#xe9;dent.&lt;br /&gt;vers 3: ‘Akbar&#xee; y voit un plagiat (s&#xe2;riqa) d’al Mutanabb&#xee; d’un vers d’al Bohtor&#xee;. &lt;br /&gt;Les fourmis comme m&#xe9;tonymie de la mort, c’est &#xe0; dire des gouttes de sang rouge d’’une blessure sur la peau qui ressemblent &#xe0; une file de fourmis dans l’herbe, se retrouvera dans l’&#xe9;l&#xe9;gie fun&#xe8;bre qu’al Mutanabb&#xee; consacrera Ab&#xfb;-l-Hayja’ fils d&#xe9;c&#xe9;d&#xe9; de Sayf-ud-dawla .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Appendice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Il nous a sembl&#xe9; int&#xe9;ressant, autour de la controverse concernant la pseudo-proph&#xe9;tie mutanabienne, de mettre en exergue des deux textes pr&#xe9;c&#xe9;dents le c&#xe9;l&#xe8;bre tercet d’al Hall&#xe2;j, tel que l’a ins&#xe9;r&#xe9; dans sa reconstitution de son d&#xee;w&#xe2;n jadis perdu, Louis Massignon. .En effet, les deux po&#xe8;tes contemporains l’un de l’autre, ont tous deux v&#xe9;cus dans un Proche-Orient m&#xe9;di&#xe9;val troubl&#xe9; par les insurrection qarmates et la mont&#xe9;e en puissance du shisme isma&#xe9;lien, ils ont souvent ainsi &#xe9;t&#xe9; r&#xe9;uni dans l’anath&#xe8;me par des z&#xe9;lotes prompts &#xe0; les accuser, &#xe0; tort ou &#xe0; raison, d’ h&#xe9;r&#xe9;sie .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Unifie-moi, mon unique, par le biais de l’unicit&#xe9; v&#xe9;ritable, vers laquelle il n’est point de chemins qui m&#xe8;nent. &lt;br /&gt;2/ Je suis la v&#xe9;rit&#xe9;, et la v&#xe9;rit&#xe9; &#xe0; la v&#xe9;rit&#xe9; est authentique, rev&#xea;tue ainsi d’elle-m&#xea;me afin qu’il n’y ait plus de s&#xe9;paration entre nous.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;3/ Les astres brillants se sont d&#xe9;j&#xe0; dispers&#xe9;s,&amp;nbsp; se fondant dans la lumi&#xe8;re c&#xe9;leste.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Husayn bin Man&#xe7;&#xfb;r, dit al Hall&#xe2;j [mort &#xe0; Baghd&#xe2;d en 309/922].&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Incitation &#xe0; ‘Abdallah Mu‘&#xe2;dh &#xe0; le suivre].&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de Blach&#xe8;re: n&#xb0;33.&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 84-85.&lt;br /&gt;6 vers, rime m&#xee;m, m&#xe8;tre w&#xe2;fir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ &#xd4; Ab&#xe2; ‘Abdalilah Mu‘&#xe2;dh! Je ne t’ai pas r&#xe9;v&#xe9;l&#xe9; ma position dans la m&#xea;l&#xe9;e.&lt;br /&gt;2/ Te rappelles-tu l’importance de ma qu&#xea;te? Et ce que nous y avons risqu&#xe9; pr&#xea;ts &#xe0; sacrifier nos &#xe2;mes pour elle?&lt;br /&gt;3/ Un homme tel que moi peut-il craindre les adversit&#xe9;s ou &#xea;tre anxieux de faire face &#xe0; la mort?&lt;br /&gt;4/ Et si l’&#xe9;poque se pr&#xe9;sentait &#xe0; moi sous forme humaine, mon sabre teindrait la raie qui s&#xe9;pare ses cheveux de sang.&lt;br /&gt;5/ Les nuits ne pourraient poursuivre leur marche en me tenant par la bride.&lt;br /&gt;6/ Quand les yeux des cavaliers sont emplis de moi, malheur [&#xe0; eux]! Car ils ne connaissent pas le repos.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1: Al Mu‘&#xe2;dh al L&#xe2;dhiq&#xee; a rapport&#xe9; lui-m&#xea;me le t&#xe9;moignage de sa rencontre avec le po&#xe8;te: &#xab; Ab&#xfb; Tayyeb al Mutanabb&#xee; arriva &#xe0; L&#xe2;dhiqiyya au d&#xe9;but des ann&#xe9;es 320 [930].Il avait un d&#xe9;but de barbe au menton, et une chevelure abondante qui lui recouvrait les oreilles, j’ai tout de suite compris sa noblesse &#xe0; son &#xe9;loquence et sa fa&#xe7;on d’agir, et lorsque une intimit&#xe9; s’installa entre lui et moi, j’ai profit&#xe9; de celle-ci pour m’isoler en sa compagnie, et m’instruire ainsi &#xe0; ses c&#xf4;t&#xe9;s.Je lui dis &#xab; Par Dieu! tu es un jeune homme extraordinaire! Digne d’&#xea;tre le commensal d’un grand roi! &#xbb; Il me r&#xe9;pondit: &#xab; Malheur &#xe0; toi! Sais-tu bien ce que tu dis? Je suis un proph&#xe8;te envoy&#xe9; [Nab&#xee; mursal] &#xbb;.J’ai cru qu’il plaisantait, mais j’ai compris par la suite qu’il ne plaisantait jamais [&#xe0; ce sujet l&#xe0;?] pendant tout le temps o&#xf9; je l’ai connu. &#xbb; .Il est plus que probable que ce genre de t&#xe9;moignage, qui n’offre aucune certitude r&#xe9;elle sur la v&#xe9;racit&#xe9; de ce qui nous est rapport&#xe9;, a jou&#xe9; un r&#xf4;le essentiel dans la r&#xe9;putation de faux-proph&#xe8;te qui a valu ensuite son sobriquet &#xe0; notre po&#xe8;te.&lt;br /&gt;Vers 2: Le terme que nous traduisons par &#xe2;me est Muhja[ pluriel Muhaj, textuellement: le sang du coeur], notion que al Mutanabb&#xee; pr&#xe9;f&#xe9;rera souvent &#xe0; nafs ou r&#xfb;h.Gabrieli et Blach&#xe8;re ont deux interpr&#xe9;tations diff&#xe9;rentes de ce vers; Gabrieli traduit &#xab; Tu as fait mention de mon id&#xe9;al &#xe9;lev&#xe9;, dans lequel se trouve engag&#xe9;e toute l’&#xe2;me &#xbb;; et Blach&#xe8;re traduit: &#xab; Tu me bl&#xe2;mes d’avoir de vastes desseins et de risquer pour eux mon sang g&#xe9;n&#xe9;reux. &#xbb; .La traduction de Blach&#xe8;re n’est pas litt&#xe9;rale, contrairement &#xe0; celle de Gabrieli, mais se base sur une interpr&#xe9;tation du second vers en regard du premier.&lt;br /&gt;Vers 3: Le terme que nous traduisons par mort est him&#xe2;m, que le po&#xe8;te emploiera souvent &#xe0; la place de Mawt, au cours de sa carri&#xe8;re.&lt;br /&gt;vers 4-5: Nous traduisons par: &#xe9;poque, le terme polys&#xe9;mique &#xab; zam&#xe2;n &#xbb;, textuellement: le temps; ce terme renvoie au m&#xea;me sujet que les &#xab; nuits &#xbb; par lesquelles le po&#xe8;te d&#xe9;signe ses &#xab; oppresseurs &#xbb; et ennemis contre qui il se r&#xe9;volte; l’emploi de ce terme emprunt&#xe9; au lexique courtois se retrouve souvent chez al Mutanabb&#xee; pour d&#xe9;signer ceux qui voudraient brider sa libert&#xe9; .&lt;br /&gt;Vers 6: Pour d&#xe9;signer les cavaliers, le po&#xe8;te emploi d&#xe9;j&#xe0; la m&#xe9;tonymie des montures, il reprendra celle-ci dans une longue ode dans laquelle il d&#xe9;crira une campagne militaire de Sayf ud Dawla. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [&#xab; Je n’ai cess&#xe9; d’&#xea;tre une montagne &#xbb;]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Classement de Blach&#xe8;re: N&#xb0;35&lt;br /&gt; Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici: page 49.&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;14 vers, rime l&#xe2;m, m&#xe8;tre taw&#xee;l.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Exhortation &#xe0; deux compagnons, vers 1 &#xe0; 5]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Arr&#xea;tez-vous! Regardez tous deux ma pluie! Voici les nuages [qui l’annoncent] ne craignez pas que je fasse l&#xe0; une vaine promesse.&lt;br /&gt;2/ Des gens ignobles me lapident, l’un s’atteint lui-m&#xea;me, et l’autre lance des boules de coton en guise de pierres.&lt;br /&gt;3/ Et celui qui m’ignore ignore sa propre ignorance, et ignore que moi je connais son ignorance envers moi. &lt;br /&gt;4/ Il ignore qu’&#xe9;tant roi de la terre je serais [encore] indigent, et que je marche dans les cieux.&lt;br /&gt;5/&amp;nbsp; Qu’&#xe0; l’aune de mes desseins toute ambition est m&#xe9;prisable, qu’&#xe0; mes yeux les &#xe9;tendues les plus vastes sont raccourcies.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;Vers 1: La pluie symbolise ici sa r&#xe9;volte, la m&#xe9;taphore de la pluie signifiant la guerre ou la r&#xe9;volte, ainsi que tout ce qui se rapporte &#xe0; la bravoure, et donc assimilable &#xe0; un acte g&#xe9;n&#xe9;reux, est r&#xe9;miniscent dans toute la po&#xe9;tique mutanabienne.Dans l’univers nomade, le rapport &#xe0; la pluie que l’on fait, ou que l’on emp&#xea;che de tomber, est fr&#xe9;quemment associ&#xe9; &#xe0; des pouvoirs surnaturels .&lt;br /&gt;vers 3: Jeu de langue autour du terme polys&#xe9;mique &#xab; J&#xe2;hil &#xbb;: celui qui ignore .Le po&#xe8;te veut donc dire: &#xab; Celui qui ne reconna&#xee;t pas ma r&#xe9;volte est un &#xab; ren&#xe9;gat &#xbb; qui s’ignore, mais moi qui suis un homme hors du commun j’ai d&#xe9;j&#xe0; tout devin&#xe9; de ce qu’il pense r&#xe9;ellement de moi, sans qu’il s’en doute. &#xbb;&lt;br /&gt;Vers 4: Nous avons traduit par cieux le terme: &#xab; Sim&#xe2;k&#xe2;ni &#xbb;, c’est &#xe0; dire la constellation d’Arcturus, que Blach&#xe8;re a traduit par Empyr&#xe9;e.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Le passage &#xe0; sa r&#xe9;volte, vers 6 &#xe0; 11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;6/ Je n’ai cess&#xe9; d’&#xea;tre une montagne en ses sommets jusqu’&#xe0; ce qu’&#xe0; cause de l’injustice des secousses n’apparaissent en moi,&lt;br /&gt;7/ j’ai &#xe9;t&#xe9; alors agit&#xe9; par le souci qui remue les entrailles, et les soubresauts des lestes chamelles &#xe9;tait comme ces tremblements [qui me d&#xe9;rangeaient],&lt;br /&gt;8/ et quand la nuit nous enveloppa, leurs sabots faisant des &#xe9;tincelles sur les cailloux nous &#xe9;clairaient mieux que les torches,&lt;br /&gt;9/ sur ma robuste chamelle, j’&#xe9;tais comme sur le dos d’une vague qui m’emportait sur des mers sans rivages;&lt;br /&gt;10/ j’avais l’impression que ces pays &#xe9;taient mes oreilles et que j’y &#xe9;tais comme ce que [me] disaient les critiques,&lt;br /&gt;11/ pour un homme qui aspire autant que moi &#xe0; la puissance et&amp;nbsp; grandeur, il serait &#xe9;gal d’y vivre ou de mourir.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 6-7: Jeu de mots autour du terme &#xab; zal&#xe2;zil &#xbb;: tremblements de terre, calamit&#xe9;s, adversit&#xe9;s; ce terme est le pluriel&amp;nbsp; que l’on trouve au premier vers de la sourate 99 du Coran, dite &#xab; zalzala &#xbb;.Le vers 7, et surtout son premier h&#xe9;mistiche sont dans leur rythme tr&#xe8;s proches des deux premiers versets de cette sourate, l’&#xe9;vocation de la terre qui tremble dans le deuxi&#xe8;me verset a probablement inspir&#xe9; al Mutanabb&#xee;, quant au choix de l’image et des termes qu’il emploie pour d&#xe9;crire l’&#xe9;veil de sa r&#xe9;volte . &lt;br /&gt;Le vers 7 est cit&#xe9;, &#xe0; mauvais escient &#xe0; notre avis, par al ‘Askar&#xee; dans son manuel &#xab; le livre des deux arts &#xbb; , comme un exemple type de mauvaise allit&#xe9;ration [faqalqaltu bilham aldh&#xee; qalqala alhash&#xe2; qal&#xe2;qil ‘&#xee;sin kuluhunna qal&#xe2;qilu].&lt;br /&gt;Vers 7-9: L’&#xe9;vocation du voyage &#xe0; dos de chamelle est un topos de la po&#xe9;sie archa&#xef;sante qui fait ici quelque peu exercice d’&#xe9;cole, et que al Mutanabb&#xee; s’abstiendra de reprendre trop souvent dans l’oeuvre de sa maturit&#xe9; .&lt;br /&gt;Vers 10: La comparaison est quelque peu pr&#xe9;cieuse ,car le po&#xe8;te compare la rapidit&#xe9; de son voyage dans ces zones d&#xe9;sertiques au peu d’attention qu’il pr&#xea;te &#xe0; ceux qui critiquent sa r&#xe9;volte, identifiant les pays qu’ils visite &#xe0; ses propre oreille qui n’&#xe9;coutent pas les reproches de ses adversaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Il interpelle ses ennemis, vers 12 &#xe0; 14]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12/ Nous n’aspirons &#xe0; rien d’autre qu’&#xe0; vos &#xe2;mes, et pour cela nous ne poss&#xe9;dons que nos sabres.&lt;br /&gt;13/ Nul ne gardera sienne une &#xe2;me qu’ils atteindront, et nul avare ne pourra rester avare [de celle-ci] lorsqu’elle s’&#xe9;chappera.&lt;br /&gt;14/ Une maigre vie pour moi serait qu’elle soit maigre en hauts-faits, et ce n’est nulle [r&#xe9;elle] maigreur que de manquer d’aliments!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 12: Blach&#xe8;re propose une autre lecture de ce vers puisqu’il traduit &#xab;Or nos sabres n’atteignent pas un homme qui tient &#xe0; la vie, sans ravir cette &#xe2;me qu’il cherche &#xe0; retenir &#xbb; .Tandis que, entre autres, le commentaire attribu&#xe9; &#xe0; al-Ma‘arr&#xee; nous dit &#xab; Ces sabres n’atteindront pas l’&#xe2;me d’un homme sans la lui arracher [ill&#xe2; salabatha], alors il n’aura pas d’&#xe2;me &#xe0; lui [fal&#xe2; takun r&#xfb;huhu lahu], et ils ne se retireront pas du corps d’un homme avare qui puisse rester avare de son &#xe2;me [wa l&#xe2; in&#xe7;arafat ‘an rajul bakh&#xee;l yabqa bakh&#xee;lan]... &#xbb; .&amp;nbsp; &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [La g&#xe9;n&#xe9;alogie du po&#xe8;te.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de Blach&#xe8;re: n&#xb0;39.&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 85.&lt;br /&gt;3 vers, rime en h&#xe2;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Je suis l’essence m&#xea;me du chef valeureux, et les aboiements de vos chiens [qui me calomnient] m’ont d&#xe9;rang&#xe9;!&lt;br /&gt;2/ Un homme de race peut-il &#xea;tre autre chose que ce qu’il est de naissance? Peut-il &#xea;tre autre chose que d’essence noble et sans m&#xe9;lange?&lt;br /&gt;3/ Ils m’ont ni&#xe9;! Alors si je vis encore quelque peu, les pointes des mes lances leurs rappelleront de qui je descends!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 1-3: Le po&#xe8;te aurait &#xe9;t&#xe9; calomni&#xe9; par des d&#xe9;tracteurs qui auraient laiss&#xe9; planer des doutes sur ses pr&#xe9;tentions &#xe0; &#xea;tre leur chef &#xab; naturel &#xbb;, ceci de par leur incertitude quant &#xe0; ses origines.La r&#xe9;ponse d’al Mutanabb&#xee; est r&#xe9;v&#xe9;latrice de l’obscurit&#xe9; qui continue d’entourer les origines, et le milieu de naissance m&#xea;me du po&#xe8;te, Taha Huse&#xef;n l’a tr&#xe8;s finement remarqu&#xe9; dans un passage situ&#xe9; au d&#xe9;but du livre qu’il a consacr&#xe9; au po&#xe8;te, et que nous rapportons ici :&lt;br /&gt;&#xab; Les gens se sont habitu&#xe9;s &#xe0; penser qu’al Mutanabb&#xee; &#xe9;tait sans aucun doute d’origine arabe, faisant remonter sa g&#xe9;n&#xe9;alogie au Jof‘&#xee; par son p&#xe8;re, et aux Hamd&#xe2;n par sa m&#xe8;re, deux clans y&#xe9;m&#xe9;nites, et ceci d’apr&#xe8;s ce que nous en disent les historiens et l&#xe9; g&#xe9;n&#xe9;alogistes .Il est tout &#xe0; fait possible qu’al Mutanabb&#xee; fut effectivement un arabe du Sud, Jof‘&#xee; par le p&#xe8;re, Hamd&#xe2;n par la m&#xe8;re.Mais une chose est elle hors de doute est que son D&#xee;w&#xe2;n ne nous le confirme &#xe0; aucun moment, ni m&#xea;me ne le mentionne, mais d’apr&#xe8;s ce que nous pouvons y apprendre, tendrait plut&#xf4;t &#xe0; le nier, et ceci d’une fa&#xe7;on claire et sans appel.&lt;br /&gt;Al Mutanabb&#xee; connaissait-il son p&#xe8;re? Les historiens nous l’affirment et pourtant al Mutanabb&#xee;&amp;nbsp; n’en dit rien.[...]Al Mutanabb&#xee; ne chante pas ses louanges, ne enorgueillit pas de lui, ni le pleure pas ni ne chante son deuil lors de sa disparition.Serait-ce d&#xfb; au fait qu’al Mutanabb&#xee; connaissait son p&#xe8;re et ne lui accordait aucune importance, ni ne voyait en lui de quoi se montrer &#xe0; son avantage face &#xe0; ses d&#xe9;tracteurs et aux envieux? M&#xe9;prisait-il son p&#xe8;re et d&#xe9;daignait-il ainsi de le louer dans ses po&#xe8;me, de l’y railler m&#xea;me, de l’y pleurer et chanter son deuil? C’est possible, mais ce qui est clair c’est qu’al Mutanabb&#xee; &#xe0; pr&#xe9;f&#xe9;rer se r&#xe9;clamer d’une noblesse issue du sort des armes, plut&#xf4;t que de choisir de se r&#xe9;clamer de cet excellent p&#xe8;re que les historiens ont nomm&#xe9; Huse&#xef;n[...].Les historiens ne savent qu’une seule chose, tr&#xe8;s simple, de Huse&#xef;n, ils pensent qu’il &#xe9;tait porteur d’eau &#xe0; Koufa.C’est ce qu’ils nous ont transmis,&amp;nbsp; cherchant en lui conf&#xe9;rant cette origine modeste, tant&#xf4;t &#xe0; augmenter son prestige.[...]L’Histoire nous rapporte que le p&#xe8;re de Jar&#xee;r n’&#xe9;tait rien,&amp;nbsp; et que Jar&#xee;r lui a attribu&#xe9; des qualit&#xe9;s et des d&#xe9;fauts que celui-ci n’avait pas, et ceci pour affronter d’autres po&#xe8;tes et dominer ses adversaires [mieux n&#xe9;s].Et ceci ne l’a pas emp&#xea;ch&#xe9; de montrer aux gens que sa po&#xe9;sie avait plus d’importance que ces vaines glorioles.[...].Peut-&#xea;tre la po&#xe9;sie d’al Mutanabb&#xee; ne pouvait surmonter cela, peut-&#xea;tre ne pouvait-il rien ajouter de plus &#xe0; son p&#xe8;re? Peut-&#xea;tre ne pouvait-il en faire un autre homme de toute pi&#xe8;ce? Qui sait! Peut-&#xea;tre &#xe0; la source de tout cela y a-t-il le fait que Jar&#xee;r connaissait son p&#xe8;re et pouvait le d&#xe9;peindre comme il voulait, tandis qu’al Mutanabb&#xee; ne connaissait pas son p&#xe8;re, et donc ne pouvait en donner une image r&#xe9;elle ou fictive.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [ Supplique d’un prisonnier ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de Blach&#xe8;re: n&#xb0;40.&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 80.&lt;br /&gt;M&#xe8;tre mutaq&#xe2;rib, rime&amp;nbsp; d&#xe2;l, 28 vers.&lt;br /&gt;Pan&#xe9;gyrique sous forme de supplique adress&#xe9; de prison au gouverneur de Hom&#xe7; Ish&#xe2;q ibn Kayghalagh .&lt;br /&gt;Al Bad&#xee;‘&#xee; mentionne les &#xe9;v&#xe9;nements qui entourent l’arrestation d’Al Mutanabb&#xee; ,&#xab; Lorsque se propag&#xe8;rent le credo et la r&#xe9;volte d’al Mutanabb&#xee;, celui-ci sortit de Salamya, dans le district de Hom&#xe7;, et rejoignit les bani ‘Ad&#xee;, il fut arr&#xea;t&#xe9; par ‘Al&#xee; alH&#xe2;shim&#xee; dans un village nomm&#xe9; Koutak&#xee;n qui ordonna &#xe0; un charpentier d’entraver ses jambes et son cou de billes de bois de saule [qurma min khashab &#xe7;af&#xe7;&#xe2;f]&amp;nbsp; .&lt;br /&gt;Douze ans plus tard, apr&#xe8;s s’&#xea;tre trouv&#xe9; &#xe0; nouveau captif de cet homme &#xe0; Tripoli, le po&#xe8;te lui adressera une s&#xe9;rie de violentes satire, dont une, que nous reproduisons en fin de chapitre, compos&#xe9;e une fois celui-ci assassin&#xe9; par ses esclaves.&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Prologue courtois, vers 1 &#xe0; 7 ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ H&#xe9;las! Dieu a fl&#xe9;tri la fleur des joues et a d&#xe9;chir&#xe9; en lambeaux les beaux visages.&lt;br /&gt;2/&amp;nbsp; Alors elles ont faits saigner ma pupille et ont fait souffrir mon coeur en se d&#xe9;tournant longtemps de lui. &lt;br /&gt;3/ Et combien d’hommes sont accabl&#xe9;s par l’amour? et combien de martyrs sont tu&#xe9;s &#xe0; cause de l’&#xe9;loignement?&lt;br /&gt;4/ Alors il soupire sur toute l’amertume de la s&#xe9;paration, et les feux de l’amour lui br&#xfb;lent les entrailles. &lt;br /&gt;5/ Il pousse [par ce qu’il dit] d’autres amants &#xe0; la passion, et il tue celle-ci chez celui qui aime avec passionn&#xe9;ment,&lt;br /&gt;6/ Mon &#xe2;me s’adonna &#xe0; d’autres turpitudes par amour de celles qui ont les l&#xe8;vres rouges et les seins arrondis,&lt;br /&gt;7/ mon &#xe2;me et elles &#xe9;taient au service du prince, pour que sa f&#xe9;licit&#xe9; ne cesse d’aller en s’accroissant.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 1: Jeu de mot: Qud&#xfb;d voulant dire: &#xab; ce qui est long est effil&#xe9; &#xbb; est employ&#xe9; deux fois, d’abord pour d&#xe9;signer les lambeaux du visage, et en suite pour dire que ces visages &#xe9;taient eux-m&#xea;mes longs et effil&#xe9;s, c’est &#xe0; dire beaux. &lt;br /&gt;vers 4: Textuellement: &#xab; Il suspend ses feux &#xe0; ses visc&#xe8;res. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 5: C’est &#xe0; dire: &#xab; La beaut&#xe9; de ce qu’il dit de la passion incite ceux qui n’aiment pas &#xe0; aimer, mais en peignant les affres de l’amour il d&#xe9;go&#xfb;te celui qui aime d&#xe9;j&#xe0;, et tue en lui son amour. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 6: Jeu de mot autour de &#xab; alhaja &#xbb;: qui veut absolument t&#xe9;ter, qui s’adonne passionn&#xe9;ment &#xe0; quelque chose.&lt;br /&gt;vers 7: Vers de transition.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Eloge de kayghalagh, vers 8 &#xe0; 17]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;8/ Il d&#xe9;gainait le sabre sans pr&#xe9;venir et offrait des pr&#xe9;sents inattendus.&lt;br /&gt;9/ Les astres de ses richesses &#xe9;taient pauvres, mais ceux des mendiants [qui le suivaient] &#xe9;taient combl&#xe9;s.&lt;br /&gt;10/&amp;nbsp; Si je n’avais rien eu &#xe0; craindre d’autre pour lui que ses ennemis, je lui aurais annonc&#xe9; une f&#xe9;licit&#xe9; &#xe9;ternelle.&lt;br /&gt;11/ Il tourna les crini&#xe8;res de ses chevaux et ses lances vers Alep, et celles-ci firent couler du sang sur la terre.&lt;br /&gt;12/ Les sabres voyageurs ne restaient en place ni sur les nuques [qu’ils tranchaient] ni dans les fourreaux,&lt;br /&gt;13/ &#xe0; l’aube de la bataille ils menaient l’an&#xe9;antissement jusqu’&#xe0; toute arm&#xe9;e, aussi nombreuse fut-elle.&lt;br /&gt;14/ Le Kharshan&#xee; s’enfuit avec ses acolytes comme une brebis qui per&#xe7;oit le rugissement des lions.&lt;br /&gt;15/ Ils crurent dans leur frayeur que le bruit du vent &#xe9;tait celui du hennissement des destriers, et du claquement des &#xe9;tendards.&lt;br /&gt;16/ Et qui est comparable &#xe0; l’&#xe9;mir, petit fils d’&#xe9;mir, comme l’&#xe9;taient ses p&#xe8;res et ses grands-p&#xe8;res ?&lt;br /&gt;17/ Ils se sont couverts d’honneurs encore enfants, ils ont command&#xe9;s [des soldats] et ont montr&#xe9;s leur vaillance alors qu’ils &#xe9;taient encore au berceau.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;br /&gt;vers 8: Jeu de mots avec rime &#xe0; la c&#xe9;sure autour de &#xab; wa‘&#xee;d &#xbb;: menaces, qui s’oppose &#xe0; &#xab; wu‘&#xfb;d &#xbb; promesses.&lt;br /&gt;vers 9: C’est &#xe0; dire, il &#xe9;tait prodigue de ses biens. &lt;br /&gt;vers 11-12: L’imagerie guerri&#xe8;re du po&#xe8;te est d&#xe9;j&#xe0; fix&#xe9;e &#xe0; ce moment de sa carri&#xe8;re, et nous la retrouverons telle quelle dans les pan&#xe9;gyriques d&#xe9;di&#xe9;s &#xe0; Sayf-ud-Dawla. &lt;br /&gt;vers 13: Utilisation du terme &#xab; fana’ &#xbb;: an&#xe9;antissement, annihilation, comme m&#xe9;tonymie de la mort.&lt;br /&gt;vers 14: R&#xe9;gis Blach&#xe8;re nous dit &#xe0; propos de ce vers: &#xab; Ces deux h&#xe9;mistiches font allusion aux faits suivants qui se d&#xe9;roul&#xe8;rent en 324/936.L’&#xe9;mir Badr al-Kharshan&#xee;, nomm&#xe9; gouverneur d’Alep par le Khalife de Baghd&#xe2;d, en avait chass&#xe9; son pr&#xe9;d&#xe9;cesseur Tar&#xee;f qui demanda appui &#xe0; Mohammad l’Ikhsh&#xee;d.Badr ne put se maintenir dans Alep et il battit en retraite devant une contre-offensive ikhshidide [dynastie &#xe9;gyptienne ind&#xe9;pendante &#xe0; laquelle que servait bin Kayghalagh ] partie d’Em&#xe9;s&#xe8;ne. &#xbb; .Cette raillerie [hija’] de Badr al kharshan&#xee;, alors gouverneur d’Alep, &#xe0; qui il d&#xe9;diera par la suite nombre de pan&#xe9;gyriques, ne laisse point de surprendre.Et ceci d’autant plus que le po&#xe8;te comparant ici Ish&#xe2;q bin Kayghalagh &#xe0; un lion, utilise la m&#xea;me m&#xe9;taphore que celle qu’il utilisera ensuite pour d&#xe9;crire Badr lui-m&#xea;me. Paradoxe qui n’a d’ailleurs pas &#xe9;chapp&#xe9; &#xe0; Taha Husayn. &lt;br /&gt;vers 16: Le po&#xe8;te veut dire par l&#xe0; qu’Ish&#xe2;q ibn Kayghalagh descendait de familles d’&#xe9;mirs par ses deux ascendants.&lt;br /&gt;vers 17: Le deuxi&#xe8;me verbe du deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche est &#xab; j&#xe2;d &#xbb;, &#xea;tre g&#xe9;n&#xe9;reux, prodigue; nous l’avons interpr&#xe9;ter comme se r&#xe9;f&#xe9;rant &#xe0; la g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; dans la lutte en raison de l’habitude du po&#xe8;te &#xe0; assimiler ces deux qualit&#xe9;s, et en vue du contexte.La notion de pr&#xe9;cocit&#xe9; chez le &#xab; chef naturel &#xbb; se retrouve dans la thr&#xe8;ne d&#xe9;di&#xe9;e au fils de Sayf-ud-Dawla, Ab&#xfb;-l-Hayja’, vers 6 et 8.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Sa supplique proprement dite, vers 18 &#xe0; 28]&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;18/ &#xd4; ma&#xee;tre de mon asservissement, toi qui est prodigue en argent et affranchit l’esclave.&lt;br /&gt;19/ J’en appelle &#xe0; toi pour mettre un terme &#xe0; mon attente, et la mort est pour moi comme la veine jugulaire.&lt;br /&gt;20/ J’en appelle &#xe0; toi car l’&#xe9;preuve m’use, et le poids de l’acier affaiblit mes jambes.&lt;br /&gt;21/ Avant elles marchaient dans des sandales, et maintenant elles marchent dans des cha&#xee;nes.&lt;br /&gt;22/ Avant je me r&#xe9;unissais avec des gens, et maintenant je me retrouve avec des singes.&lt;br /&gt;23/ On m’a press&#xe9; [d’accepter] la n&#xe9;cessit&#xe9; [de reconna&#xee;tre] les limites, mais ma limite se trouvait avant la n&#xe9;cessit&#xe9; de se prosterner.&lt;br /&gt;24/ On a dit: &#xab; Tu t’es montr&#xe9; hostile envers les mondes! &#xbb; alors que j’&#xe9;tais entre ma naissance et entre [le fait de] m’asseoir.&lt;br /&gt;25/ N’accorde aucun cr&#xe9;dit &#xe0; ces discours mensongers! Le t&#xe9;moignage vaut ce que valent ceux qui t&#xe9;moignent.&lt;br /&gt;26/ N’&#xe9;coute pas ceux qui me ha&#xef;ssent secr&#xe8;tement! Et ne t’occupe pas de querelle de juifs.&lt;br /&gt;27/ Sois celui qui fait la diff&#xe9;rence qu’il y a entre les intentions que l’on me pr&#xea;te d’avoir eu et les faits r&#xe9;els!&lt;br /&gt;28/ De ta main mis&#xe9;ricordieuse rends-moi ma libert&#xe9;, m&#xea;me si j’&#xe9;tais le plus vil des tham&#xfb;d. &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;commentaire:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 19: al ‘Akbar&#xee; y voit de la part du po&#xe8;te une fa&#xe7;on de dire que sa propre mort est imminente. &lt;br /&gt;vers 20 &#xe0; 22: Il est rare qu’al Mutanabb&#xee; utilise un style aussi d&#xe9;pouill&#xe9; dans un de ses po&#xe8;mes.&lt;br /&gt;vers 23:.Si l’on suit al ‘Akbar&#xee; et al W&#xe2;hid&#xee; , dans le deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche ce terme aurait le sens d’&#xe9;chappatoire, de refuge (il serait dans ce cas proche du terme budd).L’id&#xe9;e de &#xab; prosternation &#xbb; [suj&#xfb;d] renvoie &#xe0; un lexique religieux.Une lecture non litt&#xe9;rale du vers serait donc: &#xab; On m’a press&#xe9; d’accepter les limites que m’imposait la soci&#xe9;t&#xe9;, mais moi j’&#xe9;tais encore trop jeune pour qu’il me soit n&#xe9;cessaire de me prosterner (et ceci excuse donc ma tentative de r&#xe9;volte) &#xbb;.Ce lecture du vers est confirm&#xe9;e par le vers 24, o&#xf9; le po&#xe8;te reprend l’argument d’une folie de jeunesse.&lt;br /&gt;Y&#xe2;zij&#xee; dans son &#xe9;dition donne &#xab; Qubayl &#xbb; &#xe0; la place de &#xab; qabl &#xbb; . &lt;br /&gt;vers 24: Il en est de m&#xea;mes pour le terme &#xab; mondes &#xbb; [‘al&#xe2;m&#xee;n] peu usit&#xe9; en po&#xe9;sie non-mystique.Le po&#xe8;te veut dire ici qu’on lui a pr&#xea;t&#xe9; toutes sortes de vell&#xe9;it&#xe9;s absurdes, tel que d’avoir &#xe9;t&#xe9; hostile &#xe0; la soci&#xe9;t&#xe9; alors qu’il ne pouvait pas encore marcher.&lt;br /&gt;vers 25: Le deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche est d&#xe9;j&#xe0; typique des aphorismes de fin d’odes qu’al Mutanabb&#xee; utilisera durant tout le reste de sa carri&#xe8;re.&lt;br /&gt;vers 26: L’&#xe9;dition d’al Y&#xe2;zij&#xee; donne &#xab; ‘ijl &#xbb;: veau, &#xe0; la place de &#xab; Mahk &#xbb;: querelle, dispute; lequel Y&#xe2;zij&#xee; dans son commentaire interpr&#xe8;te cette version ainsi: Le po&#xe8;te aurait dit&amp;nbsp; &#xab; Ne fait pas comme les juifs qui adoraient le veau d’or, c’est &#xe0; dire des absurdit&#xe9;s. &#xbb; Et Yaz&#xee;j&#xee; de rappeler que l’on nomme en arabe le r&#xe9;cit biblique de l’adoration du veau d’or, &#xe9;galement &#xab; la querelle des juifs &#xbb; [Mahk al Yuh&#xfb;d] .&lt;br /&gt;vers 28: La fin de ce vers est une r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; la l&#xe9;gende des tham&#xfb;d, tribu impie ch&#xe2;ti&#xe9;e par Allah mise fr&#xe9;quemment &#xe0; l’index dans les hom&#xe9;lies coraniques.L’expression &#xab; Ashq&#xe2;&amp;nbsp; tham&#xfb;d &#xbb;: le th&#xe2;mud tr&#xe8;s vil, se retrouve en particulier dans la sourate dite du &#xab; soleil &#xbb; [ash-shams] aux versets 11 et 12: &#xab; Les tham&#xfb;d ont cri&#xe9; au mensonge, par r&#xe9;bellion / quand se dressa leur tr&#xe8;s impie &#xbb;; et leur crime est pr&#xe9;cis&#xe9; aux versets 13 et 14: &#xab; et l’ap&#xf4;tre d’Allah leur dit: ne touchez ni &#xe0; la chamelle d’Allah ni &#xe0; son lait / les tham&#xfb;d le trait&#xe8;rent d’imposteur et sacrifi&#xe8;rent la chamelle.Le seigneur les maudit pour leur p&#xe9;ch&#xe9; et les an&#xe9;antit. &#xbb; Ici l’&#xe9;loge atteint son point culminant puisque le po&#xe8;te met indirectement son ge&#xf4;lier en parall&#xe8;le avec Dieu.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[ La chasse au lion ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de Blach&#xe8;re: n&#xb0;60&lt;br /&gt;Recension de W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 224.&lt;br /&gt;49 vers, m&#xe8;tres K&#xe2;mil, rime l&#xe2;m.&lt;br /&gt;Po&#xe8;me compos&#xe9; vers l’ann&#xe9;e 939-940&amp;nbsp; en l’honneur de Badr ibn ‘Ammar ibn Ism&#xe2;‘&#xee;l surnomm&#xe9; Badr al Kharshan&#xee; ou at-Tabarist&#xe2;n&#xee; .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;[Prologue courtois, vers 1 &#xe0; 8]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Les joues s&#xe8;ches du compagnon quand la tribu s’est r&#xe9;solue &#xe0; partir se sont couvertes d’une pluie [de larmes].&lt;br /&gt;2/ &#xd4; regard qui m’a banni le sommeil et a laiss&#xe9; sur la lame de mon coeur ce que j’ai constat&#xe9; &#xea;tre br&#xe8;ches.&lt;br /&gt;3/ Dans ce regard noir de kohl se trouvait l’objet de mes d&#xe9;sirs, mais dans mes entrailles il &#xe9;tait &#xe0; l’image de ma fin.&lt;br /&gt;4/ J’ai trouv&#xe9; en la duret&#xe9; vis &#xe0; vis d’autres que toi une qualit&#xe9; virile, et la constance admirable sauf quand c’est toi qui est loin [de moi].&lt;br /&gt;5/ J’adore tes incessantes minauderies, tandis qu’en g&#xe9;n&#xe9;ral elles m’ennuient facilement [chez les autres].&lt;br /&gt;6/ Ta monture se plaint du poids de ta croupe, de la m&#xea;me fa&#xe7;on que celui qui t’aime se plaint de celui de ton amour en lui,&lt;br /&gt;7/ elle me rend jaloux quand tu tires sur ses r&#xea;nes et rapproches de toi sa poitrine comme si sa bouche demandait un baiser.&lt;br /&gt;8/ Les prunelles des belles sans fard attisent au jour de la s&#xe9;paration ma soif br&#xfb;lante et mon ardeur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire:&lt;br /&gt;Vers 1 &#xe0; 8: Ibn Qutayba (828-889), critique traditionaliste a essay&#xe9; de justifier la raison d’&#xea;tre de ces incongrus prologue courtois dans un v&#xe9;ritable manuel du bon go&#xfb;t en mati&#xe8;re de litt&#xe9;rature &#xab;Le livre de la po&#xe9;sie et des po&#xe8;tes &#xbb;: J’ai entendu dire par un certain homme de lettre que l’auteur d’une ode commence dans tous les cas par une &#xe9;vocation du campement, des d&#xe9;bris et des traces [de celui-ci], il pleure, il se plaint, il s’adresse au campement et prie ses compagnons de s’arr&#xea;ter, et en profite pour rappeler celles qui sont parties en liti&#xe8;res &#xe0; chameaux.[...]Il parvient ensuite au prologue courtois [le &#xab; nas&#xee;b &#xbb;,la premi&#xe8;re partie &#xe9;tant proprement dite le &#xab;rah&#xee;l &#xbb; ou voyage], pleure la violence de sa passion, la souffrance de la s&#xe9;paration, l’exc&#xe8;s de son amour et de son ardeur, pour gagner les coeurs &#xe0; sa cause [...].Quand il a bien &#xe9;tabli pour celui qui l’&#xe9;coute qu’elles ont &#xe9;t&#xe9; les adversit&#xe9;s auxquelles il a d&#xfb; faire face durant son voyage, il entame l’&#xe9;loge.Il incite ce dernier &#xe0; le r&#xe9;compenser, excite sa bienveillance, lui donne la pr&#xe9;f&#xe9;rence sur ses pairs, et les amoindris face &#xe0; sa grandeur&amp;nbsp; .&lt;br /&gt;Les Vers 6 et 7:Ne se trouvent pas dans l’&#xe9;dition d’al Y&#xe2;zij&#xee;.&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Premi&#xe8;re &#xe9;loge de Badr, Vers 9 &#xe0; 17.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9/ Badr bin ‘Amm&#xe2;r bin Ism&#xe2;‘&#xee;l chercherait protection contre tous les assassins sauf contre de telles prunelles.&lt;br /&gt;10/ Il d&#xe9;livre celles-ci des grands maux, et laisse le roi puissant soumis.&lt;br /&gt;11/ Il est querelleur, et quand son rival ne donne pas gage de sa soumission, le sabre en est alors pour lui le garant.&lt;br /&gt;12/ Il est &#xe9;loquent quand la parole abaisse son voile [alors] il offre par son langage aux coeurs [leurs] raisons. &lt;br /&gt;13/ Sa g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; a contamin&#xe9; le temps, qui a &#xe9;t&#xe9; g&#xe9;n&#xe9;reux par lui, car il avait &#xe9;t&#xe9; auparavant avare de lui.&lt;br /&gt;14/ Sa main d&#xe9;gaine son sabre de bon acier comme un &#xe9;clair jaillit au milieu des nuages blancs.&lt;br /&gt;15/ De l&#xe0; o&#xf9; elle se dresse jaillissent des pr&#xe9;sents en telle profusion que,&amp;nbsp; torrent, ceux-ci ne trouveraient pas de lit &#xe0; leur mesure.&lt;br /&gt;16/ Les lames des ses sabres sont fines comme si elles &#xe9;taient amaigries d’amour pour les cous [qu’elles d&#xe9;sirent atteindre].&lt;br /&gt;17/ Toi qui est celui qui fait mordre la poussi&#xe8;re au lion puissant &#xe0; l’aide de son seul fouet, pour qui gardes-tu le sabre poli?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Commentaire:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 9: Vers de transition entre Nas&#xee;b [prologue courtois] et Madh [l’&#xe9;loge proprement dite], comme on le verra par la suite, la r&#xe8;gle impos&#xe9;e aux po&#xe8;tes par la tradition, de devoir toujours commencer leurs odes par les lamentations de l’amant arrach&#xe9; &#xe0; sa bien aim&#xe9;e, poussait les po&#xe8;tes &#xe0; chercher des transitions toujours plus habiles pour introduire le personnage qu’ils &#xe9;taient charg&#xe9;s de louer, sans rompre pour autant le fil de la narration.Ibn Qutayba a soulign&#xe9; d’ailleurs l’impitoyable l’intransigeance de la tradition, m&#xea;me concernant les moindres d&#xe9;tails de la facture des po&#xe8;mes:Les modernes ne doivent pas sortir du chemin trac&#xe9; par les anciens en ce qui concerne les diff&#xe9;rentes parties [de l’ode], ils ne doivent pas s’arr&#xea;ter en des lieux habit&#xe9;s, ou pleurer devant des constructions encore debouts...&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;br /&gt;vers 12: Al W&#xe2;hid&#xee; explique cette image ainsi: &#xab; Les arabes &#xe9;taient voil&#xe9;s par leurs turbans [tatalaththam&#xfb; bi‘am&#xe2;’imiha], et lorsqu’il d&#xe9;siraient s’exprimer, ils le d&#xe9;couvraient &#xe0; hauteur de leurs bouches... &#xbb; .L’id&#xe9;e que le coeur, si&#xe8;ge du sentiment est d&#xe9;pourvu de raison, ne renvoie peut-&#xea;tre pas dans la langue du po&#xe8;te &#xe0; l’id&#xe9;e d’intelligence rationnelle, mais &#xe0; l’id&#xe9;e de &#xab; sens aux choses &#xbb; que conserverait le prince par-del&#xe0; tout ce que l’univers peut avoir d’illogique. Comme on le voit dans le vers tir&#xe9; de l’ode &#xe0; Ab&#xfb;-l-Hayja’: &#xab; Je n’en connais pas d’autre plus rebelle que toi aux larmes, et plus constant dans la raison et les coeurs sont sans raison &#xbb; .&lt;br /&gt;Vers 13: Le po&#xe8;te ne se cite pas nomm&#xe9;ment dans ce vers, mais les commentateurs s’accordent &#xe0; reconna&#xee;tre qu’il parle de lui.La vie d’al Mutanabb&#xee; avait effectivement &#xe9;t&#xe9; fort difficiles avant sa rencontre avec Badr, il avait &#xe9;t&#xe9; emprisonn&#xe9; &#xe0; la suite de sa r&#xe9;volte avort&#xe9;e, et avait connu la mis&#xe8;re ; Badr fut donc son premier vrai m&#xe9;c&#xe8;ne, et c’est effectivement sans doute gr&#xe2;ce &#xe0; ce dernier qu’il d&#xe9;couvrira les luxes de la vie de courtisan .&lt;br /&gt;vers 16: C’est &#xe0; dire: &#xab; De la m&#xea;me mani&#xe8;re que les amants d&#xe9;laiss&#xe9;s maigrissent de chagrin quand ils sont &#xe9;loign&#xe9;s de celles qu’ils aiment, ces sabres ont des lames fines car ils se sont amaigris de chagrin ayant trop longtemps &#xe9;t&#xe9; &#xe9;loign&#xe9;s des cous qu’ils voulaient trancher... &#xbb;.&lt;br /&gt;Vers 17: Vers de transition entre cette premi&#xe8;re &#xe9;loge de son m&#xe9;c&#xe8;ne, et la partie qui nous rapporte l’&#xe9;pisode de la chasse au lion proprement dite.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Description du lion, vers 18 &#xe0; 25.]&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;p&gt;18/ Il faisait r&#xe9;gner la terreur sur le Jourdain, car s’y empilaient comme des collines les t&#xea;tes des caravanes d&#xe9;cim&#xe9;es.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;19/ Il &#xe9;tait couleur fauve, et venait s’abreuve au lac de Tib&#xe9;riade, et pourtant ses rugissements [eux] allaient s’abreuver au Nil et &#xe0; l’Euphrate,&lt;br /&gt;20/ rougi du sang des cavaliers il &#xe9;tait v&#xea;tu dans sa tani&#xe8;re avec sa crini&#xe8;re d’une [autre] tani&#xe8;re,&lt;br /&gt;21/&amp;nbsp; on ne pouvait le regarder dans les yeux sans penser au feu d’une grande troupe &#xe0; la halte [br&#xfb;lant] dans les t&#xe9;n&#xe8;bres,&lt;br /&gt;22/ [il vivait] dans la solitude du moine, sauf qu’il ne distinguait pas le licite de l’illicite.&lt;br /&gt;23/ Il foulait la terre humide avec bienveillance dans sa fiert&#xe9;, comme s’il eut &#xe9;t&#xe9; un m&#xe9;decin palpant un malade.&lt;br /&gt;24/ Il rejetait sa crini&#xe8;re sur le sommet de son cr&#xe2;ne de sorte qu’elle y fasse comme une couronne.&lt;br /&gt;25/ Son &#xe2;me le pensait tant il rugissait &#xe0; cause de la violence de son courroux distrait d’elle-m&#xea;me.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;br /&gt;Vers 19: Jeu de mot autour de &#xab; ward &#xbb; nom d’action de &#xab; waruda &#xbb;: &#xea;tre de couleur fauve, et &#xab; warada &#xbb;: venir s’abreuver.Le po&#xe8;te d&#xe9;signe le lion &#xe0; l’aide d’une double m&#xe9;tonymie des deux attributs de celui-ci, sa couleur et ses rugissements.Le deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche pourrait &#xea;tre compris ainsi: &#xab; Et pourtant il faisait r&#xe9;gner la terreur du Nil &#xe0; l’Euphrate &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 20: Le lion est en arabe commun&#xe9;ment d&#xe9;sign&#xe9; comme: celui qui porte la crini&#xe8;re [dhu allibda].&lt;br /&gt;Vers 22: Le terme employ&#xe9; par le po&#xe8;te &#xab; ruhb&#xe2;n &#xbb; appartient uniquement au lexique chr&#xe9;tien (il n’y a pas d’ordre monacal en Isl&#xe2;m), tandis que &#xab; tahl&#xee;l &#xbb;: licite, et &#xab; tahr&#xee;m &#xbb;: illicite, sont des termes appartenant au vocabulaire musulmans; ce qui indique que le po&#xe8;te sous-entend ici l’id&#xe9;e de r&#xe8;gle dans le sens de &#xab; loi commune&amp;nbsp; &#xbb;.Le po&#xe8;te semble vouloir nous indiquer que la f&#xe9;rocit&#xe9; du lion &#xe9;tait sauvage et sans distinction.Cette notion&amp;nbsp; d’absence de loi, qui diff&#xe9;rencierait la mani&#xe8;re d’agir du lion par rapport &#xe0; celles des autres animaux, se trouve d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;nonc&#xe9;e un si&#xe8;cle auparavant par al J&#xe2;hiz (voir passage traduit dans le commentaire du vers 24). Les&amp;nbsp; r&#xe9;f&#xe9;rences aux moines chr&#xe9;tiens se retrouvent fr&#xe9;quement dans la po&#xe9;sie du Moyen-&#xe2;ge musulman, on la trouve ainsi chez Bashsh&#xe2;r, dans une de ses pi&#xe8;ces &#xe0; sa bien-aim&#xe9;e &#xab; ’abda &#xbb;, o&#xf9; le po&#xe8;te compare la force de fascination de celle-ci &#xe0; celle exerc&#xe9;e par le messie sur &#xab; le moine des chr&#xe9;tiens &#xbb; [ruhb&#xe2;n an-na&#xe7;&#xe2;r&#xee;] . L’emploi de l’image de l’amour du chr&#xe9;tien pour son sauveur &#xe0; des fins po&#xe9;tiques, sera &#xe9;galement utilis&#xe9; par al Mutanabb&#xee;, cf in &#xab; Sayfiyy&#xe2;t &#xbb;, l’ode intitul&#xe9;e &#xab; La d&#xe9;faite &#xbb; vers 16.&lt;br /&gt;Vers 23: Le lion r&#xf4;de, et la terre humide des bords du Jourdain est compar&#xe9;e &#xe0; la peau couverte de sueur d’un malade; alors pour ne pas lui faire de mal, il avance avec douceur.Ce que nous traduisons&amp;nbsp; par fiert&#xe9; [t&#xee;h], est sa complaisance pour la faiblesse de celle-ci face &#xe0; lui.Ce terme polys&#xe9;mique renvoie &#xe9;galement &#xe0; la notion d’&#xe9;garement, d’erreur, comme si la fiert&#xe9; du lion, trop s&#xfb;r de lui, l’avait &#xe9;gar&#xe9; sur une terre sur laquelle il se serait cru &#xe0; l’abri de tout danger .&lt;br /&gt;Vers 24: L’id&#xe9;e du lion comme roi des animaux, que le po&#xe8;te mentionne ici non sans humour est un vieux topos de la litt&#xe9;rature arabe m&#xe9;di&#xe9;val, comme le montre ce passage tir&#xe9; du &#xab; Livre des animaux d’al J&#xe2;hiz [776-868]: Le lion est le seigneur des b&#xea;tes&amp;nbsp; f&#xe9;roces, c’est lui qui mange les charognes, il ne fait nul cas des lois que suivent&amp;nbsp; les autres animaux sauvages qu’il chasse, ni de celle des hommes.Il ne laisse rien de sa proie, il boit d’abord son sang, ouvre son ventre et mange le pus [ghathitha], la lie [thufl], les entrailles [hawsha],et les d&#xe9;jections [zibl] qui se trouve &#xe0; l’int&#xe9;rieur, et tout cela profite ensuite au chat musqu&#xe9; lorsqu’il le vomit .&lt;br /&gt;Vers 25: Vers difficile, tant ce que veut dire le po&#xe8;te semble confus; car se trouvant &#xe0; la fin de la partie concernant la description du lion proprement dite, le po&#xe8;te peut vouloir ainsi souligner soit l’aspect oisif d’un lion inattentif au danger qui le guette, soit vouloir au contraire souligner la puissance de ce dernier en montrant qu’il n’avait eu jusque l&#xe0; rien d’&#xe9;ventuels ennemis, l’expression &#xab; tazannuhu...nafsuhu &#xbb; laisse de toute fa&#xe7;on supposer que le lion &#xe9;tait cr&#xe9;dule d’une situation qui ne devait pas perdurer.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; [Face &#xe0; face du lion et de Badr, description de la monture de celui-ci,&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;vers 26 &#xe0; 32]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;26/ La peur qu’il inspirait au pur-sang que montait le brave [Badr] fit avancer celui-ci &#xe0; petits pas comme si il &#xe9;tait entrav&#xe9;.&lt;br /&gt;27/ Il jeta sa proie et gronda devant elle, car comme tu t’approchais il pensa que tu venais pour [la] manger sans y avoir &#xe9;t&#xe9; invit&#xe9;&lt;br /&gt;28/ Mais si vous &#xe9;tiez aussi braves l’un que l’autre, tu te diff&#xe9;renciais de lui par l’hospitalit&#xe9; de ta table.&lt;br /&gt;29/ C’&#xe9;tait un lion qui d&#xe9;couvrait ses membres [ant&#xe9;rieurs] en toi, [car] il y avait chez tous deux une [m&#xea;me] robustesse, une m&#xea;me taille souple, de m&#xea;mes solides avant-bras.&lt;br /&gt;30/ [Il &#xe9;tait assis] sur la selle d’un pur sang aux fines jointures &#xe0; qui il renon&#xe7;ait &#xe0; trouver d’&#xe9;gal.&lt;br /&gt;31/ Il [le pur-sang] atteignait [tous] les buts requis, et sinon il indiquait par la position sa bride ce qu’il ne pouvait atteindre. &lt;br /&gt;32/ Son encolure &#xe9;tait tremp&#xe9;e de sueur quand tu le faisais galoper on croyait que ses r&#xea;nes s’&#xe9;taient d&#xe9;nou&#xe9;es.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 27: Comparaison flatteuse de Badr qui est d&#xe9;peint ainsi lui-m&#xea;me comme un lion, cette comparaison sera reprise diff&#xe9;remment dans le vers 29.L’id&#xe9;e que Badr est lui aussi comme un fauve affam&#xe9; venu d&#xe9;rober cette proie au lion, est rendue par le terme &#xab; tatf&#xee;l &#xbb;, qui signifie: &#xab; venir &#xe0; un repas sans y avoir &#xe9;t&#xe9; invit&#xe9;. &#xbb; L’image du prince d&#xe9;crit lui-m&#xea;me comme un lion est peut-&#xea;tre un emprunt &#xe0; al-Bohtor&#xee;, voir po&#xe8;me suivant.Elle sera utilis&#xe9;e &#xe0; nouveau par al Mutanabb&#xee; dans l’ode o&#xf9; il d&#xe9;crit la campagne militaire de Sayf-ud-Dawla en territoire byzantin, voir vers 50.&lt;br /&gt;vers 28: Emploi que l’on trouvera r&#xe9;miniscent chez al Mutanabb&#xee; du terme &#xab; khuluq &#xbb; pour d&#xe9;signer la nature inh&#xe9;rente, le caract&#xe8;re naturel, qui rel&#xe8;ve de la noblesse qui diff&#xe9;rencie le prince lou&#xe9; des autres cr&#xe9;atures, et qui est ici &#xe9;galement attribu&#xe9;e au lion.&lt;br /&gt;Vers 29: L’&#xe9;latif qu’il emploie: &#xab; Azallu &#xbb;, signifie textuellement :&#xab; qui les fesses maigres et les hanches minces &#xbb;, caract&#xe9;ristiques pour les anciens arabes de souplesse, d’endurance et d’agilit&#xe9; .&lt;br /&gt;Vers 31: Litt&#xe9;ralement &#xab; par la position de sa bride&#xbb; [makana lij&#xe2;miha], indique&amp;nbsp; que le cheval montre par l&#xe0; au cavalier d’un signe de la t&#xea;te, son impossibilit&#xe9; d’atteindre l’objectif que lui assigne ce dernier.Le po&#xe8;te souligne ici l’intelligence d’un tel coursier hors du commun.&lt;br /&gt;vers 32: Le deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche suscite divers interpr&#xe9;tations.Y&#xe2;zij&#xee;&amp;nbsp; et al ‘Akbar&#xee;&amp;nbsp; y lisent: &#xab; Il ob&#xe9;issait avec une telle promptitude aux ordres, que lorsque le cavalier voulait l’arr&#xea;ter dans sa course, celui-ci avait l’impression que celles-ci &#xe9;taient d&#xe9;nou&#xe9;es. &#xbb;Ibn Dost, rapport&#xe9; par al W&#xe2;hid&#xee;&amp;nbsp; pense qu’il s’agit l&#xe0; au contraire d’une description de l’incapacit&#xe9; du cavalier &#xe0; arr&#xea;ter un tel cheval une fois lanc&#xe9;.Al W&#xe2;hid&#xee; pense quant &#xe0; lui qu’il s’agit l&#xe0; d’une fa&#xe7;on de dire que le cheval avait le cou tr&#xe8;s long, et que lorsqu’il relevait la t&#xea;te les r&#xea;nes restaient l&#xe2;che dans les mains du cavalier . &lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Le combat, vers 33 &#xe0; 40.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;33/ Il [le lion] restait ramass&#xe9; &#xe0; hauteur de son poitrail pour bondir, et tu aurais pu croire alors qu’il &#xe9;tait aussi long que large. &lt;br /&gt;34/ Il brisait ainsi les pierres sous son poids comme s’il voulait ainsi rejoindre les profondeurs [de la terre].&lt;br /&gt;35/ Comme si son regard l’avait induit en erreur en s’approchant il ne vit pas toute l’&#xe9;tendue du danger [qu’il courait].&lt;br /&gt;36/ Le refus de l’ignominie [d’&#xea;tre l&#xe2;che] diminue aux yeux du brave le nombre r&#xe9;el de ses ennemis.&lt;br /&gt;37/ Le d&#xe9;shonneur est p&#xe9;nible, et la mort n’est pas effrayante pour celui qui craint ce qui se dit [&#xe0; propos d’un tel d&#xe9;shonneur].&lt;br /&gt;38/ Il devan&#xe7;a ton assaut en attaquant d’un bond, et si tu ne l’avais frapp&#xe9; il t’aurait d&#xe9;pass&#xe9; d’un mille.&lt;br /&gt;39/ Tandis que tu l’affrontais ses forces le trahirent, il ne trouva pour tout secours que de se soumettre et de rouler &#xe0; terre.&lt;br /&gt;40/&amp;nbsp; Le destin empoigna ses pattes et son cou, comme si tu l’avais trouv&#xe9; encha&#xee;n&#xe9;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Vers 36:Premier aphorisme de ceux qui ont rendu al Mutanabb&#xee; c&#xe9;l&#xe8;bre, le po&#xe8;te excelle d&#xe9;j&#xe0; dans cet ode &#xe0; cet exercice, trois autre vers proverbiaux, les 37, 41, 42, et 49 marquent la conclusion de l’anecdote de la chasse au lion.Il est paradoxale de remarquer que c’est l’animal destin&#xe9; &#xe0; &#xea;tre vaincu, et non Badr, qui est pour le po&#xe8;te pr&#xe9;texte &#xe0; cet exercice.&lt;br /&gt;vers 38: Nous avons traduit par &#xab; mille &#xbb; le terme arabe &#xab; m&#xee;l &#xbb; emprunt&#xe9; aux romains.&lt;br /&gt;vers 40: Aux yeux d’al W&#xe2;hid&#xee; al Mutanabb&#xee; a eu tort de composer un tel vers dans son &#xe9;loge, car ce dernier occulte selon lui l’exploit du prince .&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Aphorismes et conclusion du combat, vers 42 et 43.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;41/ Un parent du lion entendit ce qui lui &#xe9;tait arriv&#xe9;, et hier au soir se sauva rapidement, terrifi&#xe9; par toi.&lt;br /&gt;42/ Le fuir est plus amer [que mourir] pour qui le fuit, car c’est l&#xe0; mourir [de peur] sans &#xea;tre tu&#xe9;.&lt;br /&gt;43/ La perte de celui qui choisit la bravoure par amiti&#xe9;, a averti [du danger] un compagnon qui a choisi de prendre la fuite.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Eloge finale de Badr, vers 44 &#xe0; 45. ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;44/ Si les hommes partageaient ta connaissance de Dieu, celui-ci n’aurait pas eu &#xe0; envoyer de proph&#xe8;te.&lt;br /&gt;45/ Si les hommes s’exprimaient comme toi, Dieu n’aurait pas fait descendre sur eux la loi coranique, ni la torah, ni les &#xe9;vangiles.&lt;br /&gt;46/&amp;nbsp; Si tu leur avais offert avant l’heure ce que tu leur offre maintenant, ils n’auraient pas eu besoin d’esp&#xe9;rer.&lt;br /&gt;47/ Je te connaissais sans te conna&#xee;tre vraiment, car tu m’&#xe9;tais inconnu, mais non pas par manque de c&#xe9;l&#xe9;brit&#xe9;.&lt;br /&gt;48/ La colombe chante ta gloire, noble chef, et les pur-sang hennissent de joie lorsque tu les m&#xe8;nes au combat.&lt;br /&gt;49/ Tous ceux qui cherchent la grandeur n’y parvienne pas, et tous les hommes ne sont pas remarquables. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 44: Le po&#xe8;te est &#xe0; la limite du blasph&#xe8;me, il est r&#xe9;v&#xe9;lateur de l’atmosph&#xe8;re religieux de l’&#xe9;poque qu’on ait pu le laisser impun&#xe9;ment tenir de tels propos.&lt;br /&gt;vers 45 : Ce vers reprend la m&#xea;me id&#xe9;e que le vers 12, que la loi passe par la parole du prince &#xe0; l’instar d’une loi divine.&lt;br /&gt;vers 46 : Textuellement, &#xab;...ils n’auraient pas connu l’esp&#xe9;rance. &#xbb;Le po&#xe8;te pense certainement &#xe0; lui lorsqu’il dit cela.Ce vers reprend lui aussi une id&#xe9;e d&#xe9;j&#xe0; &#xe9;nonc&#xe9;e en d&#xe9;but de po&#xe8;me, voir vers 13, commentaire de ce vers et notes.&lt;br /&gt;vers 47: Ce vers en arabe est &#xe0; la forme passive, c’est d’apr&#xe8;s le contexte que nous le mettons dans la bouche du po&#xe8;te qui, en toute logique, &#xe9;toffe ici ce qu’il vient de dire d&#xe9;j&#xe0; dans le vers pr&#xe9;c&#xe9;dent.&lt;br /&gt;vers 48: Textuellement: &#xab;... Lorsque tu les charges d’un lourd fardeau .&#xbb;&lt;br /&gt;vers 49: Le terme &#xab; fuh&#xfb;l &#xbb; que nous traduisons par &#xab; remarquables &#xbb; et qui signifie textuellement &#xab; m&#xe2;les, &#xe9;talons &#xbb; peut renvoyer aussi bien au po&#xe8;te hors pair, que l’on dit &#xab; fahl &#xbb;, et dans ce cas ce serait l&#xe0; un vers de jactance, qu’au m&#xe9;c&#xe8;ne ce qui serait la conclusion de la louange.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Appendice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &#xab; Chasse au lion &#xbb;, version d’al Bohtor&#xee;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Al Bohtor&#xee; [mort en 898] , a lui aussi d&#xe9;crit une chasse au lion &#xe0; la gloire d’un des vizirs, nomm&#xe9; Fath bin Kh&#xe2;q&#xe2;n, du Calife al-Mutawakkil,&amp;nbsp; dont il &#xe9;tait le chantre.&lt;br /&gt;Le combat entre le vizir et le lion eut lieu dans le parc animalier situ&#xe9; non loin du palais de nouvelle capitale d’al Mutawakkil, S&#xe2;marr&#xe2;, dans lequel le lion s’&#xe9;tait introduit .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;M&#xe8;tre taw&#xee;l, 44 vers, rime b&#xe2;.&lt;br /&gt;D&#xee;w&#xe2;n, volume 1, po&#xe8;me n&#xb0;64, page 196.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [ Prologue courtois, vers 1 &#xe0; 11]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Est-ce que ton assiduit&#xe9; [envers elle] n’a pas cess&#xe9;? Un fant&#xf4;me voyage de nuit vers Zaynab quand reviennent les t&#xe9;n&#xe8;bres.&lt;br /&gt;2/ Il chemine de nuit des hauteurs du Levant, sa torpeur le conduit &#xe0; elle, tel le souffle de la brise du jardin, le vent de l’Est le m&#xe8;ne &#xe0; elle.&lt;br /&gt;3/ Il ne m’a pas rendu visite sans que je ne tombe folle d’amour pour lui et je n’ai pu que lui dire &#xab; Sois le bienvenue &#xbb;.&lt;br /&gt;4/ Et durant notre nuit pass&#xe9;e en voisinage de jiz’, il m’a t&#xe9;moign&#xe9; de la douce patience de son amour ardent.&lt;br /&gt;5/ Elle s’est approch&#xe9;e &#xe0; la lumi&#xe8;re du clair de lune, qui s’&#xe9;tait lev&#xe9;e, et elle a pris la place de la lune lorsque celle-ci eut disparu.&lt;br /&gt;6/ Si il avait &#xe9;t&#xe9; bien vrai qu’elle l’avait approch&#xe9; pour &#xe9;teindre sa soif ardente alors elle l’aurait lib&#xe9;r&#xe9; des supplices de sa passion?&lt;br /&gt;7/ Je te connais tu r&#xe9;veilles une esp&#xe9;rance, mais c’est celle[trompeuse], d’un nuage qui ne donnera pas d’eau, qui lance des &#xe9;clairs que nulle pluie ne suit.&lt;br /&gt;8/ J’avais vu que tu te d&#xe9;tournais par coquetterie, il n’y avait pas d’autre solution que de s’&#xe9;loigner.&lt;br /&gt;9/ Telle &#xe9;tait ma douleur! Jusqu’&#xe0; quand supplierais-je d’&#xea;tre interdit d’aimer, aurais-je foi en la perfide, chercherais-je &#xe0; &#xea;tre consol&#xe9;?&lt;br /&gt;10/ Tant&#xf4;t, je d&#xe9;tourne mon coeur de toi! Tant&#xf4;t je suivais la voix de l’amour quand mon coeur se rebellait et refusait [de se d&#xe9;tourner]. &lt;br /&gt;11/ Je dis &#xe0; une caravane en qu&#xea;te de provision &#xab; Mettez-vous rapidement en route, &#xe0; l’heure de la nuit sombre o&#xf9; elle est absente! &#xbb;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;br /&gt;vers 1 et 4: sont cit&#xe9;s par al H&#xe2;tim&#xee;, dans sa &#xab; Risala al Mudiha &#xbb;, page 194, &lt;br /&gt;quand s’adressant &#xe0; al Muhallab&#xee; il vante la description que fait al Bohtor&#xee; du spectre [tayyaf] de l’amant .&lt;br /&gt;vers 9-10: Ces deux vers de par leur rythme font penser &#xe0; la po&#xe9;sie courtoise de Bashsh&#xe2;r, o&#xf9; al Bohtor&#xee; a pu puiser son inspiration.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[ Eloge de Fath Ibn Kh&#xe2;q&#xe2;n, vers 12 &#xe0; 24]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;12/ Vous serez combl&#xe9;s en parvenant aupr&#xe8;s de Fath Ibn Kh&#xe2;q&#xe2;n, sa g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; universelle s’&#xe9;tend &#xe0; vous, il est le plus &#xe0; m&#xea;me de satisfaire.&lt;br /&gt;13/ Il est le nuage charg&#xe9; de pluie &#xe0; l’horizon, sa pluie arrose la terre,&lt;br /&gt;et les queues de ses &#xe9;clairs brillants s’envolent.&lt;br /&gt;14/ Quand il s’enflamme dans la guerre il renverse ses ennemis [par ses &#xe9;clairs], et s’il se r&#xe9;pand en action noble il submerge les sommets. &lt;br /&gt;15/ Il est grave et pos&#xe9; quand le peuple manque de patience, et grave et digne lorsque celui-ci pousse des cris suite &#xe0; un al&#xe9;as du sort.&lt;br /&gt;16/ Vivant tu combles de tes bienfaits tous ceux qui te croisent, une fois mort, la peine [que leur causera ta perte] mettra en col&#xe8;re ceux qui te rencontreront.&lt;br /&gt;17/&amp;nbsp; Il est opini&#xe2;tre,&amp;nbsp; quand tu rivalises avec lui dans l’adversit&#xe9;, mais si tu viens humble &#xe0; lui, il t’associe &#xe0; lui.&lt;br /&gt;18/ C’est un h&#xe9;ros, dont la vaillance ne faiblit pas,&amp;nbsp; et qui ne passe pas la nuit &#xe0; consid&#xe9;rer les points faibles des ennemis en s’en &#xe9;tonnant.&lt;br /&gt;19/ S’il est se propose d’agir, l’ennemi ne pourra le tenir en place, s’il d&#xe9;cide de s’abstenir nulle provocation ne pourra le faire remuer.&lt;br /&gt;20/ Il lui a &#xe9;t&#xe9; pr&#xea;t&#xe9; l’affection des coeurs, et il a &#xe9;t&#xe9; donn&#xe9; &#xe0; sa main [d’emporter] une victoire terrifiante ses ennemis.&lt;br /&gt;21/ Sois pr&#xe9;serv&#xe9; des al&#xe9;as du sort et des &#xe2;mes chiches! Qu’ils ne t’envient pas ce que tu es.&lt;br /&gt;22/ Il n’est pas d’homme m&#xe9;ritant qui ne se mette &#xe0; ton service, ni d’homme sage qui ne te donne son avis.&lt;br /&gt;23/ Les jaloux n’ont pu te porter rancoeur sans que tu ne les attaques d’une mani&#xe8;re g&#xe9;n&#xe9;reuse&amp;nbsp; et juste.&lt;br /&gt;24/ Ils ont d&#xe9;j&#xe0; mis &#xe0; l’&#xe9;preuve dans le pass&#xe9; ta r&#xe9;solution,&amp;nbsp; tu les as surpass&#xe9; en cela avec l’aide de ton sabre tranchant et &#xe9;prouv&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 12: Le po&#xe8;te s’adresse toujours &#xe0; la caravane imaginaire du vers 11.&lt;br /&gt;vers 13: Comme chez la plupart des po&#xe8;tes n&#xe9;oclassiques, l’image du nuage g&#xe9;n&#xe9;reux est associ&#xe9; &#xe0; celle de la guerre. &lt;br /&gt;vers 14: Nous avons opt&#xe9; pour le mot-&#xe0;-mot, car le jeu de mot repose enti&#xe8;rement sur la comparaison de Fath avec un nuage qui d&#xe9;verserait des torrents de pluie et noierait ses ennemis comme un d&#xe9;luge.&lt;br /&gt;vers 16: Ce vers fait r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; la gloire posthume du m&#xe9;c&#xe8;ne, qui chant&#xe9; par le po&#xe8;te trouvera l’immortalit&#xe9; dans ses vers.Le&amp;nbsp; deux derniers vers de l’ode font &#xe9;cho &#xe0; cette id&#xe9;e de p&#xe9;rennit&#xe9; du roi exalt&#xe9; par le biais de la parole qui, elle, ne meurt pas.&amp;nbsp; &lt;br /&gt;vers 18-19: Nous traduisons pas h&#xe9;ros le terme &#xab; Fatan &#xbb;, terme g&#xe9;n&#xe9;rique et polys&#xe9;mique par ailleurs.Allusion probable ici &#xe0; la fois aux qualit&#xe9;s m&#xe2;les du personnage lou&#xe9;, et &#xe0; sa vaillance, &#xab; ‘Ajz &#xbb; voulant textuellement dire: croupion.&lt;br /&gt;21: Textuellement: &#xab; Qu’ils ne t’envient ni p&#xe8;re, ni m&#xe8;re &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 24: Vers de transition qui introduit la sc&#xe8;ne de chasse au lion.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [ Description du lion, vers 25 &#xe0; 31.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;25/ Tu as rencontr&#xe9; le lion &#xe0; l’aube, il &#xe9;tait cach&#xe9; dans son antre, il aff&#xfb;tait ses crocs, et ses griffes pour la bataille.&lt;br /&gt;26/ Il s’&#xe9;tait retranch&#xe9; dans les jardins de &#xab; Nahr N&#xee;zak &#xbb;, et se croyait inaccessible en raison de la densit&#xe9; son immense jungle.&lt;br /&gt;27/ Il r&#xf4;dait dans une caverne encaiss&#xe9;e entre des hauteurs, descendant pour boire &#xe0; une mare qu’alimentaient des torrents.&lt;br /&gt;28/&amp;nbsp; Il s’y divertissait &#xe0; jouer avec les fleurs argent&#xe9;es et scintillantes de camomille, et avec les n&#xe9;nuphars qui flottaient sur l’eau.&lt;br /&gt;29/ S’il le voulait il se nourrissait d’une onagre, attaquait les chamelles d’un troupeau, ou chassait un troupeau de vaches sauvages.&lt;br /&gt;30/ A chaque lever de soleil, il ramenait &#xe0; ses lionceaux une proie d&#xe9;chiquet&#xe9;e, ou rougie de sang.&lt;br /&gt;31/ Celui qui chasse sur tes terres court &#xe0; sa perte, ou devra ployer sous le poids de la honte de son erreur.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;br /&gt;vers 25: Vision anthropomorphique du lion qui aff&#xfb;te ses grilles comme si elles &#xe9;taient des sabres, du type de celles que l’on retrouve souvent chez al Mutanabb&#xee;.&lt;br /&gt;vers 27: L’image du lion sortant de son antre pour venir s’abreuver a directement inspir&#xe9; al Mutanabb&#xee; qui la reproduit dans son po&#xe8;me, vers 19.&lt;br /&gt;vers 30: L’image et le lexique employ&#xe9;es dans ce vers sont tr&#xe8;s proche de ceux &lt;br /&gt;du vers 20 d’al Mutanabb&#xee;: ainsi l’emploi de la racine kh-d-b, pour d&#xe9;crire chez al Mutanabb&#xee; le lion lui-m&#xea;me couvert de sang, tandis qu’il s’agit de la proie ensanglant&#xe9;e chez al Buhtur&#xee;, et ceci coupl&#xe9; &#xe0; l’image de l’antre dans laquelle se r&#xe9;fugie le fauve apr&#xe8;s sa chasse; il est int&#xe9;ressant de noter &#xe9;galement un parall&#xe8;le dans la progression des deux po&#xe8;mes, depuis l’image du lion qui s’abreuve (vers 19 de Mutanabb&#xee;. et 27 de Bohtor&#xee;.).&lt;br /&gt;vers 31: C’est &#xe0; dire, &#xab; s’il ne meurt pas en t’affrontant, il mourra de honte de s’&#xea;tre tromp&#xe9; en s’attaquant &#xe0; toi &#xbb;.Cette notion de la honte subie par le vaincu qui n’est pas mort au combat se retrouve &#xe9;galement dans le po&#xe8;me d’al Mutanabb&#xee;, voir vers 42.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Combat entre Ibn Kh&#xe2;q&#xe2;n et le lion, vers 32 &#xe0; 37 ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;32/ J’ai t&#xe9;moign&#xe9; avec &#xe9;quit&#xe9; du jour o&#xf9; tu lui as fait face, d&#xe9;gainant un sabre &#xe0; lame fine et tranchante.&lt;br /&gt;33/ Je n’ai jamais vu deux lions plus vrais que vous deux en train de lutter, quand l’homme faible et tr&#xe8;s craintif se conduit en l&#xe2;che. &lt;br /&gt;34/ Un lion avance attaquant un autre lion, le plus puissant des siens, l’air f&#xe9;roce, affronte un lion.&lt;br /&gt;35/ Il bondit dans un grand fracas, et une violente parade le terrifie, et il se rend compte alors que ton coeur est plus intr&#xe9;pide et plus tumultueux [que le sien].&lt;br /&gt;36/&amp;nbsp; Il a recul&#xe9; de frayeur voyant qu’il ne pourrait te d&#xe9;vorer, puis s’est avanc&#xe9; quand il s’est rendu compte qu’il ne pouvait pas te fuir.&lt;br /&gt;37/ Cela ne lui a servi &#xe0; rien de revenir &#xe0; la charge contre toi, et cela ne l’a pas sauv&#xe9; de refuser le combat avec toi.&lt;br /&gt;38/ Tu l’as attaqu&#xe9; avec ton sabre ta r&#xe9;solution n’a pas flanch&#xe9;, ton bras n’a pas d&#xe9;vi&#xe9;, le tranchant [de ta lame] ne s’est pas &#xe9;mouss&#xe9;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 33: Image clairement emprunt&#xe9;e par al Mutanabb&#xee; &#xe0; son a&#xee;n&#xe9;, o&#xf9; le m&#xe9;c&#xe8;ne lou&#xe9; est lui-m&#xea;me compar&#xe9; &#xe0; un lion, voir po&#xe8;me pr&#xe9;c&#xe9;dent: vers 27-28-29, le d&#xe9;veloppement des deux po&#xe8;mes continue d’&#xea;tre parall&#xe8;le terme utilis&#xe9; pour lion est ici: dirgh&#xe2;m, mot qui a trait &#xe0; la vaillance du lion es &#xe9;galement fr&#xe9;quemment utilis&#xe9; pour d&#xe9;signer un guerrier brave .&lt;br /&gt;vers 34: Le po&#xe8;te d&#xe9;crit ici l’&#xe9;mir attaquant le lion. M&#xea;me comparaison qui sert d’axe pour un m&#xea;me d&#xe9;veloppement des deux textes.Le premier terme utilis&#xe9; deux fois pour d&#xe9;signer les deux adversaires est: hizabr; terme que l’on retrouve au vers 18 du po&#xe8;me d’al Mutanabb&#xee;, et qui a plut&#xf4;t trait &#xe0; la grande taille de l’animal. Un m&#xea;me terme est utilis&#xe9; &#xe9;galement sous deux formes diff&#xe9;rentes pour d&#xe9;signer les deux adversaires dans le deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche, et ceci du fait de sa polys&#xe9;mie, il s’agit de &#xab; aghlabu &#xbb;, qui peut &#xea;tre &#xe0; la fois substantif pour dire: lion; &#xea;tre un &#xe9;latif de difformit&#xe9; physique: qui a la cou &#xe9;pais, et &#xea;tre un superlatif d&#xe9;notant une notion de sup&#xe9;riorit&#xe9;, utilis&#xe9; ici pour d&#xe9;signer le roi et faisant &#xe0; la fois &#xe9;cho &#xe0; l’emploi de hizabr dans l’h&#xe9;mistiche pr&#xe9;c&#xe9;dent.&lt;br /&gt;vers 35-36-37: La description du combat est ici plus minutieuse po&#xe8;me d’al Mutanabb&#xee;.&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [ Eloge du vizir, vers 39 &#xe0; 44 ]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;39/ Ainsi es-tu! Quand tu prend ton sabre &#xe0; deux mains et que tu d&#xe9;couvres celui que tu vas frapper, ou que tu ne laisses pas de frapper &#xe0; l’aide du tranchant de ton sabre.&lt;br /&gt;40/ Tu as adoucis pour moi l’&#xe2;pret&#xe9; des jours, et m’a rendu satisfaisant un sort douloureux, qui a alors cess&#xe9; de l’&#xea;tre.&lt;br /&gt;41/Tu m’as v&#xea;tu d’un bien &#xea;tre que jalouse mon fr&#xe8;re, alors [son] affection distante s’en est trouv&#xe9;e rapproch&#xe9;e.&lt;br /&gt;42/ Je ne dormirais pas en paix la nuit, si je ne m’effor&#xe7;ais &#xe0; te remercier au matin&lt;br /&gt;43/ Les motifs de mes rimes sont garantes de ma reconnaissance en vers toi, tant que les t&#xe9;n&#xe8;bres de la nuit seront &#xe9;toil&#xe9;es.&lt;br /&gt;44/ Mon &#xe9;loge s’&#xe9;lance jusqu’aux sommets et jusque dans les entrailles de la terre, que les voyageurs divulguent d’Est en Ouest. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;br /&gt;vers 39: textuellement &#xab; aw la tubqi lilsayf madriban &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 40: L’&#xe9;vocation de l’heureuse rencontre avec le m&#xe9;c&#xe8;ne apr&#xe8;s un destin difficile se trouve chez al Mutanabb&#xee; en d&#xe9;but de son propre po&#xe8;me, voir vers 13.&lt;br /&gt;vers 43: Les rimes compar&#xe9;es aux motifs [afwaf] de v&#xea;tements est un topos de la po&#xe9;sie m&#xe9;di&#xe9;vale arabe.&lt;/p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [de l’injustice du destin]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de R&#xe9;gis Blach&#xe8;re n&#xb0;63bis&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 251.&lt;br /&gt;16 vers, m&#xe8;tre w&#xe2;fir, rime l&#xe2;m r&#xe2;.&lt;br /&gt;Malheureusement pour notre po&#xe8;te, vers la fin 940 ou le d&#xe9;but&amp;nbsp; de 941, suite &#xe0; ces intrigues de cour dont il sera en bute toute sa vie durant, ses relations se d&#xe9;t&#xe9;riorent avec Badr, ce qui l’oblige d’aller prendre refuge aupr&#xe8;s d’un de ses amis: ‘Al&#xee; ibn Ahmad al Murr&#xee; al Khur&#xe2;s&#xe2;n&#xee;, qui s&#xe9;journait &#xe0; Jarash, dans la vall&#xe9;e du Jourdain .Avant de se r&#xe9;soudre &#xe0; le quitter lui aussi pour se r&#xe9;fugier aupr&#xe8;s des B&#xe9;douins dans le d&#xe9;sert, afin d’&#xe9;chapper aux poursuites de Badr.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Prologue courtois, vers 1 &#xe0; 6]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Qui me d&#xe9;fendra contre les &#xe9;v&#xe9;nements vierges qui demeurent [cach&#xe9;s] par mes c&#xf4;tes comme par des voiles?&lt;br /&gt;2/ d’un temps o&#xf9; les sourires des luttes sont ceux [des lames] des sabres et non celui de leurs dents!&amp;nbsp; &lt;br /&gt;3/ J’ai &#xe9;t&#xe9; chevauchant rapidement vers elles, ou &#xe0; pieds, quand sur chaque puissant dromadaire [que je montais] s’agitaient les lani&#xe8;res [de ma selle], &lt;br /&gt;4/ faisant parfois halte dans les tentes des b&#xe9;douins, et souvent [demeurant] sur le b&#xe2;t de mon dromadaire,&lt;br /&gt;5/ j’exposais ma poitrine aux lances dures,&amp;nbsp; et br&#xfb;lait mes pommettes au soleil de midi.&lt;br /&gt;6/ J’ai voyag&#xe9; seul dans les t&#xe9;n&#xe8;bres de la nuit comme si j’&#xe9;tais dans une partie de celle-ci &#xe9;clair&#xe9;e par la lune.&amp;nbsp; &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 1: Comme souvent &#xe0; cette p&#xe9;riode de sa vie le prologue courtois mutanabbien est tr&#xe8;s travaill&#xe9;, un syst&#xe8;me a deux voix juxtapose plainte contre le sort et contre les vierges implacables.Un jeu de langage se d&#xe9;gage autour de la racine&#xab;’-DH-R &#xbb;, avec la juxtaposition de &#xab;&amp;nbsp; ’adh&#xee;r &#xbb;: qui d&#xe9;fend, qui excuse, et &#xab; ’adh&#xe2;r&#xe2; &#xbb;: vierges, et toutes choses nouvelles.Ce vers et le suivant ne sont pas sans rappeler deux vers c&#xe9;l&#xe8;bres d’une des odes dite &#xab; suspendue&amp;nbsp; &#xbb;&amp;nbsp; [mu‘&#xe2;laqa] attribu&#xe9;s au po&#xe8;te ant&#xe9;islamique Imru-l-Qays .&lt;br /&gt;vers 2: C’est &#xe0; dire &#xab; En ces temps o&#xf9; je n’ai m&#xea;me pas le plaisir d’avoir &#xe0; lutter contre les vierges aux dents ac&#xe9;r&#xe9;es [textuellement, leurs incisives], mais plut&#xf4;t contre les lames des sabres qui sont comme leurs sourires &#xbb;.La f&#xe9;rocit&#xe9; des vierges est proverbiale dans la po&#xe9;sie dite &#xab; ant&#xe9;islamique &#xbb;, o&#xf9; elles sont souvent compar&#xe9;es &#xe0; des b&#xea;tes sauvages [voir note 82].&lt;br /&gt;vers 3: Vers tr&#xe8;s travaill&#xe9;, notre traduction suit l’analyse qu’en ont fait les commentateurs .Il s’agit ici du d&#xe9;but du &#xab; rah&#xee;l &#xbb; c’est &#xe0; dire le voyage qu’entreprend le po&#xe8;te pour rejoindre les vierges, qui sont aussi ici les glorieux combats.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Jactance et plainte vers 7 &#xe0; 12]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;7/ Alors parle: De ce &#xe0; quoi j’aspirais et dont, malgr&#xe9; ma peine, il ne reste [qu’une chose insignifiante] semblable &#xe0; une tache sur un noyau de datte!&lt;br /&gt;8/ d’une &#xe2;me qui ne r&#xe9;pond pas &#xe0; nul ladre et d’un oeil qui ne [me] trouve pas d’&#xe9;gal!&lt;br /&gt;9/ d’une main qui ne conteste rien &#xe0; qui vient &#xe0; moi pour me r&#xe9;clamer [quelque chose] hormis ma grandeur et ma noblesse!&lt;br /&gt;10/ et du peu de d&#xe9;fenseur [que j’ai eu]...Tu es rest&#xe9; impuni d’une injustice dont tu t’es rendu coupable envers moi. &#xd4;&amp;nbsp; toi mal des destin&#xe9;es!&lt;br /&gt;11/ Tout en toi m’est ennemi tant et si bien que j’ai l’impression que les collines sont des poitrines gonfl&#xe9;es de haine [contre moi].&lt;br /&gt;12/ Et si j’&#xe9;tais jalous&#xe9; pour quelque chose pr&#xe9;cieuse [en ma possession], je l’offrirais &#xe0; celui dont la fortune tr&#xe9;buche.&lt;br /&gt;13/ Mais je suis envi&#xe9; pour ma vie, et qu’est-ce qu’a de bien une vie d&#xe9;pourvue de joie?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 7: La recension d’al ‘Akbar&#xee;, reprise par Y&#xe2;zij&#xee;, a &#xab; malgr&#xe9; ma passion &#xbb; [‘al&#xe2; shaghaf&#xee; biha] , au lieu de &#xab; malgr&#xe9; ma peine &#xbb; [‘al&#xe2; ta‘ab&#xee; biha], que l’on trouve chez W&#xe2;hid&#xee;, nous avons privil&#xe9;gi&#xe9; la recension de ce dernier.L’expression &#xab; shaw&#xe2; naq&#xee;r &#xbb; d&#xe9;signe commun&#xe9;ment une chose sans valeur, insignifiante, nous avons choisi de la traduire textuellement, suivant en cela une des acceptions du terme que donne le Lis&#xe2;n .&lt;br /&gt;vers 8: Le po&#xe8;te s’adresse au sort.Le terme polys&#xe9;mique &#xab; duh&#xfb;r &#xbb;, que nous traduisons par: destin&#xe9;es, sous entend &#xe9;galement l’id&#xe9;e de vicissitudes du destin .&lt;br /&gt;vers 12: Cette expression renvoie &#xe0; l’image d’un cheval qui tr&#xe9;bucherait sous son cavalier .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Epigramme, vers 14 &#xe0; 16]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14/ Alors &#xf4; ibn karawwas! &#xf4; moiti&#xe9; d’aveugle! ou si tu t’en glorifies, &#xf4; &#xe0; moiti&#xe9; voyant! &lt;br /&gt;15/ Tu nous es hostile car nous nous exprimons sans difficult&#xe9;! Et tu nous hais de n’&#xea;tre pas borgne!&lt;br /&gt;16/ Mais si tu &#xe9;tais un homme dont pourrait&amp;nbsp; se faire la satire, nous te raillerions! Mais la largeur d’un pouce est trop &#xe9;troite pour qu’on y chemine!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 14: Le personnage borgne raill&#xe9; sous le nom d’ibn Karawwas ne semble pas avoir laiss&#xe9; d’autre trace que dans cet &#xe9;pigramme.&lt;br /&gt;vers 16: C’est &#xe0; dire &#xab; Mais tu es si insignifiant qu’il n’y a m&#xea;me pas en toi de quoi faire une satire &#xbb;.Ce type de conclusion, o&#xf9; le po&#xe8;te fait une sorte de t&#xea;te-&#xe0;-queue pour expliquer au raill&#xe9; que: soit il n’a rien compris aux insultes qu’on lui a lanc&#xe9; car il est trop b&#xea;te, soit il ne vaut m&#xea;me pas la peine d’&#xea;tre raill&#xe9; et que donc le po&#xe8;te s’arr&#xea;te court devant son indescriptible nullit&#xe9;, semble avoir &#xe9;t&#xe9; typique des &#xe9;pigramme des anciens arabes .&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; L’oraison fun&#xe8;bre &#xe0; sa grand-m&#xe8;re&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de Blach&#xe8;re: n&#xb0;65&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici, page 260.&lt;br /&gt;34 vers, rime m&#xee;m, m&#xe8;tre taw&#xee;l.&lt;br /&gt;Il s’agit de la grand-m&#xe8;re maternelle du po&#xe8;te qui se trouvait &#xe0; K&#xfb;fa.&lt;br /&gt;Y&#xe2;zij&#xee;, dans son &#xe9;dition du D&#xee;w&#xe2;n , pr&#xe9;sente ainsi le po&#xe8;me: &#xab; Une lettre de k&#xfb;fa, envoy&#xe9;e par sa grand m&#xe8;re maternelle, parvint &#xe0; Ab&#xfb; Tayyeb.Dans celle-ci elle lui t&#xe9;moignait son affection et se plaignait de son absence.Il se prit alors le chemin de l’Iraq, mais ne put entrer dans K&#xfb;fa [probablement pour des raisons politiques] et se retira donc vers Baghd&#xe2;d, sa grand-m&#xe8;re en fut d&#xe9;sesp&#xe9;r&#xe9;e.Il lui &#xe9;crivit alors lui demandant de le rejoindre &#xe0; Baghd&#xe2;d, elle baisa sa lettre et son all&#xe9;gresse fit augmenter sa fi&#xe8;vre.La joie eut alors raison de son coeur, et la tua.Il dit alors, la pleurant... &#xbb;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;[Aphorismes, et premi&#xe8;re partie de l’oraison, vers 1 &#xe0; 8.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Je ne condamne ni ne loue le Destin, car sa violence n’est pas gratuite et sa main est sans cl&#xe9;mence.&lt;br /&gt;2/ L’homme retourne &#xe0; ce dont il est issu, dispara&#xee;t comme il est apparu, et d&#xe9;cro&#xee;t comme il fut lanc&#xe9;.&lt;br /&gt;3/ Tu es celle qu’Allah a accabl&#xe9; par le biais de celui qu’elle aimait, sans qu’aucune faute n’atteigne [&#xe0; son honneur].&lt;br /&gt;4/ J’aspire &#xe0; boire la coupe dans laquelle elle a bu, et j’aime sa demeure de terre et ce qu’elle enserre.&lt;br /&gt;5/ Je l’ai pleur&#xe9; [de son vivant] de crainte pour sa vie , et nous avions par avance tous deux go&#xfb;t&#xe9; au deuil de l’autre.&lt;br /&gt;6/ Et si l’&#xe9;loignement pouvait tuer tous ceux qui aiment, le pays restant mourrait [&#xe0; son tour] et elle renouvellerait ainsi pour lui la rupture [de l’avoir perdu].&lt;br /&gt;7/ J’avais d&#xe9;j&#xe0; connu des nuits [semblables] avant qu’elles n’agissent contre nous, alors quand celles-ci m’ont frapp&#xe9;, je n’ai rien appris d’elle que je ne savais d&#xe9;j&#xe0;.&lt;br /&gt;8/ Ses propres besoins n’entravaient pas ceux d’autrui, [au contraire] elle se nourrissait et s’abreuvait en ayant soif et faim.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 1: Al Mutanabb&#xee; montre l&#xe0; un indice de croyance, r&#xe9;elle ou non, en une destin&#xe9;e humaine li&#xe9;e &#xe0; une volont&#xe9; divine, puisqu’il nous dit que la violence du destin n’est pas, textuellement, &#xab; ignorante &#xbb;.&lt;br /&gt;vers 2: L’image du deuxi&#xe8;me h&#xe9;mistiche fait penser &#xe0; une fl&#xe8;che tir&#xe9;e par un arc qui irait s’affaiblissant &#xe0; la fin de sa course.Ainsi, Albert N.Nader, dans son ouvrage sur le mu‘tazilisme nous expose l’id&#xe9;e du rapport du mouvement &#xe0; l’existence chez les mu‘tazila &#xe9;trangement proche de celle que donne ici al-Mutanabb&#xee;: &#xab; Le mouvement est, d’apr&#xe8;s les mu‘tazila, un accident que le corps acquiert avec l’existence.Et comme nul accident n’est permanent: tout mouvement doit aboutir n&#xe9;cessairement au repos.Ce qui ne signifie pas l’an&#xe9;antissement de tout mouvement &#xbb; .On pourrait donc voir dans ce vers, les traces d’un philosophie plus ou moins bien dig&#xe9;r&#xe9;e qu’aurait pu glaner le po&#xe8;te dans son enfance &#xe0; K&#xfb;fa , celle-ci se m&#xe9;langeant au scepticisme propre au po&#xe8;te, a pu inconsciemment contribuer &#xe0; forger l’id&#xe9;e que se faisait ce dernier de l’existence terrestre .&lt;br /&gt;vers 3: Sans d&#xe9;shonneur [wa&#xe7;m] car il s’agissait ici d’amour maternel.&lt;br /&gt;vers 4: &#xab; Mathwan &#xbb; : demeure, nom de lieu du verbe &#xab; thaw&#xe2; &#xbb;: prolonger un s&#xe9;jour dans un endroit; donc par extension &#xab; thawan &#xbb; signifie &#xe9;galement &#xab; rester dans sa tombe, et par extension &#xe9;galement: la mort.&amp;nbsp; Ce mot sera &#xe9;galement employ&#xe9; dans ce sens par al Mutanabb&#xee; dans sa thr&#xe8;ne &#xe0; la m&#xe8;re de Sayf-ud-Dawla, vers 17 (voir premier texte des Sayfiyy&#xe2;t).&lt;br /&gt;vers 6: Si l’on suit les commentateurs , le po&#xe8;te veut dire par l&#xe0;: &#xab; Elle &#xe9;tait aim&#xe9;e par tant de mondes, que si la perte de quelqu’un faisait mourir tous ceux qui aiment, alors tout le monde dans le pays o&#xf9; elle a v&#xe9;cu mourrait, et cela serait ainsi pour le po&#xe8;te comme la perdre une deuxi&#xe8;me fois. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 7:C’est &#xe0; dire:&#xab;&amp;nbsp; J’avais d&#xe9;j&#xe0; connu le malheur de la s&#xe9;paration avec toi de ton vivant, et donc ta mort n’est pas pour moi une &#xe9;preuve inconnue. &#xbb;&lt;br /&gt;Dans la recension de ‘Akbar&#xee; se vers se trouve interverti &#xe0; la place du vers 8 de ma recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, qui lui m&#xea;me est le septi&#xe8;me de celle de ‘Akbar&#xee;.&lt;br /&gt;vers 8: Le po&#xe8;te veut dire par l&#xe0; que c’&#xe9;tait une &#xe2;me pieuse, qui se d&#xe9;vouait et se privait pour autrui. Selon le commentaire farfelu d’Ibn Jinn&#xee; , le sujet du premier h&#xe9;mistiche ce sont les &#xab; nuits &#xbb; du vers pr&#xe9;c&#xe9;dent ce qui donnerait comme traduction: &#xab; Ces nuits qui ne vivent pas du bien des autres, qui eux ont besoin de manger et de boire pour n’avoir ni faim, ni soif &#xbb;.&lt;br /&gt;Selon Ibn Furaja, le sujet du premier h&#xe9;mistiche est la grand-m&#xe8;re, et notre traduction suit son commentaire.Dans ce cas, le po&#xe8;te souligne la g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; et le d&#xe9;vouement envers les n&#xe9;cessiteux de sa grand-m&#xe8;re.&lt;br /&gt;Al W&#xe2;hid&#xee; choisit quant &#xe0; lui de suivre la glose d’Ibn Furaja.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Episode de la lettre envoy&#xe9;e par le po&#xe8;te &#xe0; celle-ci, vers 9 &#xe0; 13.]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;9/ Ma lettre lui est parvenue dans le d&#xe9;sespoir et la tristesse, gr&#xe2;ce &#xe0; moi, elle est morte heureuse, et moi je suis mort d’affliction &#xe0; cause d’elle.&lt;br /&gt;10/ La joie est interdite &#xe0; mon coeur, car je consid&#xe8;re ce qui l’a entra&#xee;n&#xe9; dans la mort comme un poison.&lt;br /&gt;11/ Elle s’est &#xe9;merveill&#xe9; de mon &#xe9;criture et de mon langage, comme si elle voyait dans les lettres de mes lignes des corbeaux noirs aux becs et aux pieds rouges.&lt;br /&gt;12/ Elle s’en est couverte comme d’un voile, jusqu’&#xe0; ce que l’encre ne teigne en noir les orbites de ses yeux et ses dents canines.&lt;br /&gt;13 Ses larmes se sont arr&#xea;t&#xe9;es de couler et ses paupi&#xe8;res se sont s&#xe9;ch&#xe9;es, et mon amour a quitt&#xe9; son coeur apr&#xe8;s l’avoir fait saigner.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 9: Car, si l’on en croit l’anecdote qui nous est parvenue, c’est justement en lisant cette lettre qui devait la consoler que son coeur aurait l&#xe2;ch&#xe9; (voir note en d&#xe9;but de po&#xe8;me).&lt;br /&gt;vers 10: Puisqu’elle est morte de joie, le po&#xe8;te pense que la joie est comme un poison dangereux pour le coeur...&lt;br /&gt;vers 11: Dans alphabets arabes anciens, l’usage voulait que l’on mette en rouge les voyelles qui encadrent les consonnes en haut et en bas, et le po&#xe8;te compare ces taches rouges &#xe0; celles que portent au bec et aux pattes certains corbeaux dits &#xab; A‘&#xe7;am &#xbb;.Le corbeau pr&#xe9;sage pour les anciens arabes la mort (cf premi&#xe8;re ode, vers 6), son rapport avec l’encre de la lettre, est une forme de mise en abyme dans la thr&#xe8;ne de la symbolique m&#xea;me de celle-ci; sa signification est celle d’un acte sacr&#xe9; qui tend &#xe0; faire revivre symboliquement, et &#xe0; justifier psychologiquement la disparition de la d&#xe9;funte du sein de la communaut&#xe9;. Ainsi on trouve dans: Le livre des animaux, de J&#xe2;hiz :&#xab; Le corbeau est celui de tous [les animaux] en qui se lit l’annonce d’un mauvais pr&#xe9;sage [sh’&#xfb;m].N’as tu pas vu que, chaque fois qu’ils &#xe9;voquent quelque signe n&#xe9;faste, ils &#xe9;voquent avec lui un corbeau qui l’accompagnait? Ils &#xe9;voquent le corbeau et nul autre que lui, et quand ils &#xe9;voquent tout ce qui est li&#xe9; aux mauvais pr&#xe9;sages il ne peuvent voir autre chose en lui qu’un signe n&#xe9;faste. Bien des significations [diff&#xe9;rentes] sont li&#xe9;es au corbeau en tant que mauvais signe.Il annonce un malheur [futur]. &#xbb; &lt;br /&gt;vers 12/ &#xab; Asham &#xbb; est &#xe0; la fois &#xe9;latif pour la couleur noire, et substantif voulant dire &#xab; corbeau &#xbb;.&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp; [Sentences sapientielles et pleurs vers 14 &#xe0; 21]&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;14/ Rien d’autre ne l’a consol&#xe9; que la mort, le rem&#xe8;de &#xe0; la maladie a &#xe9;t&#xe9; plus violent encore que la maladie elle-m&#xea;me. &lt;br /&gt;15/ J’ai cherch&#xe9; pour elle le bonheur, mais elle est partie et m’a quitt&#xe9;,&amp;nbsp; et elle se serais satisfaite de moi pour &#xea;tre heureuse si j’avais consenti &#xe0; &#xea;tre pour elle sa part de bonheur.&lt;br /&gt;16/ J’ai demand&#xe9; au nuages d’arroser son tombeau, comme je leur demande d’&#xea;tre annonciateur de la guerre et des lances dures.&lt;br /&gt;17/ Peu avant sa mort je trouvais que la s&#xe9;paration &#xe9;tait un mal immense, mais ce qui me semblait grand s’est av&#xe9;r&#xe9; insignifiant.&lt;br /&gt;18/ Suppose que j’ai cherch&#xe9; &#xe0; te venger! Alors comment pourrais-je te venger de la fi&#xe8;vre?&lt;br /&gt;19/ Le monde ne m’est pas opaque &#xe0; cause de son &#xe9;troitesse, mais mon regard qui ne t’y voit pas est comme aveugle.&lt;br /&gt;20/ Une bouche regrette de ne s’&#xea;tre pas pench&#xe9;e pour embrasser ta t&#xea;te ni ta poitrine pleines de vaillance.&lt;br /&gt;21/&amp;nbsp; Et de ne plus rencontrer ton &#xe2;me bonne comme un parfum de musc s’attachait &#xe0; un corps.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 16: Premi&#xe8;re phrase d’allure plus martiale que les pr&#xe9;c&#xe9;dentes, chez al Mutanabb&#xee; et chez bien d’autres po&#xe8;tes musulmans du dixi&#xe8;me si&#xe8;cle, l’image des nuages charg&#xe9;s de pluie est le plus souvent annonciatrice de la guerre.&lt;br /&gt;vers 18: La notion d’impossibilit&#xe9; de la vengeance est r&#xe9;currente dans la po&#xe9;sie d’al Mutanabb&#xee;, par exemple dans le vers 12 de l’ode narrant la campagne militaire de Sayf-ud-Dawla (voir chapitre suivant).&lt;br /&gt;vers 21: C’est &#xe0; dire: &#xab; Ton &#xe2;me &#xe9;tait sur toi comme le parfum de musc, que l’on ne peut appr&#xe9;cier que lorsqu’il est attach&#xe9; au corps qu’il embaume &#xbb;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; [Jactance, vers 22 &#xe0; 34.]&amp;nbsp; &amp;nbsp;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;22/ Si tu n’avais &#xe9;t&#xe9; [d&#xe9;j&#xe0;] la fille du plus noble des p&#xe8;res, le fait que tu m’aies engendr&#xe9; aurait suffi &#xe0; le rendre immense.&lt;br /&gt;23/ Si un jour de mauvais esprits se r&#xe9;jouissaient de sa mort, je leur ferais mordre la poussi&#xe8;re. &lt;br /&gt;24/ Il va de pays en pays ne s’&#xe9;tonnant que de son &#xe2;me, et n’acceptant que de son cr&#xe9;ateur la loi.&lt;br /&gt;25/ Je n’ai d’autre chemin qu’au coeur du tourbillon de la guerre, et n’ai de go&#xfb;t que pour les hauts-faits.&lt;br /&gt;26/ Ils me disent en tout lieu &#xab; Qui es-tu? &#xe0; quoi aspires-tu?&#xbb;...&#xab;Je n’aspire pas &#xe0; une gloire qui puisse &#xea;tre nomm&#xe9;e &#xbb;.&lt;br /&gt;27/ Les fils de mes ennemis savent que je suis porteur de ce qui fera d’eux des orphelins.&lt;br /&gt;28/&amp;nbsp; Il ne serait pas plus difficile d’allier dans ma main l’eau avec le feu, pour moi que de r&#xe9;unir bonne fortune et logique.&lt;br /&gt;29/ Mais il me reste le recours de ma lame, qu’escorte en tout lieu la [mort] arbitraire.&lt;br /&gt;30/ Il sera le jour de la bataille mon [seul] salut, sinon je ne saurais &#xea;tre un chef h&#xe9;ro&#xef;que et imp&#xe9;rieux&lt;br /&gt;31/ Quand ma r&#xe9;solution s’&#xe9;br&#xe8;che &#xe0; cause de la distance et la peur du [trop grand] &#xe9;loignement [de ce que je d&#xe9;sire atteindre], c’est que cette chose est la plus lointaine qui soit, pour qu’en soit trouv&#xe9;e de r&#xe9;solution [suffisante].&lt;br /&gt;32/ Je suis de ce peuple dont les &#xe2;mes r&#xe9;pugnent &#xe0; habiter trop longtemps la chair et les os.&lt;br /&gt;33/ Ainsi suis-je! &#xd4; monde d’ici-bas! Alors laisse-moi si tu le d&#xe9;sires! Et toi, mon &#xe2;me! soit plus intr&#xe9;pide [encore] en ce dont il a horreur.&lt;br /&gt;34/ Alors que pas instant ne passe qui ne me glorifie, ni ne ne vive en moi d’esprit de soumission!&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire:&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;vers 23: Ce que nous traduisons par: &#xab; mauvais esprits &#xbb; est le terme &#xab; sh&#xe2;mit &#xbb;, textuellement: &#xab; qui se r&#xe9;jouit du mal d’autrui, qui bl&#xe2;me, diffame &#xbb;, terme que l’on trouve d&#xe9;j&#xe0; employ&#xe9; dans le Coran , le f&#xe9;minin &#xab; sh&#xe2;mita &#xbb; dont le pluriel est &#xab; shaw&#xe2;mit &#xbb; pouvant vouloir dire &#xab; influences malignes, ennemies &#xbb; .Blach&#xe8;re quant &#xe0; lui le rend simplement par &#xab; envieux &#xbb; .&lt;br /&gt;vers 24: Le po&#xe8;te parle de lui-m&#xea;me &#xe0; la troisi&#xe8;me personne.&lt;br /&gt;vers 26: C’est &#xe0; dire &#xab; J’aspire &#xe0; des gloires sans noms, car nul autre que moi n’en a jamais poursuivi de pareilles.&#xbb;&lt;br /&gt;vers 28: Le po&#xe8;te se plaint d’un sort qui lui a &#xe9;t&#xe9;, selon lui, souvent contraire.Blach&#xe8;re traduit ainsi le vers: &#xab; Unir l’eau et le feu ne serait point plus difficile pour moi qu’obtenir la gloire [que je cherche] par mon m&#xe9;rite.&amp;nbsp; &#xbb;&lt;br /&gt;vers 31: ‘Akbar&#xee; a lu, probablement par erreur, &#xab; qalla &#xbb; au lieu de &#xab; falla &#xbb; que l’on trouve chez W&#xe2;hid&#xee;, dans le premier h&#xe9;mistiche.&lt;br /&gt;vers 32: Le po&#xe8;te revendique ici son appartenance &#xe0; la race guerri&#xe8;re, pour laquelle vivre vieux est n&#xe9;gligeable, et pour laquelle rien n’est sup&#xe9;rieur &#xe0; une mort glorieuse.&lt;br /&gt;vers 33: Blach&#xe8;re traduit: &#xab;Tel que je suis, &#xf4; monde! Rejette-moi si tu le veux, et toi, mon &#xe2;me, continue &#xe0; faire ce que le monde redoute&amp;nbsp; &#xbb;.Al W&#xe2;hid&#xee; commente: Il dit au monde: Je suis tel que je te l’ai d&#xe9;crit.Je n’accepte pas l’injustice [envers moi] ni ne pardonne d’action vile [al W&#xe2;hid&#xee; fait r&#xe9;f&#xe9;rence &#xe0; ce que le po&#xe8;te a dit pr&#xe9;c&#xe9;demment], alors ignore-moi [&#xe0; ton tour] si tu le d&#xe9;sires, car je ne fais aucun cas de toi, et &#xf4; &#xe2;me poursuis ta progression en ce qu’il abhorre de ta domination [ta‘azzuz] et de ta sup&#xe9;riorit&#xe9; [ta‘azzum] sur lui... .&lt;br /&gt;vers 34: Blach&#xe8;re traduit: &#xab; Qu’aucun instant ne passe sans me grandir! Que me quitte mon &#xe2;me plut&#xf4;t qu’accepter l’opprobre. &#xbb;&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;Appendice&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En appendice de cette thr&#xe8;ne, la premi&#xe8;re &#xe0; figurer dans cette s&#xe9;lection, nous avons plac&#xe9; un po&#xe8;me d’un auteur qui, en apparence seulement pourrait sembler tr&#xe8;s &#xe9;loign&#xe9;, d’al Mutanabb&#xee;; il s’agit d’Ab&#xfb; al-‘At&#xe2;hiya [vers 748-825] .En effet, ce dernier ne fait pas parti des auteurs de ce n&#xe9;oclassicisme dont al Mutanabb&#xee; est le repr&#xe9;sentant le plus c&#xe9;l&#xe8;bre, il est g&#xe9;n&#xe9;ralement li&#xe9; aux po&#xe8;tes de la g&#xe9;n&#xe9;ration pr&#xe9;c&#xe9;dente, celle d’Ab&#xfb; Nuw&#xe2;s [mort vers 815] et d’Ibn al Mu‘tazz [861-908], avec lesquelles on l’a souvent oppos&#xe9;.Pourtant si al Mutanabb&#xee; ne s’est peut-&#xea;tre jamais consciemment r&#xe9;f&#xe9;r&#xe9; &#xe0; un auteur comme Ab&#xfb;-l-‘At&#xe2;hiya, les po&#xe8;mes de ce dernier lui &#xe9;taient sans aucun doute familiers, or on retrouve dans les &#xab; po&#xe8;mes asc&#xe9;tiques &#xbb; [zuhdiyy&#xe2;t] de ce d&#xe9;vot qu’&#xe9;tait Ab&#xfb;-l-‘At&#xe2;hiyya les m&#xea;mes interpellations envers le destin, le m&#xea;me symbolisme morbide, cette m&#xea;me tendance &#xe0; l’aphorisme de vers gnomiques que go&#xfb;tent encore de nos jours les lecteurs arabisants chez al Mutanabb&#xee;.D’aucuns diront que c’est l&#xe0; un courant tr&#xe8;s ancien de la litt&#xe9;rature arabe, et une tendance naturelle &#xe0; la culture s&#xe9;mitique en g&#xe9;n&#xe9;ral, pourtant un pessimisme profond se tisse en toile de fond de l’oeuvre d’Ab&#xfb;-l-‘At&#xe2;hiya, qui fut de son vivant soup&#xe7;onn&#xe9; d’&#xea;tre manich&#xe9;en derri&#xe8;re une apparence de pi&#xe9;tisme musulman; c’est ce pessimisme que l’on retrouve chez al Mutanabb&#xee;, et plus tard encore dans les Luz&#xfb;miyy&#xe2;t d’al-Ma ‘arr&#xee;.&lt;br /&gt;Le po&#xe8;me qui suit est un des plus connu du po&#xe8;te. &lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ N&#xe9;s pour la mort et construits pour la ruine, vous marchez tous vers la destruction.&lt;br /&gt;2/ Pour qui b&#xe2;tissons-nous? Alors que nous retournons &#xe0; la poussi&#xe8;re, comme nous avons &#xe9;t&#xe9; cr&#xe9;&#xe9; &#xe0; partir d’elle&lt;br /&gt;3/ &#xd4; mort! Certes! tu n’offres nulle issue! Tu viens sans &#xea;tre injuste ni partiale.&lt;br /&gt;4/ Tu t’attaques &#xe0; me vieillesse chenue, comme celle-ci s’est d&#xe9;j&#xe0; attaqu&#xe9;e &#xe0; ma jeunesse.&lt;br /&gt;5/ &#xd4; mon monde! Je ne me vois pas te co&#xfb;ter une demeure o&#xf9; je trouve mes aises.&lt;br /&gt;6/ &#xd4; mon &#xe9;poque! Je ne te vois pas me combler avec ce monde, ni te d&#xe9;p&#xea;cher pour me distraire.&lt;br /&gt;7/ Car, &#xf4; temps! &#xe0; toi les vicissitudes! et, &#xe0; toi, temps! les coups de th&#xe9;&#xe2;tres!&lt;br /&gt;8/ Je ne suis pas de ceux qui n’ont pu traire que le meilleur de tes pis, et te loue de mettre fin &#xe0; une telle traite .&lt;br /&gt;9/ Je ne suis pas de ceux qui insistent sans cesse,&amp;nbsp; &#xe0; moins que tu ne m’accables de soucis de tout c&#xf4;t&#xe9;.&lt;br /&gt;10/ Je te vois, sollicit&#xe9; par chacun, comme le r&#xea;ve du sommeil, l’ombre du nuage,&lt;br /&gt;11/ Ou bien comme le jour pass&#xe9; qui se d&#xe9;tourne [de nous] et ne reviendra pas, ou l’&#xe9;clat [illusoire] du mirage.&lt;br /&gt;12/ Tout ce que tu cr&#xe9;es mourra, et tous ont d&#xe9;j&#xe0; le pied &#xe0; l’&#xe9;trier [pour le d&#xe9;part].&lt;br /&gt;13/ Demain sera pour ceux qui oeuvrent et s’activent g&#xe9;n&#xe9;reusement le lieu de la r&#xe9;compense [divine].&lt;br /&gt;14/ Mes os r&#xe9;pondront de mes fautes , comme si j’avais confiance en l’issue finale&lt;br /&gt;15/ Et tant que demeure avide en ce bas monde, je ne suis pas la voie juste.&lt;br /&gt;16/ J’aurai &#xe0; rendre des comptes sur ce que j’aurais fait, l&#xe0; il n’y aura pas d’excuse pour moi, et quelle sera ma r&#xe9;ponse?&lt;br /&gt;17/ J’aurais besoin d’une preuve s&#xfb;re le jour du jugement, si je suis appel&#xe9; ce jour l&#xe0;.&lt;br /&gt;18/ Deux choses seront d&#xe9;j&#xe0; inscrites dans le registre de mes actes pass&#xe9;s,&amp;nbsp; quand je me pencherai pour lire,&lt;br /&gt;19/ ou bien me sera octroy&#xe9; la f&#xe9;licit&#xe9; &#xe9;ternelle, ou bien l’&#xe9;ternit&#xe9; de ma souffrance.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp; Ab&#xfb;-l-‘At&#xe2;hiya&lt;/p&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;p&gt;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; &amp;nbsp;&amp;nbsp; Satire d’Ish&#xe2;q bin Kayghalagh assassin&#xe9;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Classement de R&#xe9;gis Blach&#xe8;re n&#xb0;84&lt;br /&gt;Recension d’al W&#xe2;hid&#xee;, &#xe9;dition de Dieterici page 345-346&lt;br /&gt;11 vers, m&#xe8;tre b&#xe2;s&#xee;t, rime q&#xe2;f.&lt;br /&gt;Vers 945, le po&#xe8;te, passant par Tripoli dans son chemin qui le conduisait vers le Nord et son futur m&#xe9;c&#xe8;ne Hamdanide, re&#xe7;ut du gouverneur de la ville Ish&#xe2;q bin Kayghalagh la demande de se faire louer par lui.Cet homme &#xe9;tait le m&#xea;me que celui &#xe0; qui il avait adress&#xe9; une ardente supplique lorsqu’il &#xe9;tait, plus de dix ans auparavant, emprisonn&#xe9; &#xe0; Hom&#xe7; (voir ode intitul&#xe9;e &#xab; supplique d’un prisonnier &#xbb;) dont ibn Kayghalagh &#xe9;tait alors le gouverneur.Le po&#xe8;te refusa, et se retrouva donc bloqu&#xe9; dans la ville par le gouverneur, parvenant finalement &#xe0; s’enfuir et &#xe0; rejoindre Damas, il y apprit enfin la mort de son ennemi, assassin&#xe9; par ses esclaves .C’est alors que ce r&#xe9;jouissant de sa mort, il composa l’&#xe9;pigramme qui suit .&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1/ Ils nous ont dit: &#xab; Ish&#xe2;q est mort! &#xbb;, nous leur avons r&#xe9;pondu: &#xab;C’est le [seul] rem&#xe8;de qui gu&#xe9;rit des imb&#xe9;ciles!&#xbb;&lt;br /&gt;2/ [Qu’importe] qu’il soit mort, [car] sa mort n’est ni une perte ni cause de tristesse, ou qu’il soit vivant, [car] il a v&#xe9;cu sans beaut&#xe9; et sans caract&#xe8;re.&lt;br /&gt;3/&amp;nbsp; L’esclave qui lui a bris&#xe9; le cr&#xe2;ne avait appris de lui &#xe0; trahir un ami, et &#xe0; maquiller la perfidie en louange.&lt;br /&gt;4/&amp;nbsp; Et &#xe0; pr&#xea;ter sur sa main droite mille serments chass&#xe9;s comme des noeuds le long [de tiges] de roseaux.&lt;br /&gt;5/ Je n’ai pas cess&#xe9; de penser qu’il &#xe9;tait un singe sans queue, vide de courage et plein de l&#xe9;g&#xe8;ret&#xe9;&lt;br /&gt;6/ comme une plume tomb&#xe9;e dans le vent ne se pose jamais nulle part d’agitation.&lt;br /&gt;7/ Une main peut saisir ses deux tempes et son &#xe9;paule et la sienne se v&#xea;t de l’odeur f&#xe9;tide de ses chaussettes.&lt;br /&gt;8/ Demandez &#xe0; ses assassins si une fois face &#xe0; eux il est mort sous leurs coups ou bien s’il est mort de peur !?!&lt;br /&gt;9/ Et o&#xf9; peut bien s’abattre le tranchant d’un sabre sur un fant&#xf4;me qui n’a ni corps, ni t&#xea;te, ni cou ?&lt;br /&gt;10/ S’il n’avait pas &#xe9;t&#xe9; d’une famille d’ignobles ou quelque chose en approchant alors il aurait &#xe9;t&#xe9; le plus immonde des enfants enroul&#xe9; dans des haillons.&lt;br /&gt;11/ Tels sont les mots [choisis pour le d&#xe9;crire] par la plupart de ceux qui ont rencontr&#xe9; celui dont le spectacle est p&#xe9;nible aux oreilles et aux yeux.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;commentaire&lt;br /&gt;vers 2: Le po&#xe8;te utilise en fin de vers son topos qui consiste &#xe0; juxtaposer les termes polys&#xe9;miques &#xab; khalq &#xbb;: ce qui est cr&#xe9;&#xe9;, et &#xab; khuluq &#xbb;: le caract&#xe8;re inn&#xe9;, naturel d’un &#xea;tre.Ce sont l&#xe0; des termes proche du langage religieux et renvoyant &#xe0; l’id&#xe9;e &#xab; d’id&#xe9;al naturel de l’homme &#xbb;, et donc &#xe0; l’&#xe9;poque mutanabienne &#xe0; celui de bravoure, de g&#xe9;n&#xe9;rosit&#xe9; du &#xab; fatan &#xbb;, c’est &#xe0; dire de: l’homme noble, c’est cette condition h&#xe9;ro&#xef;que que d&#xe9;nie al Mutanabb&#xee; &#xe0; celui qu’il raille.Il utilisera dans un de ses impromptus ces m&#xea;mes termes pour attribuer cette condition peu de temps apr&#xe8;s au premier des Hamdanides qu’il louera, Ab&#xfb; l- ‘Ash&#xe2;’ir .&lt;br /&gt;vers 4: De ces tiges de roseaux [rumh] &#xe9;taient faites les hampes des lances, le po&#xe8;te veut dire par l&#xe0; que: &#xab; ces serments &#xe9;taient comme les noeuds que l’on trouve sur les tiges des roseaux, celles-l&#xe0; m&#xea;mes dont il faisait ensuite les lances qu’il retournait contre ses alli&#xe9;s. &#xbb;&lt;br /&gt;vers 7: Le po&#xe8;te d&#xe9;peint l’homme comme ayant la t&#xea;te et les &#xe9;paules &#xe9;troites, et les mains puantes. &lt;br /&gt;vers 8: Jeu de mot autour du terme &#xab; li’&#xe2;m &#xbb; qui veut dire &#xe0; la fois: semblable, proche de quelqu’un; et: &#xea;tre ignoble, ladre.Le po&#xe8;te veut donc dire: &#xab; Si tu n’avais pas eu de parents aussi ignobles que toi ou quelque chose approchant d’une famille, tu aurais &#xe9;t&#xe9; de tous les orphelins le plus monstrueux &#xbb;.Le statut d’orphelin &#xe9;tant consid&#xe9;r&#xe9; comme d&#xe9;gradant dans une soci&#xe9;t&#xe9; o&#xf9; l’importance du lignage &#xe9;tait constamment soulign&#xe9;e.&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 09 Mar 2009 13:56:51 GMT</pubDate></item><item><title>Epaves</title><dc:creator>ivandemonbrison</dc:creator><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2009/03/09/12889655.html</link><guid isPermaLink="true">http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2009/03/09/12889655.html</guid><description>&lt;p&gt;L’&#xe9;cran de ton regard bloque ma vue&lt;br /&gt;paysage fan&#xe9; fait de pierre et de sang&lt;br /&gt;la chair qui s’amoncelle sous mon pas me rend ivre&lt;br /&gt;des visages effac&#xe9;s&amp;nbsp; flottent sur les miroirs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le jaune et le rouge se m&#xea;lent sur le dessin&lt;br /&gt;o&#xf9; trois t&#xea;tes surgissent coup&#xe9;es&lt;br /&gt;pendues aux piques des trais qui s’y croisent&lt;br /&gt;et il ne reste que nos bras et nos jambes&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;crois&#xe9;es les uns avec les autres p&#xea;le m&#xea;le&lt;br /&gt;la sanguinolente v&#xe9;rit&#xe9; des &#xe9;paves &#xe9;parses&lt;br /&gt;le sexe accroch&#xe9; au visage se d&#xe9;place&lt;br /&gt;le long du corps tordu.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;A l’amorce du champ des veines&lt;br /&gt;un morceau de poussi&#xe8;re se salit d’&#xea;tre l&#xe0;&lt;br /&gt;fait des orifices du corps&lt;br /&gt;il devient dur comme du ciment&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;et obstrue la lumi&#xe8;re. &lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 09 Mar 2009 13:54:00 GMT</pubDate></item><item><title>Peintures</title><dc:creator>ivandemonbrison</dc:creator><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2008/09/21/10660232.html</link><guid isPermaLink="true">http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2008/09/21/10660232.html</guid><description>&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/k6wpbvmMIGID14M61m&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;320&quot; height=&quot;256&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; /&gt;	&lt;p&gt;	&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x6toto_peintures_webcam&quot;&gt;Peintures&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;	Vid&#xe9;o envoy&#xe9;e par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/IvandeMonbrison&quot;&gt;IvandeMonbrison&lt;/a&gt;	&lt;/p&gt;	&lt;p&gt;	Peintures d&apos;Ivan de Monbrison	&lt;/p&gt;</description><pubDate>Sun, 21 Sep 2008 11:50:55 GMT</pubDate></item><item><title>Tableaux</title><dc:creator>ivandemonbrison</dc:creator><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2008/08/22/10312584.html</link><guid isPermaLink="true">http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2008/08/22/10312584.html</guid><description>&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/k1EVmhgw1T8pu5JU1j&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;320&quot; height=&quot;256&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; /&gt;	&lt;p&gt;	&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x6ihft_tableaux_creation&quot;&gt;Tableaux&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;	Vid&#xe9;o envoy&#xe9;e par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/IvandeMonbrison&quot;&gt;IvandeMonbrison&lt;/a&gt;	&lt;/p&gt;	&lt;p&gt;	Tableaux d&apos;Ivan de Monbrison	&lt;/p&gt;</description><pubDate>Fri, 22 Aug 2008 11:02:50 GMT</pubDate></item><item><title>Dessinant</title><dc:creator>ivandemonbrison</dc:creator><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2008/08/11/10200353.html</link><guid isPermaLink="true">http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2008/08/11/10200353.html</guid><description>&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/k57ziCJ54LsQEIJ8YU&quot; type=&quot;application/x-shockwave-flash&quot; width=&quot;320&quot; height=&quot;256&quot; allowfullscreen=&quot;true&quot; /&gt;	&lt;p&gt;	&lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/video/x6elx4_dessinant_creation&quot;&gt;Dessinant&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;	Vid&#xe9;o envoy&#xe9;e par &lt;a href=&quot;http://www.dailymotion.com/IvandeMonbrison&quot;&gt;IvandeMonbrison&lt;/a&gt;	&lt;/p&gt;	&lt;p&gt;	Ivan de Monbrison dessinant	&lt;/p&gt;</description><pubDate>Mon, 11 Aug 2008 09:55:30 GMT</pubDate></item><item><title>Dessinant</title><dc:creator>ivandemonbrison</dc:creator><link>http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2008/08/11/10200227.html</link><guid isPermaLink="true">http://ivandemonbrison.canalblog.com/archives/2008/08/11/10200227.html</guid><description>&lt;embed src=&quot;http://www.dailymotion.com/swf/k5OD6IyZoHYQRvJ8Wx&quot; 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